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    Titrisation
    «Il y a un effort pédagogique à déployer»
    Entretien avec Hicham Karzazi, DG de Maghreb Titrisation

    Par L'Economiste | Edition N°:3589 Le 05/08/2011 | Partager
    L’apport de la réforme juridique est important
    Fonds de titrisation: ce n’est qu’une question de temps
    Des offres orientées «déficit public»

    Hicham Karzazi, DG de Maghreb Titrisation: «La titrisation ne peut être jugée sur un intervalle de temps de quelques mois. C’est un projet de longue haleine puisqu’il s’agit de développer tout un marché. D’autant plus que le cadre juridique et réglementaire n’a été mis en place que depuis octobre 2010»

    - L’Economiste: En matière de titrisation, la trame juridique est là mais pas encore les projets…
    - Hicham Karzazi: Le chantier titrisation est un chantier qui ne peut être jugé sur un intervalle de temps de quelques mois. C’est un projet de longue haleine puisqu’il s’agit de développer tout un marché qui vient se greffer à un marché financier qui a déjà ses habitudes et ses coutumes. Le point de départ était de mettre en place un cadre juridique et réglementaire qui soit au diapason des besoins des principaux opérateurs économiques. C’est chose faite, mais que depuis octobre 2010 (étant précisé que cela a pris presque 10 ans). A partir de ce moment, il y a eu un effort pédagogique à déployer ainsi que de nombreuses actions de communication, d’animation et de sensibilisation, qui, aujourd’hui, commencent à porter leurs fruits. Cela ne se voit certes pas à l’œil nu, mais en coulisses, l’intérêt s’est considérablement accentué.

    - Quelles sont-elles?
    - Avant d’y répondre, je tiens à souligner que, côté réalisations, et sauf imprévu, deux grandes opérations devraient voir le jour avant la fin de l’année, pour un montant qui avoisine les 3,5 milliards de DH. Ce montant dépasse celui de toutes les opérations qui ont eu lieu en 10 ans. Ce qui en soi constitue un grand pas en avant. D’un autre côté, et comme je l’ai souligné précédemment, nous constatons que l’effet escompté de la réforme de la loi est de plus en plus palpable, puisque l’engouement concerne de grandes entreprises dans des secteurs variés, il s’agit d’établissements publics, de banques, de société de financement, d’entreprises d’assurances et réassurance… et sur des actifs de natures diverses: créances commerciales, crédits de TVA, crédits immobiliers, à la consommation, créances de factoring et de leasing…

    - En dehors de Maghreb Titrisation, y a-t-il de la place pour d’autres opérateurs?
    - Pour le moment, il n’y a que Maghreb Titrisation. Mais il est fort prévisible que d’autres intervenants contribuent au développement du marché. Car, dans le contexte actuel -marqué par une forte pression sur la liquidité, le renforcement des règles prudentielles et l’appétit grandissant des investisseurs institutionnels pour du papier frais et de très bonne qualité-, la titrisation s’impose de facto comme un outil de gestion stratégique auquel les grandes entreprises qui rentrent dans le champs d’application de la loi 33-06, notamment les établissements de crédit, ne peuvent plus tourner le dos. La titrisation devient donc une alternative qu’on ne peut plus ne pas envisager. Ce qui explique d’ailleurs les actions menées en interne par plusieurs banques de la place. A présent, ce n’est qu’une question de temps pour que celles-ci trouvent le business modèle qui leur convient le mieux avant de créer leur fonds de titrisation.

    - Quels sont les scénarii les plus possibles?

    - Il y en a deux qui me paraissent réellement envisageables. Le premier étant de nouer des partenariats avec MT pour la structuration et gestion de fonds de titrisation, et le second serait de créer des entités propres en s’associant à des partenaires locaux et/ou étrangers disposant de l’expertise nécessaire. A noter, à ce propos, que la loi 33-06 prévoit qu’un établissement initiateur (cédant) ne peut pas détenir plus de 33% du capital d’une entité de titrisation qui aura parmi ses missions la gestion des FPCT initiés par cet établissement.

    - Y a-t-il des nouveautés en termes d’offres?
    - Au sein de MT (Maghreb Titrisation), nous travaillons depuis un moment et ce, même avant l’entrée en vigueur de la loi sur de nouveaux montages pouvant répondre à des besoins et problématique réels tels que par exemple la gestion du déficit public. Cela peut se faire à travers un système de privatisation perpétuelle du patrimoine foncier de l’Etat qui s’élève, selon certaines estimations, à plusieurs centaines de milliards de dirhams.
    Dans ce cas, la titrisation permettrait de le privatiser (donc pas d’endettement supplémentaire) sans que l’Etat n’en perde in fine la propriété. D’autres pistes de réflexion et de développement concernent le crédit TVA (qui représente une contrainte de taille dans les plans de financement et d’investissement de grands établissements publics), l’assurance contre les catastrophes naturelles et, last but not least, la radiation des créances des établissements de crédit.

    Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

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