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Economie

Le licenciement économique tente de plus en plus les entreprises

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5845 Le 17/09/2020 | Partager
Plan social ou liquidation judiciaire? Des dirigeants consultent
Des praticiens du droit s’attendent à des fermetures en série
Risque-pays et envolée des impayés bancaires comme indicateurs

Est-ce la saison des licenciements économiques? Le sujet interpelle à l’heure où la pandémie du coronavirus a pris en otage plusieurs villes comme Casablanca, le poumon économique du Royaume. Des inquiétudes fleurissent ici et là contre les abus. Surtout après le feu vert du ministère de l’Intérieur au plan social de la compagnie aérienne RAM.

«Le simulacre de procédure (...) va ouvrir la voie à l’utilisation massive des licenciements économiques et plonger des milliers de nos concitoyens dans la précarité», s’inquiète l’Association marocaine des pilotes de ligne. Ses craintes interviennent dans le cadre du plan social engagé par la Royal Air Maroc (RAM). La corporation des pilotes les a signifiés, le 17 août 2020, dans une lettre adressée à la gouverneure de Hay Hassani, à Casablanca, Khadija Benchouikh.

Même son de cloche chez l’Union marocaine du travail (UMT). Le syndicat s’est déjà prononcé sur «l’illégalité de la procédure des licenciements» tout en avertissant qu’il «ne ménagera aucun effort pour défendre les intérêts du personnel» de la RAM.  
Ce cas inédit semble inspirer des managers dans leurs recherches d’une solution de crise. Des banquiers pronostiquent d’ailleurs des mises à la porte massives.  «Je m’attends à des licenciements économiques avec l’apparition de motifs jusque-là jamais utilisés sur le plan procédural comme la non-atteinte d’objectif de production par un salarié ou la perte d’employabilité», témoigne sous le sceau de l’anonymat un responsable juridique d’une grande banque.

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Début avril 2020, environ 142.000 entreprises ont déclaré au HCP avoir arrêté définitivement ou temporairement leurs activités. L’hébergement et la restauration sont les plus touchés par la crise sanitaire: 89% des entreprises en arrêt. Viennent ensuite le textile et cuir, puis les industries métalliques et mécaniques.  La promotion immobilière n’a pas été non plus épargnée: 60% des entreprises en arrêt d’activité

Les prévisions du secteur bancaire sont nourries par les créances en souffrance: 77 milliards de DH à fin juillet 2020. Les impayés de crédits à la charge des entreprises est de 44 milliards de DH. Ce qui représente plus de 14% sur un an, selon les statistiques monétaires. La Banque centrale s’attend à une hausse des créances en souffrance. Ses prévisions confortent relativement celles émises auparavant par la compagnie d’assurance-crédit Euler Hermes. «La situation se dégrade pour plusieurs pays y compris pour le Maroc qui voit sa cote de risque révisée. Elle passe du risque faible à risque modéré» (Cf. L’Economiste n° 5733 du 3 avril 2020).
Le marasme économique aura certainement des conséquences sociales.

Des avocats ont déjà alerté sur une grosse vague de procédures collectives: plan de sauvegarde, redressement judiciaire et liquidation (Cf. L’Economiste n° 5772 du 1 juin 2020 et n° 5828 du 25 août 2020). Certains praticiens du droit constatent également une hausse des consultations sur l’opportunité d’un licenciement massif.
«Nous recevons plusieurs demandes de conseil au sujet du licenciement économique. Nos clients réfléchissent à ce scénario et notamment sur son coût financier», confie l’avocat Kamal Habachi qui exerce à Casablanca. Les secteurs les plus touchés sont le tourisme et le textile ainsi que quelques industries, constate le praticien. Il y a même «un arrêt d’activité total chez des sociétés de services».

Des professionnels de l’événementiel confirment cet état des lieux tout en écartant l’option des licenciements (Lire article). «Certes la situation est très difficile. Mais humainement, je ne peux pas licencier un collaborateur à cause d’une crise...», reconnaît la présidence de l’association Moroccan Travel Management Club (MTM Club).  

L’option n’est pas tout à fait écartable. Le discours patronal dominant a toujours plaidé pour la flexibilité du code du travail. En temps de crise cela se traduit par «la réduction de la masse salariale pour sauver l’entreprise». Un «vrai dilemme», reconnaît le management de S’Tour, Azzedine Skali.

                                                              

Paix sociale ou survie d’une entreprise? 

Tailler dans les postes salariaux est-il l’unique solution? A part l’obtention d’un délai de grâce chez les créanciers, le redressement judiciaire ou le licenciement économique figurent parmi les scénarios envisageables. «Pour certains de nos clients, ce type de licenciement semble la solution la plus appropriée. Car une liquidation risque de traîner des années et n’est pas acquise d’office auprès des juges. L’indemnisation intervenue dans un plan social limite la casse par rapport à un licenciement classique. Encore faut-il en avoir l’autorisation des autorités locales», analyse le cabinet d’avocats d’affaires Habachi & Bakouchi.
En cas de demande de licenciement économique, la décision d’un gouverneur et de la commission provinciale qu’il préside fera face à une équation difficile.

Faiçal FAQUIHI

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