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    Politique Internationale

    Le «lynchage» de Moubarak a commencé

    Par L'Economiste | Edition N°:3588 Le 04/08/2011 | Partager
    Le raïss plaide non coupable
    Des accrochages anti et pro-Moubarak

    Pâle, vêtu de blanc, Hosni Moubarak a parlé à ses fils Alaa et Gamal, aussi habillés en blanc, la couleur réglementaire des prévenus n’ayant pas encore été condamnés

    LE procès de Hosni Moubarak, 83 ans, s’est ouvert mercredi dans la banlieue du Caire. Après une audience de deux heures, le tribunal a levé la séance pour délibération et renvoyé le procès au 15 août. Le raïss, en piteux état, a pris la parole pour plaider «non coupable», ajoutant qu’il «niait complètement les faits». S’il est reconnu coupable de la répression meurtrière du soulèvement de janvier-février, Moubarak encourt la peine capitale.
    Mais ce dernier n’est pas seul dans le box des accusés. La mort de plus de 800 Egyptiens lors du soulèvement est imputée aux anciens symboles du régime, qui l’accompagnent dans la cage en métal. A ses côtés, son ministre de l’Intérieur Habib al-Adli, ses deux fils Alaa et Gamal (qui plaident aussi non coupable) et six hauts dignitaires sont accusés d’avoir donné l’ordre de tuer des manifestants.
    Le procès est diffusé en direct à la télévision d’Etat, qui n’a pas perdu sa place centrale dans l’Egypte post-Moubarak. La place publique attenante au tribunal porte sournoisement le nom de l’ex-président. Des écrans installés y retransmettent en direct le procès à la vindicte populaire. Macabre.
    L’image inoubliable : le grand Moubarak sur cette civière et entourée d’une assistance médicale, perfusions et infirmiers. L’image frappe beaucoup d’Egyptiens et le monde arabe, les yeux rivés sur le box des accusés. Une sécurité drastique a été mise en place dans cette académie de police, où s’effectue le procès. Des barbelés ont été placés devant le bâtiment. Une dizaine de bus de la police antiémeutes en garde l’entrée. Et avant l’arrivée des accusés, plusieurs dizaines de partisans de l’ancien président se sont heurtés à ses opposants.
    Avant sa comparution devant le tribunal, allongé sur une civière, Moubarak n’était pas apparu en public depuis sa démission le 11 février. Ni depuis sa résidence de Charm el-Cheikh, ni depuis l’hôpital de cette ville où il a été admis en avril à la suite d’un problème cardiaque. Sa santé, tabou pendant des années en Egypte, fait désormais l’objet de bulletins très réguliers.
    Selon son avocat, il souffre d’un cancer de l’estomac, mais l’information n’a pas été officiellement confirmée. En juillet, Farid el-Dib a assuré qu’il était tombé dans un coma complet. D’autres sources l’ont décrit comme dépressif ou incapable de marcher, mais sans donner plus de précisions. En mars 2010, il avait déjà été hospitalisé en Allemagne pour une ablation de la vésicule biliaire et le retrait d’un polype du duodénum. Son avocat argumente dans ce sens et évoque un état de santé trop faible pour envisager un procès, qui s’annonce long.

    Karim SERRAJ

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