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Société

Crimes contre les enfants: Les agressions sexuelles en pole position

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5851 Le 25/09/2020 | Partager
Plus de 3.000 cas sur 7.263 affaires enregistrées
Plus de victimes chez les filles que les garçons
Dans la majorité des cas, l’agresseur est étranger à la famille
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Les agressions sexuelles sont en tête des crimes et délits dont sont victimes les mineurs (voir illustrations)! Dans plus de 3 cas sur 5, le viol d’un enfant est perpétré par une tierce personne. Elle est souvent étrangère à la famille comme se fut le cas dans l’affaire de Tanger. C’est également un adulte dans 92% des dossiers enregistrés, constate  la présidence du ministère public (voir encadré). Des mineurs commettent aussi des agressions sexuelles même si ce fait reste marginal: viol, viol avec ou sans violence, tentative de viol. Leurs auteurs sont principalement des garçons: 808 cas sur 810.  

Un autre état des lieux donne froid dans le dos. Les filles sont plus exposées aux agressions sexuelles que les garçons: 2.658 victimes pour les premières contre 547 pour les seconds.
Plus globalement, les filles représentent plus de 66% des victimes quelle que soit la nature de l’infraction: assassinat, viol, exploitation sexuelle à des fins commerciales, traite humaine de mineurs, violence, abandon de famille...
Autre indicateur, l’ensemble des délits et crimes ciblant des enfants a connu une petite hausse. Ils sont passés d’environ 6.000 en 2017 à plus de 7.000 en 2018.

Cette progression s’est-elle confirmée l’année d’après? Le ministère public tarde à publier son dernier rapport d’activité. «En principe, il devait le faire en février 2020», confie une source interne sans préciser le motif de ce retard.   
Les données disponibles sont toutefois riches d’enseignements. «Les agressions sexuelles se classent largement en tête des actes criminels dont sont victimes des mineurs. Le recours à la violence physique y prédomine», relève la présidence du ministère public.

Le viol et le meurtre du petit Adnan en septembre 2020 à Tanger jette une lumière crue sur ce type d’infraction. «Cela nous rappelle la réalité de la violence à laquelle sont exposés les enfants quotidiennement. Les mesures préventives de protection des mineurs sont les plus rentables à long terme. Il est indispensable d’accélérer leur renforcement afin de réduire les risques et de prévenir la violence contre les enfants», plaide l’antenne marocaine de l’Unicef suite à l’assassinat de Tanger. L’idée est de consolider notamment le maillage des cellules de protection de l’enfance au sein des hôpitaux publics et tribunaux. Le personnel médical et les assistantes sociales détachées à la justice sont des donneurs d’alerte. 

Par ailleurs, l’agression sexuelle de la défunte victime âgée de 11 ans n’est pas un cas isolé. Plus de 3.000 forfaits ont été recensés il y a deux ans avec le recours récurrent à la violence.
De leur côté, les violences physiques et économiques inquiètent également. Elles arrivent juste en deuxième position dans le classement des infractions en 2018.
Les coups et blessures engendrent le décès de la victime (24 affaires), un handicap (54 affaires) ou une incapacité physique temporaire inférieure ou supérieure à 20 jours. Dans ce dernier cas de figure, les données officielles comptabilisent plus de 1.500 affaires.

A l’instar des agressions sexuelles, la violence physique émane surtout de personnes tierces à la famille. Les agissements du père, de la mère, du frère ou de la sœur restent en revanche insignifiants au vu des statistiques judiciaires.
La société marocaine souffre d’une autre plaie. En effet, la violence économique se matérialise essentiellement par l’abandon de famille. Des «pères» refusent de payer la pension alimentaire de leurs enfants...

                                                                                  

Indicateurs de risque: Intégrer le lieu du forfait

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Une précision importante s’impose pour disposer d’une vision nuancée des crimes et délits commis contre des enfants. En 2018, le ministère public a recensé 7.263 affaires, toutes infractions confondues. Y compris les agressions sexuelles. La procédure pénale exige l’ouverture d’enquêtes supervisées par les procureurs du Roi. 

Les chiffres que dévoile L’Economiste ne concernent pas les affaires jugées, et encore moins de manière définitive. L’intérêt de cette précision est de permettre à nos lecteurs d’avoir la perception la plus correcte des infractions ciblant des mineurs. De ne pas déformer non plus un constat  judiciaire au risque de nourrir la panique et les passions.

Il serait par ailleurs judicieux d’enrichir ses statistiques. Certes, elles renseignent sur le statut des auteurs (parents, personnes tierces, employeurs...). Les chiffres judiciaires indiquent aussi le sexe de la victime et la nature de l’infraction. Pourquoi ne pas mentionner aussi le lieu du forfait: zone urbaine ou rurale, espace public ou privé... Ses informations peuvent sensibiliser encore plus l’opinion publique. Particulièrement les familles voulant protéger leurs progénitures en étant plus informées sur les indicateurs de risques.

Faiçal FAQUIHI

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