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    Politique

    Enquête au cœur du PJD
    Ambitions revisitées

    Par L'Economiste | Edition N°:3617 Le 16/09/2011 | Partager
    Mais le chemin vers le gouvernement semé d’embûches
    La difficulté à tisser des alliances limite ses chances

    Les déclarations fracassantes d’Abdelilah Benkirane ravivent la tension autour de son parti. Marketing délibéré ou erreurs de stratégie?

    Le PJD parmi les favoris des prochaines législatives? On en parle dans les milieux politiques. En tout cas le parti islamiste ambitionne de faire mieux qu’en 2007 quand il avait occupé la deuxième place avec 46 sièges. En effet, «il n’y a aucune raison pour que le parti ne réalise qu’un score inférieur à celui de 2007», affirme Saâdeddine Othmani, président du Conseil national du Parti de la justice et du développement, qui précise toutefois que «tant que nous ne disposons pas de tous les détails relatifs aux lois électorales, notamment le découpage électoral, nous ne pouvons pas avancer de pronostics». Une chose est sûre pour le moment, les dirigeants islamistes affichent de grandes ambitions. Ils présentent leur parti comme «un espoir pour les déçus par l’actuel gouvernement».
    Cependant, l’on semble oublier que le parti est en perte de vitesse depuis quelques mois selon des observateurs, et plusieurs éléments peuvent freiner l’élan ambitieux des leaders du PJD vers une victoire électorale et par conséquent une participation au prochain gouvernement. La formation politique fait face à plusieurs attaques émanant de différents acteurs politiques, et ses dernières altercations avec le ministère de l’Intérieur amplifient la tension autour du part. Si le PAM (Parti de l’authenticité et de la modernité) constitue le principal détracteur du PJD, ce dernier n’est pas mieux loti face à d’autres formations tant de la majorité que de l’opposition. Cette conjoncture difficile le place devant un rude examen concernant sa capacité à relever les défis qu’il rencontre sur le chemin électoral. Néanmoins, le parti «pourrait dépasser les attaques dont il est la cible, et reproduire le scénario de 2007 lorsqu’il a su absorber la pression née des attaques contre le parti après le 16 mai 2003, et a réalisé de bons résultats lors des législatives», affirme le politologue Mohamed Darif. Sur ce point, «la force des bases du parti est déterminante, surtout après les problèmes internes qu’il a vécu durant les derniers mois, et dont le secrétaire général assume une part de responsabilité à cause de ses différentes déclarations qui ont créé des divergences au sein même des instances internes», explique-t-il. Les responsables du PJD se veulent, pour leur part, rassurants sur ce sujet, et avancent que «les instances du parti sont rodées à la pratique politique, et les militants sont formés pour réagir», selon Lahcen Daoudi, secrétaire général adjoint du PJD. «Face à la déception, nous entretenons chez nos militants l’esprit de combat». Ce qui pousse les responsables du parti à croire en leurs chances en une victoire lors des prochaines échéances. Cela leur donnerait éventuellement l’occasion de conduire le premier gouvernement sous la nouvelle Constitution. Mais pour cela, le PJD doit d’abord gagner les élections. «Ce qui n’est pas facile à faire, vu la grande concurrence que représentent trois autres grands partis annoncés également favoris», précise Darif. Il s’agit d’abord du Parti de l’Istiqlal qui dispose d’une large base électorale, mais aussi du PAM qui, «malgré les attaques émanant du mouvement 20 février, garde toujours une base électorale, et bénéficie de l’avantage de sa forte implantation dans le milieu rural», note le politologue. Sans oublier le RNI qui constitue également un sérieux prétendant, et «qui pourrait arriver en tête du classement s’il est soutenu par le PAM», ajoute-t-il.
    Si le PJD arrivait à se démarquer de la concurrence et séduire un nombre plus important d’électeurs, sa tâche de former un gouvernement s’annonce, par contre, encore plus difficile, vu la nature de ses relations avec les autres formations politiques. Un tour d’horizon de la carte politique nationale permet de montrer la difficulté du PJD à tisser des alliances lui permettant de prétendre à la présidence du gouvernement. Ses tensions successives avec les partis de la Koutla limitent les chances d’une probable alliance, alors que la position hostile des partis du pôle libéral est claire par rapport au parti islamiste. Ce qui laisse au PJD une faible marge de manœuvre qui se limite aux «partis de la grande gauche, malgré les différences idéologiques», selon Darif. Sur cette question des alliances, les dirigeants du PJD ne semblent pas pressés. Daoudi estime que «c’est prématuré d’en parler puisqu’elles doivent se baser sur des programmes». Il s’agit pour lui de «trouver le dénominateur commun avec les potentiels alliés, sur la base des programmes qu’ils vont proposer». Mais de l’avis de Othmani, «le PJD étant un parti de centre, il devrait se tourner vers les partis de centre gauche ou de centre droite». Il faudrait néanmoins «attendre les résultats qui permettraient d’avoir une plus grande visibilité de la carte politique», conclut-il.

    La menace islamiste

    Où commencent et où s’arrêtent les frontières de l’idéologie du PJD? Depuis des années, la question taraude tous ceux qui s’intéressent à l’actualité du parti de la lampe. Les sorties fréquentes de Ramid, par exemple, considéré comme l’un des faucons du parti, ont souvent suscité le doute sur les positions de la formation sur les questions de société. Au point d’inquiéter parfois les chancelleries occidentales. Aujourd’hui, le PJD se veut rassurant. «L’époque où les Occidentaux ne faisaient pas la différence entre les islamistes modérés et ceux radicaux est dépassée», précise Daoudi. Des délégations du parti avaient déjà effectué en 2007 des tournées dans les capitales européennes afin de montrer «une image de parti qui prône une idéologie islamiste libérale», note Darif. Voilà pour les intentions…

    Mohamed Ali MRABI

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