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    Location de voitures
    Un marché saturé

    Par L'Economiste | Edition N°:3561 Le 28/06/2011 | Partager
    Le secteur compte 4.000 entreprises dont seulement 200 sont à niveau
    Concentration géographique, vols de véhicules, faible rentabilité… les difficultés

    L’Association de location de voitures sans chauffeur au Maroc (Alascam) mène actuellement une étude pour déterminer les besoins des 8 nouveaux territoires touristiques

    Les patrons d’agences de location de voitures sont soulagés. Depuis l’entrée en vigueur du nouveau code de la route, ils étaient obligés de régler les amendes infligées à leur clientèle non résidente en cas de dépassement de vitesse, constaté par radar. Les PV arrivant en règle générale une fois le client hors du pays, ils ne pouvaient faire payer leur clientèle non résidente. Un compromis a été trouvé avec le ministère de l’Equipement et du transport. Le principe retenu consiste à enregistrer l’infraction aux postes-frontières. A charge pour la clientèle non résidente d’en régler le montant une fois de retour au pays. Sauf que le taux de retour des touristes ne dépasse pas les 7%. La disposition risque donc de ne s’appliquer qu’aux clients MRE.
    Le marché de la location de voitures courte et longue durée est composé de 4.000 agences. Toutefois, «le nombre de sociétés structurées ne dépasse guère les 200. Parmi les opérateurs, l’on compte une douzaine de franchises, dont Dollar, Hertz, Europcar, Thrifty…», explique Tarik Dbilij, président de l’Association de location de voitures sans chauffeur au Maroc (Alascam). Le secteur compte seulement 7 majors disposant d’un parc de 1.000 à 4.000 véhicules. Selon le président de l’association, le secteur pèse environ 2 milliards de DH.
    Comme pour bon nombre de secteurs, les loueurs de véhicules sont essentiellement concentrés dans cinq grandes villes: Casablanca, Rabat, Tanger, Agadir et Marrakech. Il s’agit des plus grandes destinations touristiques du Royaume. «La mauvaise répartition des opérateurs explique la baisse d’activité qui atteint actuellement 25 à 30% selon les régions», souligne-t-on auprès de l’Alascam. En effet, dans certaines villes, l’offre dépasse largement la demande.
    Outre la mauvaise répartition géographique des opérateurs, le secteur pâtit des vols de véhicules. Un phénomène qui vient grever l’activité des professionnels, d’autant que ce type de délit n’est pas couvert par les assureurs. Pour ces derniers, il s’agit plutôt d’abus de confiance. «Par conséquent, en cas de vol de véhicules, c’est une perte sèche pour les opérateurs et cela arrive malheureusement trop souvent», explique-t-on auprès de la profession.
    «L’activité de location de voitures occupe une place prépondérante dans le secteur du tourisme, puisque notre clientèle est composée à 65% de touristes étrangers», déclare Dbilij. Pourtant, à l’inverse du transport touristique, le secteur de la location de voitures sans chauffeur relève du département de l’Equipement et du transport, mais pas du Tourisme. Or, la double tutelle aurait eu un impact favorable sur le secteur en termes de promotion des intérêts des opérateurs, de réalisation d’études, de statistiques…
    Par ailleurs, les transporteurs des voyageurs et de marchandises se plaignent souvent de la saisie de leur véhicule par la Douane en cas de découverte de drogue, même s’ils ne sont pas impliqués.
    Les loueurs de voitures ne sont pas épargnés, non plus. En cas de saisie, l’opérateur concerné doit entamer une action en justice pour récupérer son véhicule. «La procédure dure au minimum 8 mois. Pendant ce temps, il doit payer l’assurance, verser régulièrement ses traites…». Pis encore, après huit mois d’immobilisation à la fourrière, il n’est même pas sûr de récupérer son véhicule en l’état. Autre doléance des opérateurs, la réduction de 50% de l’IS au titre du chiffre d’affaires réalisé en devises. Le même avantage est déjà concédé aux hôteliers. Ce qui pourrait pousser les loueurs de voitures à inciter leur clientèle étrangère à régler leurs factures en devises plutôt qu’en dirhams. Rappelons que 65% des clients des agences de location de voitures sont des touristes étrangers. La tutelle a mis en place une commission, composée de cadres du département du Transport et de professionnels. L’objectif est de restructurer le secteur. Pour ce faire, un nouveau cahier des charges est en cours d’examen.


    Alignement


    Les professionnels de la location de voitures sont soumis à un taux de TVA de 20% contrairement aux hôteliers et aux restaurateurs, assujettis, eux, à 10%.
    Par conséquent, ils réclament une réduction du taux de TVA car ils se considèrent comme opérateurs touristiques tout comme les hôteliers et les restaurateurs. «Si l’on doit maintenir ce taux, nous estimons que le ministère des Finances devrait au moins rétablir l’exonération de la TVA de 20% appliquée lors de l’achat de véhicule», suggère Dbilij. Ce qui permettrait aux opérateurs de renouveler leur parc de véhicules plus souvent et de mieux s’équiper. Rappelons que cet avantage avait été supprimé en 2006.


    Hassan EL ARIF

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