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    Croissance et emploi : Pourquoi le PIB manque de ressort

    Par L'Economiste | Edition N°:3618 Le 19/09/2011 | Partager
    Croissance molle, activités à faible valeur ajoutée
    Un gap d’environ 300.000 demandeurs par an à résorber
    Les jeunes de moins de 30 ans sont les plus touchés

    QUEL taux de croissance pour stimuler la création d’emplois? La plupart des économistes et les organismes internationaux s’accordent pour le situer entre 6 et 7%. Mais aussi récurrent, la croissance n’est pas assez riche en emplois. Et lorsqu’elle en crée, ils sont majoritairement de faible valeur ajoutée. Il faudra surveiller les plateformes électorales qui vont surenchérir «les recettes» pour accélérer la croissance. A l’analyse des comptes nationaux, la corrélation n’est pas évidente entre l’évolution du PIB et celle de l’emploi. En 2008, le PIB a crû de 2,9 points de croissance à 5,6% par rapport à l’année d’avant mais le taux de chômage n’a reculé que de 0,2 point. Cela sous l’effet d’une progression de la valeur ajoutée agricole qui avait bondi de 16,3% après une chute de 20 points l’année précédente. Et, durant les années 2009 et 2010, le PIB a progressé respectivement de 4,8 et 3,7% mais le marché du travail est resté pratiquement stationnaire.
    Cela veut dire que la structure de ce marché a complètement changé. La nouvelle donne résulte, selon le HCP, de la double transition économique et démographique que connaît le pays. Mais celle touchant la population active est déterminante. Elle se manifeste par l’arrivée massive de jeunes diplômés issus de la formation professionnelle. Le gap à résorber annuellement est de 2 à 3 fois plus important que le nombre de création annuelle d’emplois.
    Les estimations officielles font état d’un stock annuel de l’ordre de 400.000 demandeurs d’emploi alors que la moyenne d’absorption est de 120.000 postes de travail par an depuis 2007. Ramenée à la dernière décennie, cette moyenne est de 156.000 emplois par an, peut-on relever sur les statistiques du HCP. Niveau qui demeure aussi très loin des flux à résorber. D’autant que les nouveaux profils s’avèrent plus qualifiés. Rien qu’en ce qui concerne la demande émanant des jeunes issus de la formation professionnelle, le surplus annuel est de 108.000 chômeurs. D’après le département de la Formation professionnelle, relayé par le dernier mémorandum du patronat, le taux d’emploi moyen annuel est estimé à 60% pour 180.000 lauréats/an. Plus grave encore, la masse de 400.000 jeunes âgés de 15 ans et plus en rupture scolaire chaque année selon les estimations du Conseil supérieur de l’enseignement. Or, sur ce nombre, seuls 30.000 jeunes bénéficient d’une formation par apprentissage. Tout le reste ira donc gonfler le nombre de vendeurs ambulants et autres activités précaires. De fait, la pression sur le marché du travail ne fera que s’accentuer dans les années à venir, estiment les économistes. Du moins d’ici 2015 avec l’entrée en vitesse de croisière de certains plans sectoriels, notamment Emergence, Plan Maroc vert et la stratégie touristique. Mais encore faut-il dès à présent opérer certaines adaptations des priorités ciblées par ces stratégies. (voir article page 5). Pour le moment, la population active (15-59 ans) augmente de 2,4% par an contre un taux d’accroissement démographique de 1,6%. Globalement cette population est urbaine pour la majorité à raison de 60% et jeune (15-29 ans) à hauteur de 45,2% avec une légère prédominance féminine: 51%. Pour résumer ce déséquilibre, les économistes de la Direction des études et des prévisions financières du ministère de l’Economie et des Finances parlent de «l’inadéquation quantitative». En clair, il s’agit de l’insuffisance de création d’emplois par une économie dont les véritables leviers tardent à fonctionner. Certes des acquis ont été réalisés durant la dernière décennie: lancement de grands chantiers structurants, réformes économiques et financières et mise en place de systèmes d’intermédiation. Mais, au vu des résultats des réajustements ciblant l’investissement productif et créateur d’emplois directs et indirects s’imposent. Sinon, comment l’éternel inadéquation formation/emploi continue de prédominer le débat. Cela reste probablement valable pour l’enseignement universitaire. Mais que dire de la formation professionnelle dont 40% des lauréats sont éjectés annuellement du marché du travail.

    156.000 emplois en moyenne

    10,4 millions, c’est le volume de l’emploi à fin 2010. La dernière décennie a été marquée par la création de 156.000 postes par an selon les statistiques du HCP. Les bénéficiaires des nouvelles créations sont surtout des actifs de sexe masculins avec 118.000 emplois contre 38.000 pour les femmes. La répartition par âge montre aussi la prédominance des adultes (40-59 ans) qui accaparent 112.000 postes annuellement alors que la tranche de 30-39 n’en occupent que 46.000 emplois par an. Paradoxalement, les jeunes âgés de 15 à 29 ans perdent annuellement 9.000 postes de travail. Par ailleurs, les créations restent concentrées dans le secteur des services (84.000 emplois créés par an) et le BTP (63.000 postes créés annuellement depuis 2008). L’agriculture et l’industrie y compris l’artisanat créent quant à elles respectivement 13.000 et 10.000 postes.

    Concentration urbaine

    SUR le 1,480 million de nouveaux emplois durant la dernière décennie, 69% ont profité aux villes contre 31% pour les campagnes. Ces emplois restent concentrés dans les régions où les secteurs des services et du BTP affichent une croissance soutenue. C’est le cas du Grand Casablanca dont l’effet se traduit par une contribution au PIB de l’ordre de 21%. Dans cette région, le nombre d’emplois créés par an est en moyenne de 28.000 postes. En revanche, la région du Tadla-Azilal où l’activité agricole prédomine avec une participation au PIB de 2,6%, une perte annuelle de 1.000 emplois est enregistrée.

    A. G.

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