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Les pharmaciens s’en vont en guerre

Par L'Economiste | Edition N°:1865 Le 30/09/2004 | Partager

. Ils comptent ester en justice contre le réseau de distribution informel . Grosse pression en raison des exigences de la loi. Le nouveau code de la pharmacie très attendu Les pharmaciens d’officines sont à bout. Passablement exaspérée par les pratiques illégales de certains laboratoires pharmaceutiques et de sociétés de répartition, la profession et notamment le Conseil régional des pharmaciens d’officine du Sud compte sortir la grosse artillerie. Principal grief à l’encontre des laboratoires: l’exercice illégal de la pharmacie, à travers la vente directe de médicaments aux médecins, sans passer par le circuit légal de distribution. Ainsi, le Conseil “projette d’introduire une action en justice auprès des tribunaux compétents, en vue de demander réparation des préjudices matériels causés à la profession et le paiement de dommages et intérêts”. Dans une lettre datée du 22 juin dernier, et adressée à ces laboratoires, le Conseil rappelle les dispositions de la loi, qui sont claires à ce propos. L’article 10 du Dahir portant réglementation de l’exercice de la profession de pharmacien stipule que “nul ne peut offrir, mettre en vente ou vendre au public, en dehors d’une officine, des médicaments ou produits présentés comme jouissant de propriétés curatives ou préventives et notamment sur la voie publique, sur les marchés, à domicile ou dans les magasins non affectés à la profession pharmaceutique”. “Et si nous avons pris une telle décision, c’est parce que nous avons épuisé toutes les voies de recours”, indiquent les membres du Conseil. Si une telle pression pèse sur les épaules des pharmaciens, c’est principalement en raison de la complexité, voire même de la caducité de la loi, qui veut que lorsqu’un apothicaire baisse le rideau, il n’a plus le droit d’exercer par la suite. C’est pourquoi le nouveau code de la pharmacie est attendu avec impatience afin de pallier les lacunes. Il fait actuellement l’objet de derniers pourparlers entre le Secrétariat général du gouvernement et le Conseil national des pharmaciens, afin de parachever les derniers amendements. Et laisse entendre une plus grande rigueur dans les conditions d’exercice de cette profession.Rappelons que cette affaire donnera lieu à un phénomène de cannibalisation. En effet, les responsables de laboratoires ne sont autres que des pharmaciens, et que l’action en justice menée contre eux le sera par d’autres pharmaciens. Et c’est en ce sens que le Conseil a tenu à ce que le règlement du litige se fasse à l’amiable. L’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP), estime pour sa part que si l’infraction est constatée, le Conseil est en droit de réclamer son dû.Les médecins ne sont pas indifférents à cette polémique. Si certains déclarent ignorer ce problème, d’autres y trouvent un juste retour des choses. Car selon eux, certains pharmaciens outrepassent leur mission et “ne se gênent plus pour diagnostiquer et prescrire les médicaments aux clients”. En guise de riposte, les pharmaciens évoquent le droit au conseil, puisque selon eux, “il n’est pas interdit de soulager les clients lorsque l’origine de l’indisposition est a priori bénigne et que nous n’établissons pas d’actes médicaux”. Par ailleurs, certains pharmaciens estiment “qu’une défaillance est à relever au niveau du contrôle du ministère de la Santé, et ce, en dépit de l’existence d’une division chargée de cette mission”. Pour Abdelaziz Agoumi, directeur des Médicaments et des produits pharmaceutiques au ministère de la Santé, “le contrôle est assuré pour l’intégralité du circuit légal de distribution des médicaments, à partir de l’autorisation de mise sur le marché jusqu’à la délivrance des produits. Mais dès qu’il s’agit de pratiques illégales, ou de dérives, celles-ci relèvent de la répression des fraudes, qui peut faire appel aux inspecteurs en pharmacie du ministère de la Santé pour l’identification des produits”. C’est on ne peut plus clair. L’irrégularité de l’approvisionnement en médicaments dans les officines n’est pas nouvelle. Le problème touche également les produits vétérinaires. Ainsi, et selon des pharmaciens exerçant dans les zones rurales, certains vétérinaires s’approvisionnent en médicaments directement chez les laboratoires importateurs. Ces mêmes médicaments sont revendus aux fermiers pendant la consultation et à des prix très compétitifs. Le vétérinaire réalise ainsi des marges qualifiées d’exorbitantes: les médicaments ne sont pas taxés car initialement ne sont pas destinés à un usage commercial. Résultats, les fermiers ne s’adressent pratiquement plus aux officines ou le font seulement pour l’achat de médicaments au détail. Houda BENBOUYA

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