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Brexit: «L’heure est aux explications…»

Par L'Economiste | Edition N°:5841 Le 11/09/2020 | Partager
Londres confirme vouloir modifier l’accord, l’UE convoque une réunion
Les négociations risquent d’être bloquées

Londres a accueilli jeudi 10 septembre une réunion d’urgence avec l’UE pour justifier sa volonté de revenir sur l’accord de Brexit. Ce qui a semé la zizanie en pleine phase finale de négociations poussives sur la future relation entre le Royaume-Uni et les 27. Les Européens ont donc convoqué une réunion extraordinaire du comité mixte chargé de superviser l’application du texte.

Le vice-président de la Commission européenne, le Slovaque Maros Sefcovic, est arrivé jeudi matin à Londres pour rencontrer le ministre d’Etat britannique Michael Gove. Le but «est d’obtenir des clarifications du Royaume-Uni quant à l’application pleine et entière, et à la date prévue, de l’accord de retrait», a expliqué le porte-parole de l’exécutif européen, Eric Mamer.

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Cette poussée de tensions vient plomber une nouvelle session de négociations contre la montre avec l’UE. Elles sont censées aboutir dans les prochaines semaines pour définir les modalités de coopération, en matière commerciale et sécuritaire notamment, entre les anciens partenaires au terme d’une période de transition post-Brexit s’achevant fin décembre.

Les discussions calent, butant notamment sur la pêche et les conditions de concurrence équitable et font craindre un «no deal» destructeur pour l’économie. Le temps presse, Bruxelles voulant un accord d’ici à la fin octobre pour permettre une ratification dans les temps. Le Premier ministre Boris Johnson a averti de son côté que faute de compromis d’ici au sommet européen du 15 octobre, il se satisferait d’un «no deal».

Si malgré tout le Royaume-Uni persiste et signe, il encourt «le risque d’une action de l’UE qui pourrait le conduire jusque devant la Cour européenne de justice», selon un document de travail des ambassadeurs de l’UE, repris et cité par l’AFP.

Le controversé projet de loi britannique sur le marché intérieur veut revenir «de manière très spécifique et limitée», selon Londres, sur le protocole concernant l’Irlande du Nord, qui définit le régime douanier de cette province britannique.

Ce texte vise à garantir l’absence de frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, membre de l’UE, et à éviter la résurgence de tensions dans cette région. Laquelle a été ensanglantée par trois décennies de «troubles» jusqu’à la signature de l’accord de paix du Vendredi saint en 1998. Mais le retour de contrôles douaniers fait craindre un regain de tensions. Il s’agit de «protéger notre pays contre l’interprétation extrême ou irrationnelle du protocole, qui pourrait conduire à une frontière en mer d’Irlande d’une manière qui, à mon avis, serait préjudiciable à l’intérêt de l’accord du Vendredi saint et préjudiciable aux intérêts de la paix dans notre pays», a justifié Boris Johnson devant les députés mercredi dernier.

La décision britannique a suscité une pluie de critiques, jusque dans le camp conservateur au pouvoir, y compris de la part d’anciens chefs du gouvernement, de Theresa May à John Major. La manœuvre pourrait notamment saboter les négociations du Royaume-Uni avec d’autres pays. Et ce, en particulier les Etats-Unis avec lesquels il entend décrocher un accord de libre-échange ambitieux avant la fin de l’année.

F.Z.T. avec agences

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