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Régions

Fès-Parkings: La nouvelle SDL suscite une vive polémique

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5861 Le 09/10/2020 | Partager
Des duels intéressants entre l’opposition et le maire PJD
La population dénonce un traçage aléatoire en zone résidentielle
Après 2 ans de débats, le PI réclame l’annulation du projet

La société de développement locale (SDL) «Fès-Parkings» continue de susciter des duels «constructifs» entre majorité et opposition au Conseil communal. Le dernier en date a opposé l’élu PI Allal Amraoui et le maire PJD Driss El Azami El Idrissi. C’était lors de la session du mois d’octobre, initialement dédiée au budget 2021 et à l’approbation des conventions. Décryptage.

■ Plusieurs irrégularités soulevées par les élus du PI

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Ce 6 octobre 2020, dès l’ouverture de la session, les conseillers PI interrogeaient le maire sur les sujets «brûlants». En tête, figuraient les critères de distribution des paniers aux familles nécessiteuses durant le confinement, le soutien des associations et la «surfacturation opérée par la Radeef et dénoncée par les bénéficiaires des aides de l’Etat». Mais, la pomme de discorde reste celle du «traçage aléatoire des parkings un peu partout en ville, y compris au niveau des quartiers résidentiels». A ce titre, le maire Driss El Azami El Idrissi avait reçu plusieurs lettres de dénonciation auxquelles «des réponses objectives ont été fournies». «L’objectif de nos interrogations est de mieux comprendre la situation, participer au développement, et opérer des ajustements», tempère Jaouad Hamdoun, président du groupe des conseillers PI. Son colistier Allal Amraoui était beaucoup plus impulsif. Il a d’abord, rappelé le processus de validation de la SDL avant d’évoquer «certaines irrégularités qui ont entaché cette opération». La première concerne, selon l’élu, la «divulgation, en février 2018, des termes du cahier de charges, aux sociétés en compétition. Et ce, avant sa validation par l’autorité». Ce qui «constitue un précédent impardonnable».

■ Les dérives de la SDL
La 2e «dérive» évoquée par Amraoui est relative aux changements opérés sur le cahier de charges «sans consulter l’assemblée communale». En effet, «le comité de pilotage de la SDL, qui  s’est réuni le 4 août dernier, devait se conformer au contrat (notamment les articles 8 et 15) approuvé en février 2018, et ne décider aucune révision des termes contractuels», explique l’élu de l’opposition. Ce comité a paradoxalement «supprimé une zone d’exploitation (zone A) et étendu une autre… Or, ceci ne lui est pas permis. Car, les révisions doivent s’opérer à l’issue de chaque période quinquennale, à compter de la date d’entrée en vigueur du contrat», souligne-t-il. «Cette décision devait faire l’objet d’un avenant, préalablement approuvé par délibération du conseil communal de la ville de Fès», lit-on dans le cahier de charges (L’Economiste détient copie de tous les documents relatifs à la SDL Fès-Parkings, approuvés par la Commune). Outre le changement des termes du contrat, le député dénonce «l’exclusivité et le monopole donnés à la SDL sur toutes les places de stationnements actuelles et futures (pour une durée de 26 ans), la perte de recettes de la rubrique du stationnement estimées à 15 millions de DH (depuis 2018), ainsi que le délai de réalisation du parking souterrain de Florence (74 millions de DH) et l’absence d’indication par rapport à la prise en charge des travaux liés au changement ou déplacement des réseaux d’eau, assainissement, électricité… de la place de Florence». Aussi Amraoui demande-t-il une session extraordinaire pour annuler la SDL et l’octroi de ce secteur à des délégataires marocains, conformément à la dernière note du chef du gouvernement.  

■ Allégations et contradictions

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Pour sa défense, le maire, Driss El Azami El Idrissi répond du tac au tac à toutes les allégations de son rival. Selon le premier responsable de la ville, «la SDL Fès-Parkings a suivi une voie légale (loi sur les marchés publics, adoption par les élus et validation par les autorités), un processus présenté, discuté et voté depuis 2 ans déjà. «Un projet qui a été approuvé à la majorité en dépit d’une opposition minoritaire», souligne le maire. Ce dernier a toutefois, nié toute «extension du périmètre de stationnement, tout comme le monopole attribué à la SDL», ajoutant que «la société paiera à la commune une redevance annuelle de 6 millions de DH, en plus de 51% de ses bénéfices». Autre précision: «le terrain de la place de Florence vient d’être enregistré au nom de la mairie. La SDL s’engage à y aménager un parking souterrain pour une enveloppe de 74 millions de DH».

■ Attention au populisme
S’agissant de la polémique liée aux anciens délégataires, le maire s’est dit surpris de voir «des sociétés qui n’avaient pas participé à l’appel à manifestation d’intérêt venir contester son résultat» et surenchérir en proposant le double de la redevance. C’est «hallucinant», tout comme cette proposition d’octroyer ce marché à des sociétés marocaines. «Devrions-nous chasser les sociétés étrangères qui offrent des emplois à nos jeunes?», s’interroge le maire alertant quant aux méfaits du «populisme». El Azami a promis de provoquer une réunion (virtuelle) de la commission des services pour élargir le débat sur la SDL. Sur un autre registre, il a mis en avant le bilan de ses actions durant le dernier semestre annonçant «le lancement imminent des travaux de restauration du complexe culturel Al Hourria, la mise à niveau de la gare routière et la poursuite des travaux du jardin botanique». Ces chantiers seront financés grâce à une subvention de 12 millions de DH octroyée par le ministère de l’Intérieur. 

                                                                            

Des projets, malgré un budget en baisse

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(Ph. L’Economiste)

Les élus de Fès ont adopté un budget prévisionnel de l’ordre de 695 millions de DH au titre de 2021. Cette enveloppe est en baisse de 6,76% (47 millions de DH) par rapport à 2020. L’assemblée a également adopté des conventions pour la création de 2 centres de santé de proximité, le transfert de la gestion des terrains de proximité, et pour la réalisation d’un schéma directeur des ZI de la région. La mairie a aussi approuvé la création d’un institut de formation professionnelle dans les métiers de construction et des travaux publics à Fès, dans le cadre d’un partenariat entre les secteurs public et privé, avec un financement de l’agence Millennium Challenge Account-Morocco (MCA-Morocco).

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

 

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