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La pollution plastique, autre conséquence du Covid-19

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5814 Le 29/07/2020 | Partager
Masques faciaux, gants, flacons de désinfectant pour les mains, emballages alimentaires… un raz-de-marée de déchets
Le confinement a entraîné une baisse de 5% des émissions de gaz à effet de serre
De lourdes retombées économiques, selon la Cnuced

Rues, plages et océans ont été frappés par un raz-de-marée de déchets Covid-19 que sont notamment les masques faciaux en plastique, les gants, les flacons de désinfectant pour les mains et les emballages alimentaires. «La pollution plastique était déjà l'une des plus grandes menaces pour notre planète avant l'apparition du coronavirus», a indiqué Pamela Coke-Hamilton, directrice du commerce international à la Cnuced. «L'explosion soudaine de l'utilisation quotidienne de produits pour assurer la sécurité des personnes et enrayer la maladie aggrave encore les choses», dit-elle. Des règles commerciales efficaces peuvent contribuer à limiter la propagation de ses déchets en lien avec le coronavirus.
Le confinement imposé dans le monde entier a entraîné une baisse spectaculaire de 5% des émissions de gaz à effet de serre, selon les estimations de la Cnuced. Mais les mesures prises pour contenir la pandémie sont loin d’avoir toutes eu un impact positif sur l'environnement.
Les ventes mondiales de masques jetables devraient à elles seules monter en flèche, passant d'environ 800 millions de dollars en 2019 à 166 milliards de dollars en 2020, d’après le cabinet de conseil aux entreprises Grand View Research.
L'éloignement social a également entraîné un afflux de produits livrés quotidiennement à domicile (emballés dans une pléthore d'emballages) alors que les gens se tournent vers les achats en ligne et les services de vente à emporter. Les déchets plastiques qui en résultent sont énormes.
Par exemple, pendant les huit semaines de confinement à Singapour qui appris fin le 1er juin, les 5,7 millions d'habitants de la ville-Etat insulaire ont jeté 1.470 tonnes supplémentaires de déchets plastiques provenant des seuls emballages de plats à emporter et de la livraison de nourriture, rapporte une enquête citée par le Los Angeles Times. 
Les données collectées (voir aussi: Growing plastic pollution in wake of COVID-19: how trade policy can help) indiquent qu'environ 75% des plastiques contenant des coronavirus deviendront probablement des déchets encombrant nos décharges et dérivant dans nos mers. Et les coûts sont stupéfiants. Les retombées négatives des déchets plastiques sur la pêche, le tourisme et le transport maritime, par exemple, s'élèvent à environ 40 milliards de dollars chaque année, selon le programme des Nations unies pour l'environnement.
Le nombre de mesures commerciales mentionnant le plastique (telles que les réglementations techniques, les subventions, les licences et les interdictions) enregistrées à l'OMC a augmenté chaque année de 28% au cours de la dernière décennie. Ce qui témoigne de l'inquiétude croissante des membres de cette organisation.
«Mais le manque de coordination des politiques commerciales adoptées par les pays dans leur lutte contre la pollution plastique a finalement limité l'efficacité de leurs efforts», a souligné Coke-Hamilton. Et d’ajouter que les 164 économies en développement et développées qui composent l'OMC ont la capacité de rédiger des règles commerciales multilatérales qui pourraient traiter plus efficacement des questions fondamentales en lien avec l'économie mondiale du plastique.
Outre la réglementation de la production et de la consommation de plastique, la Cnuced exhorte les gouvernements et les entreprises à identifier des substituts au plastique parmi les combustibles non fossiles. La liste des matériaux non toxiques, biodégradables ou facilement recyclables qui pourraient remplacer le plastique comprend de nombreux matériaux bien connus, tels que le verre, la céramique, les fibres naturelles, le papier, le carton, la balle de riz, le caoutchouc naturel et les protéines animales.

 

Moins de pollution, nouveaux débouchés

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• Les pays en développement étant les principaux fournisseurs de nombreux substituts du plastique, l'augmentation de la demande mondiale pourrait leur apporter des opportunités d’investissement plus écologiques et de nouveaux débouchés commerciaux.
• Par exemple, les pays en développement fournissent 92% du jute dans le monde. Les principaux fournisseurs sont le Bangladesh (74%) et l'Inde (9%). Ils représentaient également 94% des exportations mondiales de caoutchouc naturel en 2019, la Thaïlande (31,5%), l'Indonésie (30%) et la Côte d'Ivoire (8,5%) étant en tête. 
• Les pays en développement portent un grand intérêt à l'économie mondiale du plastique. Leur part dans la production globale de cette matière est passée de 43,5% en 2009 à 58% en 2018. Et deux emplois sur trois dans le secteur de la fabrication de plastique se comptent dans les pays du Sud. o• Les pays en développement étant les principaux fournisseurs de nombreux substituts du plastique, l'augmentation de la demande mondiale pourrait leur apporter des opportunités d’investissement plus écologiques et de nouveaux débouchés commerciaux.
• Par exemple, les pays en développement fournissent 92% du jute dans le monde. Les principaux fournisseurs sont le Bangladesh (74%) et l'Inde (9%). Ils représentaient également 94% des exportations mondiales de caoutchouc naturel en 2019, la Thaïlande (31,5%), l'Indonésie (30%) et la Côte d'Ivoire (8,5%) étant en tête. 
• Les pays en développement portent un grand intérêt à l'économie mondiale du plastique. Leur part dans la production globale de cette matière est passée de 43,5% en 2009 à 58% en 2018. Et deux emplois sur trois dans le secteur de la fabrication de plastique se comptent dans les pays du Sud. 

Fatim-Zahra TOHRY

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