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Focus

Croissance et emploi
La valeur ajoutée de l’industrie décroche

Par L'Economiste | Edition N°:3618 Le 19/09/2011 | Partager
Sur la dernière décennie, sa part est passée de 18 à 14%
BTP et agriculture ont peu d’effet multiplicateur sur l’emploi
La contribution de l’export reste marginale dans la croissance

L’essentiel de la demande d’emploi provient de jeunes de moins de 34 ans. Ils sont plus de 300.000 à venir chaque année sur le marché du travail. Le taux de chômage parmi cette même population active est le plus élevé. Il varie entre 12,8 et 17,6%
Source: HCP

Trois grands secteurs apparaissent jusqu’à présent comme principaux pourvoyeurs d’emplois. Quatre postes d’emploi sur cinq sont créés dans l’agriculture, les services et le BTP. Mais majoritairement, il s’agit d’emplois de faible qualification, relève l’enquête 2010 du HCP sur l’activité et l’emploi. Les 2/3 sont, en effet, occupés par des non-diplômés.
Ce constat renvoie aussi à la structure du PIB. Si au cours de la dernière décennie (2000-2010), le PIB a été multiplié par deux, sa composition n’a pas fondamentalement varié au profit des secteurs à haut contenu technologique. Les 3 champions en termes d’emplois sont aussi ceux qui assurent le plus de valeur ajoutée. Ils affichent, par ailleurs, les taux de croissance les plus élevés. Sur la dernière décennie, le taux moyen de croissance a atteint 7,2% pour les services, 5,8% pour le BTP et 5% pour l’agriculture. Cependant, le secteur industriel n’a pas dépassé les 3%. A cet égard, il est à noter que l’industrie, qui crée autant d’emplois directs qu’indirects, a connu une baisse de sa part dans la valeur ajoutée totale qui est passée de 18% en 2000 à 14% en 2010. Ce qui pousse des spécialistes et certaines voix au patronat à parler de désindustrialisation de notre économie.
Or, intensifs en création d’emplois, le BTP et l’agriculture ne génèrent que très peu d’effets multiplicateurs. Avec une création de 10 postes directs, l’agriculture ne génère que 2 indirects. Idem pour le BTP et à peine 3 pour les services.
En moyenne, 65% des créations cumulées concernent la main-d’œuvre et 30% les aides familiales. Des situations de rente y persistent et certaines activités, comme l’immobilier, exercent un effet d’éviction, vu l’importance des marges réalisées encore il y a peu dans ce secteur. «Qui oserait, en effet, investir dans un secteur exportateur à la marge comprise entre 5 et 7% contre 25 à 30% dans la promotion immobilière»? s’interroge un industriel.
A titre d’exemple, l’industrie agroalimentaire qui crée le plus d’emplois indirects (5 pour 1 direct) ne bénéficie pas d’une stratégie clairement définie dans le cadre du plan Maroc Vert. Pour son approvisionnement, elle doit toujours faire appel aux surplus dégagés par le marché de bouche alors qu’ailleurs, elle s’appuie sur des cultures à vocation industrielle. Or, la demande dans ce domaine suit une tendance à la fois haussière et soutenue. A tel point que les importations de produits alimentaires ont dépassé le cap de 40 milliards de DH rien que sur les 8 premiers mois de l’année. Cela renvoie aussi au modèle de croissance qui tend à privilégier la dynamique de la demande intérieure via l’investissement et la consommation finale.
Celle-ci contribue, en effet, pour 67% à la croissance du PIB. Mais, selon les estimations du HCP, «elle présente, un faible effet multiplicateur en termes d’emplois. Avec 10 créations d’emplois directs, elle n’en génère qu’un seul poste. Sans oublier l’effet pervers qu’elle produit sur la création même de l’emploi à travers ses implications sur la balance commerciale. Pour preuve, la situation actuelle du commerce qui dégage un déficit de loin plus important que la totalité de la valeur des exportations. C’est dire que cette demande, tout en profitant aux marchés extérieurs, y génère aussi la valeur ajoutée. Ce sont ainsi plusieurs centaines de milliers d’emplois perdus. Et le constat dressé par de nombreux économistes est sans appel: la contribution des exportations nettes à la croissance a été négative sur la dernière décennie
En revanche, l’investissement, dont le nombre de créations est pratiquement égal aux emplois indirects, reste malgré tout en deçà du potentiel observé dans des pays à niveau de développement comparable. Faiblesse qui s’explique certainement par l’affectation sectorielle qui a prévalu dans le choix des investissements. Ces capitaux ayant principalement profité aux infrastructures économiques, leur rendement ne peut être apprécié pour le moment. Cela dépend de leur capacité à drainer l’investissement productif.

A. G.

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