×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

“Au rythme actuel, l’éradicationde la pauvreté dans le monde se fera en 2147” Mark Malloch Brown, administrateur du PNUD

Par L'Economiste | Edition N°:1665 Le 18/12/2003 | Partager

. Ayant participé à la conférence du G77 de Marrakech, Mark Malloch Brown contribue aussi à l’élaboration d’une stratégie pour la réalisation des objectifs du développement pour le millénaire en 2015. Il assure la présidence du groupe des Nations unies pour le développement. Pour lui, seule une meilleure équité dans la répartition du commerce mondial pourrait atténuer les effets de la pauvreté. . L’Economiste: Vous êtes un des acteurs des Nations unies pour la réalisation des objectifs du millénaire, dont l’éradication de la pauvreté. Pensez-vous que ceci est réalisable à 2015? - Mark Malloch Brown: Oui et non. Les différences de situations entre les pays pauvres sont énormes. Paradoxalement, dans les pays asiatiques où sont établis plus des deux tiers des pauvres (800 millions) vivant avec moins d’un dollar par jour, l’objectif demeure réalisable, du fait bien entendu du développement économique de la région. Et donc même si les indicateurs sont moyens dans la région, nous restons sur les rails. Pour les pays africains, c’est une autre paire de manches. Vu le contexte économique actuel, l’objectif de l’éradication de la pauvreté ne pourrait être atteint avant 2147. Vous savez, les experts estiment que la communauté mondiale a besoin plus que jamais d’un grand saut décisionnel pour accroître la croissance économique et offrir un commerce plus équitable avec une meilleure répartition de la richesse et un renforcement de l’Etat de droit. Un saut qui doit être accompagné d’actions concrètes. Lorsque cette décision sera prise et que les investissements augmenteront dans les pays pauvres, que les gouvernements de ces derniers feront de la lutte contre la pauvreté et le développement social des priorités, dans ce cas-là et uniquement, il serait possible d’atteindre l’objectif du millénaire. . Alors un groupement comme celui du G77 avec ses conférences pour un renforcement de coopération Sud-Sud est illusoire? - Pas du tout. Il faut rappeler que 40% du commerce international est réalisé à travers les pays développés. Or, la coopération Sud-Sud a beaucoup à donner. Ne prenons pas l’exemple du Maroc ou de la Tunisie où l’accès aux marchés mondiaux est plus ou moins facile. Ce n’est pas le cas pour une grande partie de pays africains encore enclavés. Le seul moyen pour eux d’émerger est de renforcer la coopération régionale et ensuite une coopération Sud-Sud, bien entendu avec l’aide de pays plus développés dans le groupement. Et tout le monde y trouvera son compte. Il est impératif de changer la vision schématique d’une coopération Nord-Sud. L’expérience la plus édifiante est celle de la Chine qui, malgré plusieurs contraintes, est aujourd’hui un levier économique pour l’Asie. Aujourd’hui, avec ses actions, ce pays concurrence les USA et le Japon en Asie. Sur le plan économique, il en a profité au niveau de l’import comme de l’export. Il est donc tout à fait utile de consacrer des réunions pour le renforcement de la coopération Sud-Sud. . Justement, ne voyez-vous pas que l’on parle beaucoup dans ces conférences sans actions concrètes. Comment alors intégrer les pays en développement dans le commerce international? - Si des pays en développement ont raté la révolution industrielle, ils ne doivent surtout pas rater la révolution technologique. Un des objectifs de Marrakech est la création de réseaux de commerce régionaux. Cela sous-entend la création d’une véritable volonté de coopération. Les expériences d’Asie peuvent être le point de départ pour échanger les idées et évaluer les chances. Il en est de même des expériences comme celle du Maroc ou de la Tunisie qui mènent des programmes pour éradiquer la pauvreté. Le plus important demeure à mon avis l’investissement dans l’éducation, seul moyen pour un développement durable. Intégrer les pays en développement dans l’économie globale dépend d’un grand effort pour dépasser les problèmes structurels. Des efforts qui doivent être fournis tant au niveau des infrastructures (routes...) qu’au niveau technologique. . Il est souvent reproché aux organisations internationales de ne pas soutenir suffisamment les pays pauvres, notamment face aux conséquences parfois négatives de la mondialisation. - Encore une fois, ce sont plus les pays fortement enclavés qui ont souffert des conséquences de la globalisation. L’assistance des ONG dépend des moyens et des fonds dont nous disposons. Bien entendu, nous essayons de les augmenter.. Le gouvernement marocain vous remettra aujourd’hui son rapport national sur les objectifs du millénaire et ses actions dans ce sens. Qu’attendez-vous exactement? - Nous attendons évidemment une grande implication des gouvernements dans la lutte contre la pauvreté, la décentralisation des pouvoirs, la promotion des droits de l’homme, l’éducation notamment en milieu rural… Je ne connais pas encore la teneur du rapport mais je sais que le Maroc a fourni beaucoup d’efforts dans ces domaines. J’espère aussi que le programme présenté sera respecté.


PNUD à Marrakech

Depuis plusieurs années, le PNUD mène au Maroc et particulièrement dans la région de Marrakech-Al Haouz-Tensift, considérée comme une des régions prioritaires du Maroc, des programmes de coopération pour le développement durable. Sur place, c’est un village de potiers dont l’épanouissement revient aux actions de l’Agenda 21 pour le développement durable avec le financement de fours à gaz. Le PNUD mène également des projets pour le développement urbain dans la vallée d’Asni, notamment pour les maisons d’énergie. De même que d’autres programmes, dont les clubs de l’environnement dans les écoles de Marrakech, ont été initiés cette année. Propos recueillispar Badra BERRISSOULE

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc