Courrier des Lecteurs

Courrier des Lecteurs

Par L'Economiste | Edition N°:3588 Le 04/08/2011 | Partager

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Le ministre de l’Habitat dénonce le laxisme des autorités depuis le 20 février. Laxisme qui a favorisé la construction de 20.000 nouveaux bidonvilles, ajoutez à cela les 180.000 marchands ambulants supplémentaires qui bloquent nos rues. Où sont les autorités dans notre pays ou plus exactement pourquoi ce laxisme? Il y a certainement d’autres anomalies moins visibles.
M. C.

Piot-Templier: Il fallait le démolir
Merci d’offrir aux lecteurs la possibilité d’intervenir sur des sujets d’actualité, notamment la destruction de l’immeuble Piot-Templier sur le bd Mohammed V à Casablanca. Une artère au nom prestigieux et qui tombe en décrépitude depuis des années. Cette semaine, les passants découvrent deux chantiers face au Marché central, et constatent malheureusement qu’aucune pancarte n’est affichée pour renseigner le public sur les travaux en cours.
Le premier chantier, il s’agit de l’immeuble dit Templier qui est en cours de démolition, pour ma part et je ne suis pas le seul, je me réjouis de le voir disparaître et espère voir édifier en son lieu et place un bel immeuble réalisé par des architectes marocains. Il ne faut pas pleurer sa disparition ni celle d’autres immeubles que les propriétaires n’arrivent pas à maintenir en bon état. L’histoire est consignée dans des livres, nos enfants pourraient toujours voir comment était le boulevard Mohammed V dans les années 30 en consultant des ouvrages traitant le sujet.
Le deuxième chantier est ce fameux hôtel Lincoln qui a fait couler beaucoup d’encre. Je me demande s’il est vraiment raisonnable d’entreprendre des travaux pareils; qui va payer la facture de tels travaux qui, je pense, ne vont servir qu’à consolider ce qui reste de la façade de cet immeuble.
Combien cela coûte aux citoyens. Merci de nous expliquer tout ce qui se passe au niveau du marché central.
R. B.


Cliniques, et la société civile?
Dans l’affaire de la fermeture des cliniques, le plus désastreux c’est l’attitude du secrétariat général du gouvernement qui n’ose pas prendre de véritable décision. Il laisse la ministre de la Santé seule sur le front alors que ce problème doit être une affaire nationale. Pour une fois que les voix des citoyens ont été entendues, en haut lieu, on s’enferme dans un mutisme lâche. Si des cliniques doivent être fermées, il faut le faire. Il y va de la santé dans notre pays. Et les médecins intègres, qui font le travail consciencieusement, doivent soutenir l’action du ministère. Les mauvaises actions de leurs confrères véreux les éclaboussent aussi.
Mais il faut que la société civile se mobilise. Seulement, y a-t-il quelqu’un, ou une organisation qui parle en son nom pour réclamer que la santé de l’individu devienne la priorité et non un instrument pour s’en mettre plein les poches. Les représentants du gouvernement doivent soutenir Yasmina Baddou au lieu de la laisser se battre toute seule contre une corporation prête à tout pour préserver ses privilèges.
J. M.

Comment booster le climat des affaires?
5 axes majeurs pour un bon climat d’affaires:
1/ En finir avec la corruption: lever les obstacles et les abus de pouvoir qui freinent l’initiative personnelle. Pour créer une entreprise, c’est le parcours du combattant. Entre les procédures administratives et les fonctionnaires parfois peu coopératifs, créer et développer un business sont devenus aujourd’hui un vrai défi. Il faut, et passez-moi l’expression, «recycler le personnel administratif», le former aux exigences élémentaires de l’économie de marché, que sont la réactivité et l’adaptabilité... Mettre en place des procédures de contrôle interne pour assurer la transparence des opérations d’une part, et introduire, d’autre part, dans la gestion publique quelques standards de qualité (normes, certifications...) pour assurer une mission de service public digne de ce nom...
2/ Investir dans l’e-administration: plusieurs pays l’ont fait et ça marche! Il faut absolument que l’administration marocaine se dote de systèmes d’information simples et efficaces assurant une utilisation directe au citoyen/entrepreneur. Eviter les doublons, créer des services spécialisés et dédiés pour une meilleure gestion des demandes/problèmes. Sans parler des avantages substantiels en termes d’économies en dépenses de fonctionnement que présente une telle opération.
3/ La fiscalité comme levier d’action/d’incitation: travailler sur une offre fiscale attrayante pour les jeunes entrepreneurs à fort potentiel. Libérez les énergies de nos talents !
4/ Vers plus d’expertise: gérer la chose publique, c’est bien! Savoir de quoi on parle, c’est mieux ! Il faut absolument que l’administration se dirige vers plus d’expertise. Créer des structures spécialisées dans le conseil en création d’entreprises dans les domaines jugés «stratégiques» (automobile, aéronautique, agroalimentaire, services informatiques...). Pour cela, il faut que l’administration offre les rétributions à même de lutter contre la corruption et d’attirer les meilleurs profils vers elle pour accompagner l’expansion du privé, mais en aucun cas s’y substituer.
5/ L’accès au financement: 95% du tissu industriel marocain est constitué de PME. L’accès au financement est une question cruciale pour le développement de nos PME. Il faut que les banques y aillent! L’Etat peut réfléchir à des montages spécifiques avec les acteurs de la place pour garantir cet accès au financement à un prix compétitif pour les PME jugées «risquées».
Pour les grandes entreprises, c’est une autre histoire, mais quoi qu’il en soit, elles s’en sortent beaucoup mieux grâce à leurs fortes liquidités...
M. T.

Cliniques: Trop d’abus!
Juste un petit témoignage au sujet du comportement des cliniques de notre pays. Mon épouse a été hospitalisée d’urgence dans une clinique de Casablanca. J’ai passé 3 nuits assis sur une chaise à la surveiller, car j’estimais qu’elle pouvait avoir besoin d’assistance à tout moment. Je précise bien: «assis sur une chaise». Avant de quitter la clinique il fallait laisser un chèque de garantie en attendant le règlement des frais par la Mutuelle. Le jour où j’ai été chercher le chèque en question, il fallait payer 600 DH les 3 nuits que j’ai passées assis sur la chaise (à raison de 200 DH par nuit), si non, le chèque allait être confisqué alors que la clinique avait déjà été réglée par la Mutuelle. N’est-ce pas de l’abus ?
B. B.
 

 

                                                          

                                                                                                                                                                             

 

 

RH: Pilier de la régionalisation avancée    

Nul doute que dans la nouvelle Constitution, la région jouera un nouveau rôle moteur pour la gestion, l’aménagement et le développement de son territoire. La gouvernance territoriale sera plus que jamais un sujet d’actualité pour les affaires se référant à la région. Les responsables régionaux devront rendre des comptes, répondre de leurs décisions et choix stratégiques devant les citoyens. Conduire une telle locomotive ne peut se faire sans des hommes dont le savoir-faire et de le savoir-être sont essentiels.
La ressource humaine est indéniablement un élément déterminant de la réussite ou de l’échec des chantiers régionaux. Mais en ce domaine, qu’a-t-on préparé?
Pour cela, s’agira-il de faire les recrutements nécessaires ou d’encourager la mobilité des compétences d’une administration à l’autre ou d’une région à l’autre. Il s’agit de rééquilibrer les compétences au niveau des régions, de dynamiser les administrations et surtout de doter les conseils des régions d’un nombre important de ressources humaines en termes de quantité et de qualité pour qu’elles puissent s’acquitter de leurs missions. Il s’agit aussi de former une certaine élite économique et politique capable de mener à bien les chantiers. Avec la nouvelle Constitution de nouvelles règles de jeu seront définies. Mais sans un climat de confiance et de paix sociale, aucun développement ne pourra voir le jour dans les territoires. La région, en étant un territoire économique, a besoin de renforcer les ressources humaines adéquates pour accompagner les PME (entreprises) dans leur processus de création ou de développement, leur apporter conseil, et leur proposer la formation adéquate, les accompagner dans leurs choix d’investissements en les orientant vers les niches et secteurs à forte valeur ajoutée.
Au Maroc, les plateformes industrielles intégrées où la formation professionnelle sur mesure et de pointe dans des métiers tels l’aéronautique et l’automobile, entre autres, est assurée, font partie de ces pôles de formation, volet important de la stratégie industrielle nationale. Le Maroc, qui compte exporter de l’énergie solaire en Europe, doit développer son secteur recherche et développement (R&D). Ce qui exige des profils adéquats et expérimentés et un environnement propice où ils pourront s’épanouir pour donner toujours plus. Nos entreprises constituées principalement par de petites entreprises (environ 95%) et sont généralement des entreprises familiales, ont besoin d’être alimentées en permanence par un savoir entrepreneurial et technique.
La formation continue permet une mise à niveau de la ressource humaine. La recherche, quant à elle, permet d’ouvrir la porte à l’excellence, à l’affirmation de soi dans la cour des grands. Pour cela il serait judicieux de prévoir des experts pour l’encadrement des programmes de formation continue, pour pallier la faiblesse de l’encadrement au sein de l’administration et des entreprises.
En conclusion, je dirai que réussir le défi de la régionalisation avancée ne repose pas seulement sur la question du budget et des richesses naturelles de la région (nous connaissons tous des exemples de pays développés qui ont réussi avec moins de ressources). Ceci est certes vrai, mais la richesse qui conditionne toujours le décollage ou non de toute région n’est autre que l’élément humain. La formation de cet élément devrait rester une priorité permanente. On n’en finit jamais d’apprendre. Mais une fois formé, on doit être au service du développement de sa région, laquelle n’est autre qu’un levier de développement du pays, une arme dans la compétition mondiale et une immunité contre l’ignorance et l’obscurantisme.
Pour toutes ces raisons, la ressource humaine restera donc un pilier dans l’édifice d’une régionalisation réussie. Il ne revient, alors, qu’à nous de l’utiliser à bon escient et de ne pas la gaspiller froidement. C’est un challenge de taille que nous devons réussir, pour le bien de tous et pour la prospérité de notre chère mère patrie le Maroc.
Zakaria SEFRAOUI


 

                                                                                                                                                                         

 

Quelle analyse faites-vous du discours royal?

Un grand défi est lancé
Le défi est lancé aux acteurs politiques qui veulent le changement. Il s’agit aussi d’une mise en garde à ceux qui refusent le changement. Chacun doit donc assumer sa part de responsabilité et les comptes seront faits dès le lendemain des élections !
H. I.

Du changement
Le Roi aime son pays et veut le changement. Malheureusement, il y a encore une partie de la population qui n’en veut pas, car ce n’est pas dans ses intérêts. A mon avis, la première mesure serait de demander aux politiciens des comptes quant à leur fortune. On aura bien des surprises.
M. A.


Sécurité routière: La mortalité recule, pas l’impunité

La loi
Quand les gens censés faire respecter la loi (gendarmes, policiers, juges…) bravent impunément la loi, acceptent les pots-de-vin, quel changement espérez-vous ? Il faut donner l’exemple et taper dans la fourmilière. Il y a va de la réputation de ce pays et de la sécurité des citoyens. A cause de la corruption, on voit des armes introduites sur le territoire. Nos frontières sont de vraies passoires et tout au long des routes, on peut commettre les pires méfaits tranquillement : on sait qu’un billet pourra tout arranger.
A. L.

Autoroute gratuite, la solution!
Pour diminuer les accidents de la route il faut prendre le modèle allemand. C’est-à-dire offrir la gratuité sur les autoroutes du Royaume. Je sais que l’Etat va perdre de l’argent mais il peut le récupérer d’une autre manière, en augmentant, par exemple, les taxes sur les véhicules. La visite technique doit aussi être plus rigoureuse, il faut imposer la ceinture dans les taxis et lutter sévèrement contre la surcharge des véhicules. Le paradoxe aussi, on arrête un automobiliste qui n’a pas sa ceinture et on laisse les taxis rouler tranquillement.
M. A. 

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