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Culture

«Man Push Cart«, une adaptation moderne du mythe de Sisyphe

Par L'Economiste | Edition N°:2153 Le 17/11/2005 | Partager

Ramin Bahrani est un jeune réalisateur américain d’origine iranienne. Son premier film «Man Push Cart», l’histoire d’un immigré pakistanais vendeur ambulant à New York, est en compétition. - L’Economiste: Comment avez-vous accueilli la sélection de «Man Push Cart» pour la compétition?- Ramin Bahrani: J’étais ravi. C’est un honneur pour un réalisateur que son film soit vu dans les festivals. De plus, à mon avis, le sujet de «Man Push Cart» a un écho particulier au Maroc. - D’où vous est venue l’idée du film?- Je suis intéressé par les choses qu’on ne montre jamais au cinéma. Ahmad, le personnage central, est l’antithèse d’un héros. Je voulais qu’il en devienne un. «Man Push Cart» est une adaptation moderne du mythe de Sisyphe, une illustration de l’absurdité de la vie.- Ce film a-t-il un écho spécifique dans le contexte politique mondial?- Mon personnage est Pakistanais, musulman et vit à New York. Lors du tournage, parce que mon acteur, Ahmad Razvi, et moi-même sommes typés, les gens dans la rue nous regardaient comme des terroristes. Je voulais justement que mon film montre une personne qui ne se mêle ni de politique ni de religion, mais qui veut simplement faire son travail avec dignité et honnêteté. Il veut juste survivre en toute tranquillité. Parfois, on a tendance à oublier que la personne qui vous sert un café est un être humain et qu’il a droit au respect. - Le film est assez noir mais vous voulez croire qu’il est porteur d’espoir…- Beaucoup de spectateurs m’ont dit que le film était désespéré. Je laisse chacun libre de ressentir ce qu’il veut. Moi, je vois dans Ahmad un homme qui se bat pour survivre, même s’il ne semble pouvoir aller nulle part et qui est, malgré ça, capable d’être aimable et parfois heureux. J’appelle ça de l’espoir que de continuer à y croire. - Vous avez une manière de filmer particulière qui appuie parfaitement votre propos. Pour vous, l’image et l’histoire ne font-elles qu’un?- L’image, le montage, le son, le jeu d’acteurs, tout ça ne font qu’un. Je pose toujours ma caméra le plus loin possible des personnages afin qu’elle ne soit pas intrusive mais objective, presque indifférente. Je veux que le spectateur ait l’impression d’assister à une scène banale, comme si la vie de cet homme se déroulait sous ses yeux.- Parlez-nous de la rencontre avec Ahmad Razvi, votre comédien. Ce n’est pas un acteur professionnel. Il m’a accosté lors d’un de mes repérages pour savoir ce que je faisais. Comme il avait été vendeur ambulant, nous avons beaucoup discuté. Puis, nous sommes devenus amis et je lui ai demandé d’interpréter le rôle qui s’est enrichi de nos deux expériences.Propos recueillis par Maya Jdaïni

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