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Economie

Environnement
«L’Etat ne peut pas tout financer»
M’hamed El Morabit, secrétaire d’Etat à l’Environnement

Par L'Economiste | Edition N°:1766 Le 12/05/2004 | Partager

Dans cet entretien, le ministre s’explique sur les nouvelles orientations prises par son département ainsi que les chantiers prioritaires. Il annonce notamment le renforcement du contrôle à travers la mise à contribution des inspecteurs de l’aménagement du territoire. Il revient également sur les insuffisances en matière de sensibilisation des entreprises aux mécanismes de financement, pourtant nombreux. - L’Economiste: On a toujours tendance à considérer que les questions liées à l’Environnement ne sont pas toujours érigées en priorité au niveau gouvernemental. Quels sont vos pouvoirs dans ce domaine? - M’hamed El Morabit: Un département ministériel chargé de l’environnement n’est pas un luxe, encore moins un accessoire. De nos jours, la question de l’environnement est primordiale. Les préoccupations sont d’ordre mondial. Sur le plan local, notre premier souci est de renforcer l’arsenal juridique car sans loi sur l’environnement, notre travail sera vain. Il y a eu beaucoup de réalisations. Je citerai à titre d’exemple la loi sur la protection et la préservation de l’environnement qui est venue instituer le Fond national pour l’environnement. Un autre front porte sur la promotion des investissements. Dans le domaine de l’environnement, l’Etat ne peut pas tout prendre en charge car les besoins sont beaucoup trop importants. La coopération internationale tant bilatérale que multilatérale est donc fondamentale. Sur les questions de financement, je tiens à préciser qu’il y a eu un changement radical dans notre stratégie. Avant, la démarche était passive dans la mesure où on nous présentait des opportunités et c’était à nous de les saisir. Aujourd’hui, nous procédons autrement. Nous présentons une politique avec un plan d’action, ensuite nous cherchons le financement. Sur le plan international, le Maroc est particulièrement dynamique à ce niveau mais pas seulement en tant que demandeur d’aides. Je rappelle que nous avons réussi à mettre sur l’agenda du PNUD, le texte sur le code des déchets solides, car hormis une convention du GATT portant sur le problème des déchets transfrontaliers, il n’y avait aucun texte, au niveau des conventions internationales, qui évoque ce problème.- Les lignes de financement et les mécanismes d’aide existant ne semblent pas particulièrement sollicités par les entreprises. Comment expliquez-vous que les décaissements du Fodep, notamment, soient faibles? - C’est vrai. L’argent existe, mais l’implication est quasi absente. Il y a donc des efforts de sensibilisation à renforcer. Par exemple pour le Fodep, nous sommes en train de réfléchir à des moyens pour simplifier les procédures. Autant les grandes structures n’ont pas de difficultés pour y recourir, autant les PME/PMI ont du mal à accéder à ce financement. Nous nous orientons vers une réduction des délais d’obtention de l’aide de 2 à 6 mois, et ce grâce à une cellule du Fodep, que nous avons mise en place. La politique de notre département s’appuie aujourd’hui sur la mise en oeuvre de projets, suivie d’une procédure de financement. - Avez-vous les moyens de vos ambitions ? - Vous savez, la dégradation environnementale coûte plus de 16 milliards de DH au Maroc. Selon nos dernières estimations, ce chiffre n’a pas progressé, mais il y a néanmoins un passif à corriger. Partant, nous pouvons considérer que notre effectif, actuellement de 280 personnes, reste insuffisant. Maintenant, comme pour toute administration, il y a des personnes motivées, qui adhèrent à notre action et d’autres qui ne le sont pas. Pour le volet législatif, nous devons, il est vrai, avoir les moyens de faire respecter la loi. Nous nous sommes mis d’accord avec le ministère de l’Aménagement du territoire,  pour solliciter à cet effet les 16 inspections régionales de l’aménagement du territoire et de l’environnement. Celles-ci seront liées à la fois à notre département et à celui du ministère chargé de l’Aménagement. En matière d’environnement, notre département serait leur unique interlocuteur. Et ces inspecteurs, en cours de formation, deviendraient par conséquent de véritables auxiliaires en matière de contrôle. Nous pensons aussi à la création de postes en matière d’environnement, sans qu’ils constituent un fardeau pour le budget de l’Etat. Nous sommes en train de généraliser les observatoires régionaux de l’environnement pour inciter davantage la société civile. - Quels sont aujourd’hui vos chantiers prioritaires? - Pour nous, tout est prioritaire. Nous avons commencé par sensibiliser les départements ministériels à travers la signature de conventions comme celles qui l’ont été avec le ministère de l’Artisanat, le secteur le plus polluant. Nous avons également initié une expérience baptisée «les kiosques verts». Celle-ci vise à impliquer les jeunes à oeuvrer dans le domaine de la sensibilisation tout en récoltant des bénéfices, dits verts. Un projet pilote a été lancé à Meknès avec l’appui des collectivités locales et des ONG. Maintenant il s’agira de généraliser l’expérience aux autres communes. Notre pays compte 1500 communes, imaginer les retombées si nous arrivions à les toucher toutes.


L’incinération n’est pas une solution

L’incinération au Maroc n’est pas une solution absolue. Nous disposons de 12 fours et 31 incinérateurs. Mais il y a un problème d’entretien qui se pose avec force: L’équivalent énergétique n’est pas rentable. Par conséquent, il vaut mieux s’orienter vers une valorisation de la politique des déchets secs. A cet effet, nous procédons à la mise en place d’un projet pilote avec une association allemande pour trier et recycler les déchets. Le projet sera lancé en premier lieu à Larache. Cette expérience nous permettra d’évaluer le coût et ce dans le but de généraliser l’expérience. Et comme il s’agit d’investissements lourds, nous allons former une cellule pour drainer les bailleurs de fonds.


Un ministre scientifique

M’hamed El Morabit est titulaire d’un doctorat d’Etat ès-Sciences à l’INSA de Lyon et d’un doctorat de 3e cycle, spécialité chimie appliquée, Lyon I. Cet enseignant à l’Université de Meknès a développé une expertise notamment par rapport aux questions d’effluents liquides qui ont fait l’objet de ses travaux de recherche. El Morabit appartient au MNP de Mahjoubi Aherdane.Propos recueillispar Amal Baba Ali

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