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Dossier Spécial

Tourisme: Le jour de la révolution forcée

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5814 Le 29/07/2020 | Partager
Le Covid a démontré les limites de l’actuel modèle
La croissance pourrait connaître un recul de 10 ans n Le renouvellement du produit et de la sûreté sanitaire, les nouveaux challenges

Les temps seront durs pour le tourisme durant les prochaines années. Même avec un plan de relance, le secteur continuera de subir les effets de la crise inédite du Covid qui a causé autant de dégâts (fermeture des frontières, arrêt établissements, chômage partiel des salariés).  L’incertitude liée à la pandémie et à la date et le rythme de reprise des marchés émetteurs entraînent un double choc de l’offre et de la demande, et un recul de 10 ans et plus de croissance du secteur. Pourtant, en 20 ans (2000-2020), la destination Maroc a opéré un saut qualitatif tant sur les indicateurs macro-économiques, les arrivées aux frontières, la fréquentation hôtelière (nuitées), le taux d’occupation, la durée de séjour, que sur les recettes de voyages, ou encore l’aérien et le développement des capacités du marché et des produits. Certes, il aurait pu faire mieux si les erreurs stratégiques de pilotage ne s’étaient pas multipliées. Le secteur qui est un grand pourvoyeur d’emplois et de recettes touristiques aurait probablement gagné à encourager la collaboration entre le public et le privé ou à mieux la faire fonctionner. Le Maroc aurait réussi alors à drainer plus que les 13 millions de touristes, à multiplier par trois les recettes touristiques, créer de la richesse et même à financer l’éducation et l’emploi des jeunes. Aujourd’hui, il est plus fragile que jamais et a besoin d’un véritable électrochoc. D’où le plan de relance prévu par la tutelle en concertation avec les professionnels. Un des objectifs de ce plan est la transformation du tourisme en un secteur durable. Oui! Parce qu’il faudra s’attendre à des changements. «Fini les grands groupes en autocars, les circuits classiques! Le voyageur aura besoin d’espace, d’itinéraires inédits, de la sécurité», estime Fouzi Zemrani, voyagiste et vice-président de la Confédération nationale du tourisme. Le monde de demain ne sera pas le même qu’avant la crise sanitaire. Un grand nombre de secteurs devront s’adapter, voire changer, et le tourisme en fait partie. Il devient essentiel de proposer de nouvelles offres et de nouvelles façons de voyager. Si la tendance va vers ce tourisme de grands espaces, loin des villes, le Maroc a ses fondamentaux et peut facilement se positionner.  

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En attendant, en France ou dans les pays européens, les opérateurs comptent sur le tourisme interne pour sauver le reste de l’année touristique. Au Maroc, c’est beaucoup plus compliqué. «D’abord parce que l’ADN de notre offre touristique n’a jamais été orientée vers le tourisme local, mais vers le touriste étranger», explique Mehdi Taleb, directeur de la réglementation, du développement et de la qualité au ministère du tourisme. Ensuite, les chiffres sont têtus. «50% des Marocains à l’intérieur du pays –et même en dehors des frontières- préfèrent les meublés, les appartements ou même la famille», détaille Taleb. Même son de cloche auprès d’Azzedine Skalli, voyagiste, président de S tours qui a intervenu lors d’un webinaire, organisé par l’Institut supérieur international du tourisme de Tanger et l’Association marocaine des experts et scientifiques du tourisme. «Le touriste national ne s’adresse pas aux agences et quand bien même il le ferait, nous ne saurons lui confectionner un package pour une famille. C’est-à-dire une chambre d’hôtel pour 4 ou 5 personnes parce qu’elles sont rares», souligne Skalli. Dans tous les cas, les professionnels sont unanimes:  ce n’est pas le tourisme domestique qui changera la donne, du moins cette année. En temps normal, ce segment représente 31% des nuitées. Celles-ci sont souvent effectuées pendant les week-ends, les concerts, les congrès….Avec l’annulation de l’événementiel, très difficile de revenir à ce score. 

L’offre alternative des apparts hôtels

 

Il existe une offre encore timide à Marrakech et dans d’autres villes touristiques, les apparts hôtels et qui peuvent répondre parfaitement aux besoins des Marocains voyageant en famille. De même que l’offre des COS (Comités des œuvres sociales). A l’origine, les COS ont été créés par les œuvres sociales des institutions comme l’ONEE, la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) ou encore le ministère de la Justice. Ils sont uniquement dédiés aux fonctionnaires et cadres de ces organismes. Cependant, s’ils sont mieux gérés et ouverts à d’autres touristes à travers les agences de voyages, la formule pourrait marcher », estime Zemrani. Des bungalows à deux chambres 700DH/ nuitée. C’est ce que recherche le touriste, notamment national.

Badra BERRISSOULE

 

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