×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

    Analyse

    Pourquoi la finance islamique manque de ressorts

    Par L'Economiste | Edition N°:3710 Le 31/01/2012 | Partager
    La réglementation toujours en discussion
    Les banques traditionnelles promeuvent faiblement ces produits
    L’arrivée du PJD devrait booster le chantier

    Dire que le Maroc est à la traîne au niveau de la finance islamique relève de l’euphémisme. Il ne figure même pas dans le classement des pays d’Afrique du Nord disposant d’un actif conforme à la Charia pour l’unique raison qu’il n’y a pas de banque islamique. Pire, l’encours des produits conformes à la Charia ne dépasse pas 800 millions de DH et marque une baisse de plus de 100 millions de DH en un an. Ce repli s’explique par l’arrêt de la commercialisation de ces produits par certaines banques de la place. Selon la Banque Africaine de Développement, «pour certains banquiers du secteur classique marocain, les services bancaires islamiques sont considérés de plus en plus comme une proposition commerciale et non politique». Ce n’est pas pour autant la ruée. «Les banques traditionnelles ne souhaitent pas compromettre la demande pour leurs prêts classiques», soutient-on auprès du secteur. Il faut dire, également, que l’adoption des services bancaires islamiques par le public a été plus lente que prévu. Deux raisons à cela, le manque de connaissance de ces produits et un coût plus important que celui des services bancaires traditionnels. Même si les avis sont partagés en ce qui concerne les avantages de la finance islamique au Maroc, d’aucuns considèrent la question comme politique. Justement, l’arrivée du PJD au pouvoir pourrait changer la donne. Le nouveau gouvernement a bien l’intention de créer une banque ainsi qu’une compagnie d’assurances islamiques au Maroc. Une joint-venture dont 51% des actions seraient détenues par des opérateurs marocains et les 49% restantes seraient entre les mains des investisseurs qataris (cf. L’Economiste du 14 décembre 2011). La rencontre avec le management de la Qatari International Islamic Bank (QIIB) en est la preuve concrète. Le gouvernement voudrait profiter de l’expérience de QIIB pour drainer une partie des 1.000 milliards d’euros de chiffre d’affaires que réalise la finance islamique dans le monde. Pour ce faire, il suffira de mettre en place une réglementation dédiée. Or aujourd’hui, la législation bancaire n’autorise pas le type d’activité d’investissement direct auquelle s’adonnent de nombreuses banques islamiques. Par ailleurs, il n’existe aucune disposition concernant le partage des bénéfices avec les déposants ou le financement participatif. Des insuffisances que les autorités bancaires sont en train de corriger. Bank Al-Maghrib a, d’ailleurs, consacré tout un chapitre dans sa nouvelle loi bancaire sur la finance islamique. Le texte est actuellement en consultation au sein du ministère des Finances. L’introduction de la finance islamique vient à point nommé pour la promotion de la future place financière (cf. L’Economiste du 27 octobre 2011). Une réforme préalable au hub financier régional de Casablanca Finance City.

    Le Maroc ne figure même pas

    dans le classement des pays d’Afrique

    du Nord disposant d’un actif conforme

    à la Charia pour l’unique raison qu’il

    n’y a pas de banque islamique. La législation

    bancaire n’autorise pas pour le moment

    le type d’activité d’investissement direct

    auquelle s’adonnent de nombreuses banques 

    islamiques

    En attendant la création d’une banque islamique à part entière, certaines institutions ont déjà mis un pied sur le sol marocain. C’est le cas de Qatar National Bank qui a acquis, dernièrement, le contrôle de l’Union Marocaine des Banques. Cela laisse déjà présager une concurrence accrue sur ce secteur.     
    Avant l’investiture du PJD, les choses étaient acquises, «aucune banque islamique spécialisée ne se verrait accorder un agrément». Seuls quelques produits dits «alternatifs» ont été introduits pour éviter le développement de l’intermédiation financière islamique informelle et non règlementée. Mais ces produits n’ont pas connu grand succès auprès du public. La mourabaha, par exemple, a été proposée pour «des échéances très courtes, avec un calendrier de remboursement plus court que ne le souhaitent la plupart des clients». Les prix ne sont guère attractifs, du fait de l’imposition de 20% au titre de la TVA sur idjara et de 10% sur mourabaha. En face, les prêts commerciaux sont exonérés de TVA.
    «En dépit de ces avancées et de ces bonnes intentions, il va sans dire que le développement de la finance islamique au Maroc sera lent, mais il y a un gros potentiel».

    Mobilisation

    L’avantage potentiel des banques islamiques tient au fait qu’elles peuvent mobiliser les ressources d’une clientèle hermétique, par conviction religieuse, à la banque classique. «Cette raison peut expliquer certains dépôts dans les banques islamiques en Afrique du Nord», soutient la BAD. C’est la raison pour laquelle il est encore plus important que ces institutions soient en mesure de mobiliser des fonds au sein du conseil du Golfe, tant auprès de leurs promoteurs que des expatriés d’Afrique du Nord qui y travaillent.
    La mobilisation de ces fonds permettrait de diversifier un peu plus les sources d’investissements étrangers dans la région permettant ainsi d’accélérer son développement tout en réduisant sa dépendance de ses principaux partenaires économiques actuels.

    M. A. B.

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc