Courrier des Lecteurs

Courrier des Lecteurs

Par L'Economiste | Edition N°:3607 Le 02/09/2011 | Partager

Faut-il supprimer la peine de mort?

Une grande erreur
L’impunité est mère de la délinquance. Quand on voit le résultat dramatique en France de la politique de l’allègement des peines et de l’abolition de la peine de mort, on est en droit de se demander si le maintien de la peine de morts pour les récidivistes et les auteurs de crimes particulièrement horribles n’est pas judicieux. En effet, la suppression de la peine capitale revient à renier le droit à la justice aux victimes de ces crimes. Imaginez un assassin ayant violé, torturé, assassiné plusieurs victimes s’en sortir avec une peine de prison et ensuite la liberté de commettre d’autres méfaits. Il peut aussi être libéré par anticipation pour bonne conduite ou suite à l’avis favorable d’un psychologue irresponsable et récidiver! En France, ils cherchent à revoir leur système pénal alors que nous, retardataires, on fonce droit dans l’erreur sans tenir compte de leur expérience. Ceci dit, il y a également le côté économique de la chose, puisque ce type de criminel nécessite une surveillance rapprochée, parfois un internement psychiatrique, et que ce budget serait mieux dépensé ailleurs.
F. R.
 Une mesure salutaire
Au nom de quoi doit-on tuer un homme? L’islam ne l’autorise que dans quelques cas et encore! La jurisprudence évolue et revoit l’exégèse de certains textes qu’on considérait naguère comme tranchés. Rien ne justifie l’exécution d’un homme parce qu’il est homme justement. Et quand on est un tant soit peu humaniste, on ose espérer que l’homme peut changer et devenir meilleur.
Un violeur, un assassin peut-il être considéré comme tel toute sa vie? Ne doit-on pas examiner de près ce qui l’a poussé à le devenir? Quel était son état de santé mentale au moment de l’acte? N’y avait-il pas des circonstances atténuantes? Ne doit-on pas suivre psychologiquement ce «voyou» qui menace «l’ordre de la société»... L’ordre! Une valeur aussi bien dénuée de sens que désuète... Et à quoi servent les forces armées dans une société? Ce n’est pas en tuant les gens que vous vivrez en sécurité. Quelle triste et dangereuse utopie... Je suis profondément choqué et consterné de lire qu’ «il y a également le côté économique de la chose, puisque ce type de criminel nécessite une surveillance rapprochée, parfois un internement psychiatrique, et que ce budget serait mieux dépensé ailleurs». Où exactement? Et l’homme dans tout ça, vous, moi, les autres... qu’est-ce que vous en faites? Vous jetez la dignité humaine en pâture. Pis, vous la vendez contre les quelques impératifs pécuniaires de la modernité... c’est scandaleux!!!
A. Z.
Œil pour oeil
Tuer quelqu’un est un crime impardonnable. Les conséquences dudit crime sont souvent horribles. Il engendre des veuves et des orphelins. Donc priver la famille de son soutien financier est un acte barbare souvent commis par quelqu’un qui est motivé par le vol ou sous l’effet de drogues.
Les raisons sont multiples, mais le crime reste un acte qui relève du droit pénal. Punir le fautif ou le criminel est un droit quasi réservé aux ayants droit. L’Etat joue le rôle du justicier dans le but de remettre la pendule de la raison à l’heure. En tant que musulmans, nous tenons notre justice en matière de crime en s’inspirant du livre saint. Les versets du Coran insistent sur la valeur inviolable de l’Homme.
La justice divine prévoit que la sanction doit être à la hauteur du crime commis: dent pour dent, œil pour œil, etc.Mais le droit de pardonner est du ressort des ayants droit. Oter à quelqu’un la vie que Dieu lui a donnée demeure un acte abominable, inhumain, il est au-dessus de tout genre de crime connu. L’accusé de meurtre doit être assisté d’une défense légale et avoir droit à un procès équitable.
Il ne doit être qualifié de meurtrier que par le juge à la fin des séances. Si la juridiction prononce la peine de mort, il doit être exécuté dans les normes connues dans l’Islam. Ceci n’est pas contraire à notre religion, parce que le modèle de vie des musulmans est basé sur l’exécution des actes judiciaires sans retard.
En France, les récidivistes commettent des crimes une fois dehors, même sous contrôle judiciaire. L’espoir de corriger l’incorrigible devient un cauchemar pour certains dans la société. L’impunité se traduit par le spectre du criminel qui peut sortir grâce à la ruse ou échapper du lieu de sa détention. Il ressort de ce qui précède que la sécurité des individus n’est pas garantie tant que cet homme a la possibilité de sortir un jour. Notre devoir est de protéger d’autres potentielles victimes de cette catégorie de gens qui vivent en marge de la société.
Les politiques, les syndicats, les sociétés civiles, les associations, les hommes de l’art et de lettres doivent conjuguer leurs efforts ensemble afin de maintenir la peine de mort, acte judicieux qui fait parti de notre vie de musulman.
S. R

 

                                                                                                                                                      

Décevant, Tariq Ramadan!           

Pour ceux qui ne l’auraient pas lue, la première chronique de Tariq Ramadan dans L’Economiste débordait de sagesse et de paix en préparation du mois sacré. J’apprenais hier que la seconde ne serait pas publiée pour cause de censure, j’étais déçue et deux fois plutôt qu’une! Désappointée doublement, pour les raisons ridicules de cet arrêt de collaboration et pour les stéréotypes véhiculés par l’article traitant de l’industrie du tourisme au Maroc. Habituée à la prestance inégalée du charismatique Tariq Ramadan, je découvre une chronique réductrice et abaissante du tourisme fondée sur le ouie-dire de quelques voisins de table plutôt qu’une enquête sérieuse sur les 9 millions de touristes à avoir visité le Maroc en 2010. Ces millions de touristes -si l’on doit retenir un profil type- sont essentiellement des familles voyageant pendant les vacances scolaires, françaises pour la plupart (plus d’un million) venant faire un circuit des villes impériales, ou découvrir Marrakech seule ou encore nager à Agadir pour une semaine. Mais pour Tariq Ramadan, c’est «un pays où le soleil est gratuit, l’alcool et la drogue bon marché, la prostitution jeune, discrète et peu chère».
La chronique, aux tonalités extrémiste et populiste, juge et condamne un secteur (après quelques fleurs jetées en préambule) qui crée pourtant 8% des richesses nationales. Ce texte se voulait être aussi un réveil des consciences: «Ne laissez pas le Maroc perdre son identité au nom d’impératifs financiers destructeurs». Monsieur Ramadan, vous avez manqué l’occasion de saluer et d’honorer le quasi demi-million de personnes nourries directement par la passion de faire découvrir et aimer leur pays, sans parler des autres qui y contribuent de manière indirecte.
Ces hommes ne sont pas tous alcooliques, ni ces femmes des prostituées ou encore les enfants proie à un «tourisme sexuel immoral». Je ne démens pas les extrêmes au niveau de la société, l’existence d’une frange de la population encore en quête d’elle-même. Je n’occulte pas certaines affaires de mœurs surmédiatisées en France ou au Maroc, ou encore la nécessité de mettre en place des suivis, des contrôles inopinés et une exécution stricte de la législation. Il ne faut pas céder aux raccourcis intellectuels et noircir l’ensemble du tableau parce que vous vous estimez lésé. Je n’aurais jamais pensé que vous, Tariq Ramadan, grand amateur des voyages et des autres cultures, vous puissiez faire de tels raccourcis intellectuels, tenus davantage par des fanatiques intolérants tels que Al Adl wal Ihssane.
La plus grande richesse du pays et son plus bel atout touristique, avant le soleil, la mer ou son désert, est sa population. Les touristes viennent et repartent touchés par la bonté, la générosité et le sens de l’accueil des Marocains. C’est pour eux que je réponds à votre chronique, pour tous ceux qui travaillent de manière directe ou indirecte dans le secteur, les guides touristiques, les chauffeurs de taxis ou de bus, les artisans, les hôteliers et restaurateurs, les agents de douane, les serveurs de café et les «moul alma7hlaba»... qui habitent aussi en dehors des quelques villes que vous citez, sans boîtes de nuit, ni casinos… mais qui vivent aussi du tourisme.
Si je devais également écrire une chronique sur le tourisme au Maroc selon les discussions avec mes amis français, anglais ou indiens, je ferai un billet sur le tourisme rural, le tourisme responsable, l’écotourisme, le tourisme solidaire et humanitaire, le tourisme sportif ou encore le tourisme esthétique et dentaire… Je vous citerai des amis motards qui partent à la découverte de l’arrière-pays et ses magnifiques douars.
Je vous raconterai ensuite l’histoire de ces Anglais qui ont construit une école et un hammam à côté de leur maison d’hôte. J’évoquerai mes copains bordelais surfeurs qui viennent loger chez l’habitant dans le sud et qui raffolent des tajines berbères. Je vous épaterai avec ces médecins qui font un circuit de trekking en ambulance pour soigner bénévolement les montagnards.
Ceux-là ne font pas disparaître les casinos ou les boîtes de nuit qui vous scandalisent tant, mais font partie d’un tout comme vous dites aux «identités multiples». Je sais que pour tout penseur, définir et ranger le Maroc dans une catégorie normée est un exercice complexe. En effet, ce pays à la fois berbère et arabe, musulman et tolérant, ouvert vers l’Europe, attaché à l’Afrique, un pays mené par ses villes et enrichi par sa campagne, montagnard et désertique avec un littoral… est difficile à cerner par ses habitants et ses visiteurs…mais si facile pourtant à aimer… Est-ce que cela, pour autant, vous permet de le définir en «pays de toutes contradictions»? Est-ce que l’Islam et la «liberté chérie en Occident» sont vraiment antagonistes? Est-ce que vous prônez alors un Islam fermé et privant de cette liberté? Ceci est un autre débat et nécessite une autre chronique de votre part, mais cette fois sans user et abuser de l’image du tourisme au Maroc. Ceci relève de la vaine rhétorique et de la manipulation à la limite de la malhonnêteté intellectuelle. Nous n’avons pas besoin de visiteurs étrangers pour boire de l’alcool, nous n’avons pas besoin de devises étrangères pour fumer un joint… Les jeunes font la fête comme partout, indépendamment de la langue, la culture, le pays ou la religion.
Et cette année 2011, plus que jamais, ils tiennent à leur liberté plus que tout.
A. A.

 

                                                                                                                                                  

Impunité
Difficile de contrôler les «Ferrachas» et autres vendeurs ambulants qui pullulent dans nos rues. Ils offrent aux consommateurs des produits alimentaires et autres en dehors des circuits réglementés et en toute impunité. C’est ceux là qu’il faut bannir en premier avant de s’attaquer au fond du problème. Les risques sont énormes pour la santé publique.
A. M.
Les ferrachas font la loi
Partout, c’est le désordre. Les cafetiers débordent de leur périmètre et s’approprient l’espace public en élargissant leurs terrasses. Mais le plus grave ce sont les marchands ambulants qui se croient au-dessus des lois. Chaque jour, leurs rangs grossissent, perturbant les déplacements à la fois des piétions et des automobilistes. Sans compter les commerces légaux qui souffrent de cette concurrence déloyale. Et si l’on ajoute à tout ce désordre, les gardiens de voiture et la pagaille qu’ils sèment… le quotidien des citoyens est un vrai calvaire. L’Etat doit assumer sa responsabilité et faire le nécessaire pour permettre une vie normale à nos villes et villages.
M. M.
Le plan social va-t-il sauver la RAM?
Un proverbe chinois dit que « pour balayer les escaliers, il faut commencer par le haut». C’est logique. A mon avis, pour sauver Royal Air Maroc, il faut commencer par changer la direction. Aujourd’hui, et c’est évident, l’actuel PDG n’est plus capable de gérer la crise qui secoue la compagnie nationale. Il ne fait qu’envenimer la situation. La RAM a besoin d’un grand nettoyage. La seconde étape consiste à innover au niveau des offres et des prix. Par exemple la RAM n’arrive plus à rivaliser avec les low-cost.
A. Z.    

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