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Le Cercle des Experts

Il est venu le temps des banques centrales

Par M’Fadel EL HALAISSI | Edition N°:5804 Le 15/07/2020 | Partager

Administrateur de nombre de sociétés du groupe d’Othman Benjelloun, Finances.com, assumant aujourd’hui la charge de directeur général délégué de Bank of Africa, M’Fadel El Halaissi a gardé de ses premières armes professionnelles dans la recherche en France le goût de la réflexion académique productrice de systèmes et de concepts. Revenu au pays, il a fait toute sa carrière marocaine au sein de la BMCE, devenue Bank of Africa, pour marquer ses ambitions continentales. Il s’exprime à titre personnel (Ph. L’Economiste)  

Le rôle des banques centrales a été renforcé au fil des crises financières et économiques, et singulièrement après celle de 2008 (dite des subprimes), nécessitant la régulation et le contrôle du système bancaire et financier.

L’arsenal marocain

A l’apparition de la coronavirus, le Maroc, sous l’impulsion de son Roi, a pris toute une batterie de mesures. En premier lieu, il fallait protéger la population et ensuite soutenir le pays, tant au niveau des acteurs de l’économie réelle qu’au niveau des équilibres sociaux.

Ainsi, toute la société a été mobilisée à travers tous ses organes dans un élan patriotique sans précédent. Outre l’implication des institutions publiques et privées avec des plans d’actions appropriés, la société civile s’est emparée du sujet de lutte contre les effets de la pandémie, un fonds de soutien est lancé, un comité de veille économique est créé, etc.

Bank Al-Maghrib (BAM), a créé une batterie de mesures pour assurer la liquidité sur le marché aussi bien en dirham qu’en devise, avec une réduction du taux directeur, un élargissement de l’éventail des titres et effets avec allongement de la durée pour le refinancement du marché, etc.

Dans ce sillage, le GPBM a engagé l’ensemble de la communauté des banques commerciales à soutenir l’ensemble des mesures prises par le Comité de veille économique, dont le report des échéances des crédits. On soulignera le traitement des dossiers inscrits dans le produit «Oxygène» et la distribution des dotations allouées au secteur informel.

Cependant, l’engagement de l’Etat marocain à soutenir l’économie nationale contre une récession creuse le déficit budgétaire qui accusait déjà en 2019 un gap de 46 milliards de DH.

À ce jour, comme le montre le projet de loi de finances rectificative, ce déficit s’aggrave compte tenu de l’effort colossal supporté par le budget face aux dépenses de soutien de l’emploi et la demande d’une part, et d’autre part par la baisse de certaines recettes ordinaires.

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Les mesures marocaines ont conduit des agences de notation internationales, telle Moody’s ou Fitch Rating à louer la justesse de ce plan de relance. Elles se disent optimistes pour le Maroc (Ph. Moody’s)

Equation insoluble?

Comment assurer les règles saines des financements, sans supprimer des investissements, ni aggraver la dette souveraine, ni augmenter la pression fiscale, ni dégrader des équilibres du budget de l’Etat? L’équation est difficile, voire insoluble!

D’aucuns préconisent le recours à l’instrument monétaire non conventionnel dit «assouplissement quantitatif». En effet, au sein des pays de l’UE, certains pays ont envisagé une souscription dite «Coronabonds» pour financer des plans de soutien. Les divergences internes à l’UE ont reporté le projet.

La vie réelle

D’autres estiment, à juste titre, que ces injections massives n’ont pas d’effet de relance si elles s’adressent en priorité aux acteurs des marchés financiers, pas aux acteurs de l’économie réelle.

Cette surliquidité créé ex nihilo se déploie dans une orbite très restreinte, celle des traders et spéculateurs. Elle est donc une source de bulles financières qui finissent par éclater, facteur à leur tour de crises.

La vitesse de circulation de cette monnaie reste très lente, car très limitée aux agents des marchés financiers.
La surliquidité du marché monétaire n’implique pas automatiquement la distribution des crédits par les banques commerciales. Et ce d’autant plus que les règles prudentielles sont de plus en plus restrictives dans l’octroi de crédits.

L’offre des crédits est intrinsèquement dépendante de la demande des crédits sur le marché, celle-ci émane structurellement des ménages et des entreprises et à des moindres mesures, de l’Etat en tant qu’agent économique.

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Mohamed Benchaâboun, ministre des Finances à gauche, Abdellatif Jouahri, wali de BAM au centre, et Christine Lagarde, patronne de la Banque centrale européenne. En mars 2020, cette dernière a changé son fusil d’épaule. Il se produit maintenant une transition de l’économie de marché capitaliste libérale, vers une économie conduite et administrée par ces mastodontes de banques centrales, telle la Banque centrale européenne, la Fed, la Banque centrale d’Angleterre, etc. (Ph. DR)

Pourquoi les banques centrales?

LA crise du Covid-19 a contraint tous les Etats à adopter des plans de relance économique visant à atténuer les impacts négatifs sur l’économie réelle.
Ces plans aux coûts budgétaires inédits, creusent les déficits et explosent le niveau de la dette publique, balayant tous les principes des défenseurs du libéralisme économique et du non-interventionnisme de l’Etat.
Le coût financier de ces plans peut entraîner la dislocation et le démembrement en cascade de tous les agents économiques si les mesures de prise en charge ne sont pas appliquées pour la couverture de ces charges exceptionnelles. Seules les banques centrales ont la capacité, les moyens et la légitimité d’absorber les impacts négatifs de ce choc financier dont elles s’approprient la mise en œuvre.
Des leçons ont été tirées des différentes crises financières et économiques au cours des dernières décennies, singulièrement, régionalement ou à l’échelle mondiale, tel est le cas de 2008, et qui confirmait le rôle fondamental des banques centrales dans la gestion de ces crises...

                                                                                     

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Les autorités se sont changés en formateurs bienveillants face à la Covid-19. La communauté bancaire a été mobilisée pour déployer les plans de soutien, avec des convictions patriotiques et en grande discrétion… Bref, une mobilisation de toute une société en marche, utilisant à bon escient ses propres moyens avec efficience, et un pays, qui, dans les difficultés, démontre  la profondeur historique de 12 siècles de son histoire d’Etat-nation (Ph. L’Economiste)

 

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