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    Politique Internationale

    Listes électorales: Record de bouderie en Tunisie
    Par Mohamed Laroussi Ben Salah, correspondant permanent en Tunisie

    Par L'Economiste | Edition N°:3589 Le 05/08/2011 | Partager
    A peine un quart des adultes s’est inscrit
    L’enthousiasme révolutionnaire peine à passer dans la réalité politique
    Plus de cent partis: les citoyens sont perdus

    Des centaines de manifestants extrémistes ont protesté le 22 juillet à Tunis contre «la violence et le chaos» qui perdurent six mois après la révolution

    Les Tunisiens boudent les inscriptions pour l’élection de la Constituante prévue le 23 octobre prochain. Seulement un sur quatre serait inscrit à aujourd’hui. Comment expliquer que le retour de la liberté politique suscite si peu d’engouement?
    D’abord, les Tunisiens sont comme un boxeur sonné. Ils sont en face de plus de cent partis dont ils ne connaissent peu ou pas les appellations, ni les dirigeants, encore moins les programmes (voir encadré). Les débats se déroulent dans les hautes sphères, les salons et les clubs mais ne sont point descendus au bas de l’échelle sociale. Les citoyens attendent des solutions réelles à leurs différents problèmes: le chômage, la pauvreté, la défection des équipements, la détérioration des conditions de vie, l’insécurité.

    Les Benalistes à l’œuvre

    Ensuite et deuxième explication de la désaffection des citoyens pour les listes électorales, le peuple n’a pas été bien préparé à l’échéance. Il n’est pas facile de changer des pratiques ancrées depuis plus de cinquante ans en un tour de main, fut-elle celle de la révolution, de la liberté, de la démocratie et de la dignité.
    Ben Ali, tout comme Bourguiba, est certes parti mais le système demeure entier et est loin d’être démantelé. Les activistes du RCD, ex-parti au pouvoir, ont refait surface et il est établi qu’ils exécutent un travail de sape inégalé. La plupart d’entre eux n’arrêtent pas de critiquer les décisions et la démarche du gouvernement et de la haute instance pour la protection des acquis de la révolution. Ainsi, fort de l’expérience d’embrigadement acquise au fil des dernières décennies, ils sèment la zizanie parmi les citoyens. Plusieurs anciens cadres de l’ex-parti au pouvoir ont été derrière des actes de violence, de sabotage et de sit-in relevés dans de nombreuses régions du pays. En face, les nouveaux partis n’ont pas les moyens suffisants pour aller où et quand il faut. Seuls, le PDP (Parti démocratique progressiste), Ettakattol (centre gauche) et Ennahdha (droite religieuse) émergent du lot par une présence remarquée, notamment sur les supports publicitaires et dans les régions. Enfin, et troisième explication de la désaffection, le calendrier a faussé le jeu. La période réservée à l’inscription a coïncidé avec les vacances, les fêtes familiales de mariage, fiançailles et autres, évènements marqués par les déplacements dans tous les sens. Il faut ajouter la chaleur de la deuxième moitié du mois de juillet qui a contraint les gens à se ruer sur les plages. Et pour clôturer, c’est la ferveur du mois saint de Ramadan qui s’empare des familles et les accapare corps et âme. Néanmoins, les derniers jours ont vu s’accélérer le rythme des inscriptions. La communication est montée en puissance pour convaincre d’aller se faire inscrire. L’Isie (Institution supérieure des élections) a été obligée de prolonger le délai au 14 août, les autorités espèrent dépasser le cap de cinq millions d’inscrits.

    Trop de partis, trop de fuite en avant

    N’ayant pas de solutions à appliquer, ni même à présenter, les partis exercent de plus en plus de pressions sur le gouvernement et les «Instances provisoires» pour réunir les conditions favorables à leur élection à la Constituante. Ils n’arrêtent pas de crier «à l’exclusion» mais se soucient peu des électeurs auxquels ils devaient s’adresser. Ils ont d’ailleurs eu gain de cause puisque le mode électoral retenu est celui du scrutin de listes qui favorise justement les partis et plus particulièrement les petites formations. En effet, celles-ci ont été nombreuses à entrer en scène après la révolution du 14 janvier et à faire plus de bruit que de résultats. Pourtant, plusieurs voix respectées, militants de la société civile, des droits de l’homme, jeunes de la révolution, journalistes, juristes ou politologues… avaient suggéré de choisir des personnalités, indépendamment de leur obédience politique. Mais la suggestion a été repoussée sans compter que des tribuns, notamment ceux du régime déchu, pouvaient soit se faire élire eux-mêmes, ou faire élire les leurs, moyennant l’argent qu’ils peuvent injecter. N’ayant pas d’ascendant sur les foules, très peu de partis se hasardent hors de la capitale. Ceux qui ont osé, ont été empêchés de tenir des meetings et leurs dirigeants ont essuyé sifflets et chahut.

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