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Al Omrane malmené par les députés

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5806 Le 17/07/2020 | Partager
Un réquisitoire de plus de 6 heures
Une commission d’enquête parlementaire réclamée
Une nouvelle vision pour le secteur prochainement dévoilée

La réunion de la Commission de contrôle des finances publiques de mercredi a été un véritable calvaire pour Badre Kanouni, président du directoire du groupe Al Omrane. Alors qu’il était venu en compagnie de sa ministre de tutelle Nouzha Bouchareb pour la 2e manche du débat, il ne s’attendait visiblement pas à une lourde et forte charge venant de toutes parts.

Les députés ont proféré toutes sortes d’accusations au point que certains ont comparé cette réunion à une audience d’un tribunal pour juger le groupe Al Omrane. En tout cas, une chose est sûre, plusieurs députés ont réclamé la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire consacrée au groupe. Pour convaincre, ils font valoir les recommandations des rapports des Cours des comptes régionales qui ont épinglé la gouvernance de ce groupe.

En outre, cette Commission de contrôle des finances publiques s’est déjà penchée sur le sujet. Au bout du compte, rien n’a changé, a affirmé l’un d’entre eux. A la fin de ce réquisitoire qui aura duré plus de 6 heures, son président Driss Skalli Adoui a dû remettre les pendules à l’heure, en précisant que la constitution d’une commission d’enquête le dépassait.

Le règlement prévoit de réunir les signatures d’un tiers des députés pour former cette Commission d’enquête. Il a saisi cette occasion pour relativiser les charges contre «le groupe qui investit plusieurs milliards de DH par an et produit 25.000 unités». Pour lui, le consensus sur le changement de la gouvernance devient un chantier prioritaire. «L’organisation en holding, avec 14 filiales dont 4 sociétés d’investissements liées aux villes nouvelles est un système caduc», martèle-t-il.

Il a également mis en avant la capacité d’emprunt du groupe en conseillant de mettre en valeur, de manière claire, la politique du financement dans la stratégie du groupe. Par ailleurs, le stock de 74.000 unités d’une valeur de 17 milliards de DH peut être considéré comme une opportunité. Vers la fin de la réunion, Badre Kanouni, soutenu par la ministre de tutelle, a voulu éclaircir certains points. Mais était-il audible auprès d’un auditoire hostile? Le président du Groupe a quand même réussi à en expliquer quelques uns:

■ Des chiffres clés: La holding, avec ses 14 filiales et 4 nouvelles villes, réalise un chiffre d’affaires annuel de 5 milliards de DH et investit 5,3 milliards de DH. Elle contribue au budget de l’Etat avec une moyenne annuelle  de 620 millions de DH. Les dividendes distribués s’élèvent à 284 millions de DH, l’IS payé pour 248 millions de DH et l’IR 88 millions de DH. Chaque année, elle réalise près de 25.000 nouvelles unités et 100.000 dans le cadre de la mise à niveau urbaine pour le compte de l’Etat.

■ Autonomie de gestion: Le groupe adhère au chantier du gouvernement en respectant le découpage administratif, souligne Kanouni. Il dispose d’une filiale dans chaque région. Pas moins de 11 conventions ont été signées, avec les présidents de région et les walis. Chaque directeur dispose de l'autonomie dans la gestion de sa société. Le président du groupe a toutefois reconnu qu’il était d’accord avec les critiques formulées à l'encontre des directions des villes nouvelles, même si «les métiers supports sont du ressort de la société régionale», précise-t-il.

■ Actions sur le passif: Le groupe Al Omrane affiche 330.000 unités vendues et prêtes mais ne disposant pas de titres fonciers. Cependant, est-il avancé, des efforts ont été réalisés et ont abouti à faire baisser le nombre à 80.000. La convergence s'est améliorée avec le ministère de tutelle au point qu’une commission mixte centrale travaille sur la question du passif, précise Kanouni. Une autre commission, chargée du dossier, a été créée au niveau du chef du gouvernement.

■ La pratique des bons stoppée: Si un projet développé par Al Omrane est bien situé, les logements seront rapidement vendus, explique le management. Lorsqu'il s’agit d’un projet dans le cadre d’une convention en matière d’habitat insalubre, de relogement des bidonvilles ou menaçant-ruine, une commission établit la liste des bénéficiaires. Le groupe Al Omrane, qui n’a aucun droit de regard, exécute le projet. Parfois, les bénéficiaires n’arrivent pas à obtenir de financement bancaire et les dossiers restent bloqués. Par ailleurs, Badre Kanouni affirme avoir stoppé la pratique des bons en 2011. «Nous avons découvert des personnes qui détenaient jusqu’à 30 bons qui réalisaient des plus-values entre 2 à 5 millions de DH par an», a-t-il ajouté.

■ La nouvelle ville n’est pas un lotissement: Nouzha Bouchareb prépare une nouvelle vision pour son secteur. Elle sera présentée au gouvernement avant d'être déclinée devant les parlementaires. La ministre ne veut pas dévoiler plus de détails. Elle se contente par exemple d’affirmer que «la nouvelle ville n’est pas un lotissement. Il s’agit d’un concept qui démarre par la création des richesses, avant que les citoyens viennent pour y travailler et y vivre».

Le programme «Villes sans bidonvilles»

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Après le rapport de la Cour des comptes, la Commission de contrôle des finances publiques organise une réunion ce lundi consacrée au programme «Villes sans bidonvilles», avec la ministre de tutelle. En tout cas, pour le financer, il a fallu la mobilisation de 20 milliards de DH dont 7,5 milliards en tant que contribution du Fonds de solidarité habitat et 8,5 milliards comme produit de la péréquation. Le programme a jusque-là traité 59 villes sur 85. Cela s’est traduit par l’amélioration des conditions de vie de plus de 1,5 million de personnes.

M.C.

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