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Economie

Maroc/UE
Attaques contre les accords de pêche et agricole
De notre correspondant permanent à Bruxelles, Aziz BEN MARZOUQ

Par L'Economiste | Edition N°:3608 Le 05/09/2011 | Partager
Des eurodéputés verts ressortent encore une fois la question du Sahara
La Commission européenne se défend bien

«Comme à leur habitude, les eurodéputés verts très sensibles aux thèses séparatistes se défoulent sur les accord conclus avec le Maroc. La Commission européenne fait preuve jusque là de sagacité»

La réunion de la commission «pêche» du Parlement européen, le 31 août, a offert aux eurodéputés l’occasion de remettre au devant de la scène les relations UE-Maroc dans les secteurs de la pêche et de l’agriculture. Un dossier qui agite beaucoup les eurodéputés notamment en ce qui concerne la question du Sahara. Le moins que l’on puisse dire est que ceux d’entre eux qui défendent l’accord de libéralisation des produits agricoles et des produits de la pêche avec le Maroc auraient marqué quelques points lors de ce premier match de la rentrée.
La réunion du 31 août de la commission «pêche» du Parlement européen a permis à Raul Romeva (Vert espagnol) de présenter un projet d’avis sur l’Accord agricole Maroc/UE. Comme à son habitude, le député Vert espagnol, très sensible au lobbying des séparatistes, n’a pas fait dans le détail: «il faut rejeter l’accord de libéralisation des produits agricoles et des produits de la pêche avec le Maroc car il recèle beaucoup d’incertitudes sur le problème du Sahara et il préoccupe bon nombre d’organisations professionnelles européennes».
Raul Romeva estime que dans la mesure où l’accord agricole permettrait l’importation en Europe de produits marocains répondant à des normes (environnement, condition sociale des agriculteurs, libertés syndicales, sécurité alimentaire, etc...) «moins strictes que celles appliquées aux producteurs européens, le non-respect de ces normes pourrait se traduire par du dumping de la part du Maroc».
Il relève également que de «nombreux stocks halieutiques sont appauvris dans les eaux marocaines» et que le marché communautaire «ne devrait pas s’ouvrir à des produits provenant de stocks surexploités». Mais, aux yeux du député Vert espagnol, l’aspect le plus controversé de l’accord résiderait dans ce qu’il appelle «l’inclusion des produits du Sahara occidental dans les exportations marocaines». Il estime que dans la mesure où la Commission européenne n’est pas disposée à poser la question de savoir «si l’accord agricole est conforme aux aspirations de la population du Sahara occidental», le mieux pour les membres de la commission «pêche» serait qu’ils rejettent celui-ci.


Pas de compétence pour régler les problèmes politiques...

 

Sa compatriote socialiste, Josefa Andres Barea, est d’un tout autre avis. Elle considère au contraire que «l’accord agricole avec le Maroc est de façon générale «un accord satisfaisant» car il permettra au Maroc «d’importer davantage de produits européens». Elle souligne aussi qu’il s’agit d’un nouvel accord «qui va permettre de mieux contrôler les contingents tarifaires et les exigences phytosanitaires conclus avec la partie marocaine». L’eurodéputée socialiste estime «qu’à ce stade, les membres de la commission «pêche», avant de se prononcer sur ce dossier, devraient plutôt attendre l’avis de la commission du commerce international (INTA), responsable au fond sur l’accord agricole(1), afin que celle-ci «détermine les avantages et les inconvénients éventuels de l’accord conclu avec le Maroc». Concernant les aspects territoriaux de l’accord, Josefa Andres Barea considère que l’affaire du Sahara «ne relève absolument pas des compétences de la commission de la pêche du Parlement».

 

Dans 10 ans les échanges seront de toutes les façons libéralisés...

 

Répondant aux inquiétudes exprimées par certains eurodéputés en ce qui concerne les exportations marocaines, un représentant de la DG Trade de la Commission européenne, leur a précisé que si dans le passé l’UE a accordé des concessions unilatérales au Maroc (mises en œuvre notamment depuis l’an 2000), l’accord agricole actuel négocié et signé avec le Maroc «devrait justement rétablir l’équilibre dans les échanges commerciaux avec le Maroc». Pour lui il ne s’agit nullement d’augmenter les concessions de la part de l’UE. Il considère aussi que les contingents tarifaires et les calendriers d’importation négociés avec le Maroc doivent être relativisés dans la mesure où, rappelle-t-il, d’ici une dizaine d’années environ, «il y aura une libéralisation totale des échanges commerciaux entre les deux parties et l’on ne parlera plus ni de contingents ni d’autres restrictions».
Quant au respect des normes il souligne que celles-ci doivent être absolument respectées notamment en matière de sécurité alimentaire tout en rappelant que l’UE avait des limites quant aux conditions à imposer à ses partenaires commerciaux, «notamment celles qui sont décidées dans le cadre de l’OMC». La coopération commerciale de l’UE avec le Maroc est «un bon exemple pour les pays de la région méditerranéenne», a-t-il indiqué en précisant notamment que le Maroc «participe activement à la politique intégrée de la pêche en Méditerranée» et qu’il a «accès au système d’alerte rapide européen en ce qui concerne la sécurité des aliments». Il recommande donc d’accepter l’accord agricole avec le Maroc qui dit-il, «permettra un véritable rééquilibrage des échanges entre les deux parties».

Parallèle malheureux avec les territoires occupés

La députée Verte suédoise, Isabella Lövin, autre inconditionnelle du Polisario, s’est demandée pourquoi la Commission européenne ne faisait pas le parallèle entre, d’une part, Israël et les territoires occupés palestiniens et, d’autre part, le Maroc et le Sahara occidental,(2). La socialiste française, Catherine Trautmann, s’est chargée de lui répondre en soulignant qu’il ne fallait surtout pas faire la confusion entre les deux situations. Elle a tenu à rappeler à ses partenaires que «la commission «pêche» du Parlement n’est pas là pour trancher le problème politique du Sahara» mais pour «contrôler, vérifier-sous l’angle des équilibres commerciaux- tous les accords négociés par l’UE avec des pays tiers». Elle a ajouté que «même si elle n’est pas d’accord à 100% avec les réponses de la Commission européenne, rejeter l’accord agricole avec le Maroc ne serait pas la bonne solution».


(1) Dont le rapporteur est un autre Vert, français celui-ci, José Bové.
(2) Isabella Lövin a tenté de faire le parallèle entre le traitement par l’UE des produits agricoles provenant des territoires occupés palestiniens et syriens (qui ne font pas partie du territoire israélien et qui donc ne bénéficient pas des avantages commerciaux prévus dans l’accord de libre échange UE/Israël ) et des produits en provenance du Sahara.

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