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Economie

L’UMT veut une loi sur les plans sociaux

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5845 Le 17/09/2020 | Partager
Sa proposition n’a pas eu d’écho auprès du gouvernement
Le syndicat recommande une baisse de l’IR et la généralisation de l’IPE
Miloudi Moukharek: «Le projet de loi sur les syndicats s’apparente à un code pénal»
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Miloudi Moukharek, secrétaire général de l’UMT: « Est-ce le moment opportun pour ressortir le projet de loi sur la grève qui risque de rompre la paix sociale? La priorité n’est-elle pas de réfléchir au moyen de sauver l’emploi?» (Ph. L’Economiste)

- L’Economiste: Quelles sont les remontées du terrain sur la situation des entreprises? Une vague de licenciements se prépare-t-elle?

- Miloudi Moukharek: De nombreuses entreprises ont commencé à licencier sans respect du code du travail et devant l’immobilisme du ministère du Travail. Elles ne recourent même pas à des accords à l’amiable. Chaque semaine, nous avons des centaines de salariés mis à la porte dans le textile, la métallurgie et les services. Dans ce dernier secteur, les licenciements abusifs sont monnaie courante. Malheureusement, le gouvernement ne veut ni entendre ni prendre conscience de la crise sociale qui attend le pays.

- Que propose l’UMT au patronat et au gouvernement?
- Nous sommes dans une situation économique exceptionnelle. Nous avons proposé au gouvernement de négocier une loi sur les plans sociaux, mais nous n’avons obtenu aucune réponse. Cette loi pourrait organiser les séparations en assurant, par exemple, des départs aidés, un redéploiement vers d’autres unités, une reconversion professionnelle voire même la possibilité de mettre le personnel en congé avec ou sans solde tout en maintenant les allocations familiales. En France, par exemple, cette loi existe. Elle compte un certain nombre de mesures obligatoires telles que des actions de formation ou de validation des acquis.  Ceci étant, toutes les entreprises ne sont pas en difficulté. Il faut que la solidarité fonctionne en cette période de crise. Il ne faut pas jeter les salariés dans la rue sans filets sociaux.

- La CGEM demande une refonte des conditions d’octroi de l’indemnité pour perte d’emploi. Etes-vous favorable à cette mesure?
- C’est une vieille revendication de l’UMT. Il faut améliorer cette prestation, faciliter les procédures et l’étendre à d’autres secteurs. Nous sommes pour son extension au secteur public et semi-public. Pour cela, il faut une volonté politique. L’amélioration de l’indemnité pour perte d’emploi a déjà été soulevée au conseil d’administration de la CNSS. Malheureusement, ce conseil s’apparente plus à une caisse d’enregistrement et non pas à une instance décisionnelle. Le ministère des Finances, chargé du contrôle financier, s’oppose aux décisions stratégiques alors que l’Etat ne verse rien au budget de la CNSS.

- La hausse du smig n’est pas appliquée par toutes les entreprises surtout celles qui passent par des difficultés.
- A l’UMT, nous n’approuvons pas un report systématique. Cette hausse est le résultat d’un accord tripartite et elle a fait l’objet d’un décret. Nous sommes un syndicat responsable et nous ne pouvons exiger des entreprises de s’endetter pour assurer le versement de cette hausse aux salariés. Nous avons demandé à nos représentants de trouver des solutions en interne ou d’imaginer des mécanismes pour ne pas alourdir les charges des employeurs. C’est au cas par cas, voire secteur par secteur.

- Le projet de loi sur la grève a refait surface et encore une fois les syndicats s’y sont opposés.
- Le gouvernement a encore une fois agi de manière unilatérale sans la moindre concertation avec le mouvement syndical. D’un point de vue méthodologique, nous avons un accord avec le gouvernement sur la concertation et la communication. Mais, il n’a pas respecté cet engagement. Sur le timing, nous avons beaucoup d’interrogations: Est-ce le moment opportun pour ressortir ce projet qui risque de rompre la paix sociale? La priorité n’est-elle pas de réfléchir au moyen de sauver l’emploi ? D’ailleurs, nous avons saisi les partis politiques, les groupes parlementaires, etc. Ceci étant, nous avons également reçu le projet de loi sur les syndicats. Il est rétrograde, répressif et interdit tout simplement le mouvement syndical au Maroc. Il prévoit des autorisations, des délais suspensifs et dédie 17 articles aux sanctions pécuniaires et aux peines d’emprisonnement. Ce texte s’apparente plus à un code pénal.  

- Quelles mesures l’UMT compte-t-elle proposer pour le projet de loi de finances 2021?
- Nous avons toujours demandé une refonte de la grille de l’IR. Nous sommes pour une baisse de cet impôt prélevé à la source pour les salariés du privé et des fonctionnaires. Cela donnera un peu plus de pouvoir d’achat. Cette période de crise reste le meilleur moment pour revoir la grille de l’IR. Il faut également que le projet de loi de finances prévoie une indemnité pour perte d’emploi pour tous les salariés du secteur privé et du public. C’est un filet social important durant cette conjoncture difficile. L’Etat doit également investir et mettre tous les moyens possibles dans la santé, l’éducation et l’emploi.  

- Que devient le dialogue social?
- Nous sommes pour une culture du dialogue et de la concertation et non la confrontation. Nous appelons donc le gouvernement à changer d’approche pour instaurer un climat serein. Depuis le début de la crise, nous avons tenu des réunions en ligne avec nos instances au niveau central et régional et nous assurons ainsi le suivi de la situation sur le terrain. Ceci étant, nous devrions mettre en place une charte sociale. Plus exactement, un nouveau contrat social pour le monde du travail.

Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

 

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