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Les carences en micronutriments coûtent 5% du PIB

Par L'Economiste | Edition N°:1916 Le 14/12/2004 | Partager

. Il s’agit de l’équivalent du budget du ministère de la Santé. Près de la moitié des enfants souffrent d’avitaminose A. L’huile déjà enrichie, la farine suit à peine… les minotiers réticentsNos enfants souffrent d’avitaminose. Et nos adultes aussi. C’est un constat alarmant qu’a dressé le ministère de la Santé lors de la rencontre organisée le 9 décembre par le laboratoire BASF, leader mondial de l’industrie chimique, dont le thème s’établissait autour de la fortification des aliments. En effet, 4 enfants sur 10 souffrent d’avitaminose A, la moitié des femmes enceintes souffrent de carences en fer et le tiers des femmes en âge de procréer ont une anémie (carence en fer). C’est également le cas du tiers des enfants âgés de moins de 5 ans. De surcroît, 1/5 des enfants marocains souffrent de goitres. Et toutes ces affections proviennent d’une carence notoire en vitamines, oligo-éléments et sels minéraux. Souvent, la malnutrition est responsable de ces états. En termes économiques, “les carences en micronutriments coûtent au Maroc près de 5% du PIB, soit l’équivalent du budget du ministère de la Santé”, précise Dr Mustapha Mahfoudi, coordinateur de ce programme auprès du département de Biadillah.Pour sa part, l’Unicef chiffrait ces pertes à 260 millions d’euros (2,8 milliards de DH) au Maroc en 2002. Or, la fortification des aliments ne coûtera que 6% de cette somme, précise un responsable de BASF. Les chiffres avancés sont plus que persuasifs, note un industriel.En pratique, la fortification des aliments gagne du terrain. Même si de nombreux efforts doivent encore être réalisés. Après le sel, l’huile, le lait et dérivés, c’est au tour de la farine enrichie en fer d’intégrer le circuit de la commercialisation. Elle est disponible sur le marché depuis trois semaines. Ce produit est fourni par 4 minoteries sur les 11 agréées par le ministère pour la fabrication de ce produit. Côté prix, aucun changement. Et ce, en dépit des dépenses de l’équipement, du contrôle et des prix du prémix (substance permettant l’enrichissement en fer), indiquent les industriels présents lors de cette rencontre. “Ces investissements coûteront à eux seuls, entre 1,20 et 1,30 Dh le quintal”, précise Abdelatif Izem, président de la Fédération nationale de minoterie (FNM).Pour le cas des Moulins du Maghreb, qui commercialisent la farine enrichie sous le nom de Marjana, ce changement entraîne des coûts supplémentaires estimés à 1,2 millions de DH.Reste que du côté des minotiers, rien n’est gagné à l’avance. Ils sont pour la plupart réticents à ce changement. Sur les 140 moulins existants, seuls 11 ont adhéré à ce projet. “Après réflexion, on s’est dit qu’on doit laisser facultative la généralisation des produits enrichis. C’est la loi du marché qui en décidera”, a noté le président de la FNM.“Il est difficile de toucher les minotiers car c’est un secteur assez fragmenté. La plus grande minoterie détient seulement 2% de part de marché”, précise Youssef Ghandi, responsable de la chimie fine pour le Maghreb chez BASF.Face à cette situation, le ministère de tutelle mène depuis novembre dernier une campagne de sensibilisation auprès des opérateurs économiques. Il offre aux personnes désirant basculer vers la production d’aliments enrichis de les accompagner tout au long de ce processus. Il compte “leur faciliter l’acquisition, des produits pharmaceutiques qu’ils nécessitent, sur le marché national, le cas échéant favoriser leur importation”, avance un responsable. Sur ce dernier registre, le département de la Santé a réussi à obtenir une importante réduction des frais de douane concernant l’importation du prémix. Celle-ci passera de 50 à 5%. “La loi est en cours de finalisation. Elle sortira bientôt sur le Bulletin Officiel”, escompte Mahfoudi.Du côté de l’huile, le pari est gagné. “A ce jour, 95% de l’huile de table mise sur le marché est enrichie”, souligne-il. C’est un exploit, vu que ce processus n’a été enclenché qu’à partir de février 2004 suite à la signature d’une convention entre le ministère et l’association professionnelle des fabricants de l’huile au Maroc. Ce qui est loin d’être le cas pour les minotiers. D’autres aliments doivent suivre cette même tendance, à savoir le sucre ou encore les biscuits. A noter que lors de cette rencontre, le laboratoire BASF, qui offre son savoir-faire en matière de fortification aux opérateurs, a présenté un kit de mesure de la vitamine A dans le sucre. Ce procédé sera offert gratuitement au ministère et aux industriels, a annoncé le groupe. “BASF peut être un partenaire aussi bien pour le secteur public que le secteur privé”, précise Hutsu Takachi, responsable de BASF. Et d’ajouter que son groupe est disposé à aider le Maroc à devenir un pays modèle de nutrition à suivre par les pays africains.Pour rappel, BASF est une grande compagnie chimique. Elle fabrique 8.000 produits. Elle est présente en Amérique du Sud et du Nord, en Turquie et en Allemagne.


Avitaminose A: dégâts mortels

Dans le monde, 800 millions d’enfants souffrent de carences en vitamine A dont 250 millions présentent une cécité de nuit et 13,5 millions une sécheresse des yeux. Sur le total de ces enfants mal nourris, 3,1 deviennent aveugles et dans 500.000 cas peut causer la mort. En effet, l’avitaminose A augmente de 25% les risques de décès chez les enfants à la suite de maladie (paludisme, malaria ou diarrhée). La fortification donne 23% de chance de survie pour un enfant.En général, Les carences en micronutriments (A, D, fer et iode) entraînent des complications pendant la grossesse avec augmentation des risques de décès et une hausse des mortalités infantiles. De même, elles sont la source de l’augmentation de la fatigue et de l’apathie, de la baisse des défenses immunitaires, et de la capacité d’apprentissage et du retard du développement psychomoteur. “Il y a même un rapport entre l’échec scolaire des enfants et la nutrition”, souligne Mahfoudi.Nadia DREF

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