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Economie

Aïd Al-Adha: Une éclaircie bienvenue pour le rural

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5802 Le 13/07/2020 | Partager
L’offre en ovins et caprins devrait dépasser les 8 millions de têtes
Des mesures «additionnelles» à observer tout au long de la chaîne
Elles seront consignées dans un guide des ministères de l’Intérieur et de l’Agriculture

La situation exceptionnelle, des règles sanitaires draconiennes. La fête du sacrifice se déroulerait cette année sous le règne de l’état d’urgence sanitaire. A cet effet, les ministères de l’Intérieur et de l’Agriculture annoncent la mise en place d’une série de mesures «additionnelles que les opérateurs se doivent d’observer».

Ceci, tout au long de la chaîne de mise en vente des animaux jusqu’au jour du sacrifice, précise un communiqué conjoint des deux ministères. Sans vouloir en dévoiler la teneur, il est question de «la publication d’un guide des mesures sanitaires préventives à respecter le jour de l'Aïd, notamment par les bouchers et d’autres organisationnelles à instaurer dans les marchés aux bestiaux».

De même, le communiqué fait état de «l’ouverture de souks additionnels temporaires pour l’Aïd Al Adha». Avec à la clé, le renforcement du contrôle du transport des animaux sur l’ensemble du territoire. Les activités liées à la pratique du rite ne sont pas non plus occultées par le gouvernement. Elles seront assujetties aux mesures sanitaires. Le tout sera suivi de très près par les services des deux ministères, en étroite coordination avec les Communes et les organisations professionnelles concernées.

Cependant aucune information n’a filtré quant au projet d’ouverture de 42 marchés pilotes aux bestiaux, objet de collaboration des deux départements. Pourtant, l’annonce en a été faite devant le Parlement et la faisabilité était jugée primordiale à la fois pour protéger la santé des usagers et assainir les circuits des transactions.

L’Association nationale des éleveurs d’ovins et caprins (Anoc), s’en est même réjouie à l’annonce de la réforme des marchés aux bestiaux qu’elle attendait depuis des années. Pour les professionnels, cela permettrait plus de rationalité sur les transactions, puisque c’est la qualité et le poids qui seront pris en considération. De plus, «une meilleure visibilité du marché des bestiaux sera permise grâce aux statistiques des ventes et des retours des animaux», espère un gros éleveur de la région de Béni Mellal. Et pour cause! L’enquête annuelle sur l’élevage n’est plus réalisée par le ministère de l’Agriculture depuis plusieurs années.

Comment se présente l’offre cette année? Quelle serait la fourchette des prix? La cherté de l’aliment de bétail va-t-elle renchérir le mouton de qualité? Autant de questions qui se posent à moins de 20 jours de la fête du sacrifice.    

Selon les dernières données de l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires, l’opération identification des ovins et caprins a porté jusqu’au 9 juillet sur un effectif de 7,2 millions de têtes. A l’instar des années précédentes, cette opération  consiste, en la pose, sur l’une des oreilles de l’animal, d’une boucle de couleur jaune, portant un numéro de série unique pour chaque animal, en plus de la mention «spécial Aïd Al-Adha».

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Au 9 juillet le nombre des ovins et caprins identifié et «bouclé» par les services de l’Onssa s’élevait à 7,2 millions de têtes. Et l’opération continue sur les 242.000 exploitations recensées. L’objectif est d’atteindre le niveau de l’offre de l’année passée: 8,5 millions de têtes

Elle devrait encore se poursuivre sur les semaines qui nous séparent de la fête. L’objectif est de tracer l’ensemble des animaux (ovins et caprins) issus des 242.000 exploitations recensées. (Voir carte ). L’effectif global devrait se situer aux alentours de 8,5 millions de têtes.

De prime abord, l’offre s’annonce pléthorique. Selon les estimations des professionnels, elle devrait dépasser au moins de moitié le niveau de la demande, chiffrée par la tutelle. L’année passée, le ministère de l’Agriculture avait estimé cette demande à 5,4 millions de têtes dont 5 millions d’ovins et 460.000 caprins. Un chiffre que les éleveurs-engraisseurs, estiment exagéré. A leurs yeux, le rite est de moins en moins observé par de nombreux ménages relevant de la classe moyenne. Ces derniers préfèrent le pratiquer «collectivement» dans des établissements touristiques. Avec à la carte, tous les ingrédients de la tradition: brochettes (Boulfaf), couscous, méchoui…

De plus, les chiffres du ministère ne tiennent pas compte des retours du cheptel non-vendu. Pour cette année, la tendance à l’abstention serait encore renforcée. Pour la simple raison que la pandémie du Coronavirus a considérablement érodé la trésorerie de l’écrasante majorité des ménages. Même les mieux lotis parmi eux.

De plus, les échéances des vacances et de la rentrée scolaire devraient inciter les plus récalcitrants à faire les choix qui s’imposent. Pour les faibles revenus, qui s’adressaient par le passé aux établissements de crédit ont pratiquement perdu leur capacité d’endettement. Du coup, la demande devrait donc fortement baisser. Mais est-ce à s’attendre à une baisse du prix du mouton ? De nombreux éleveurs-engraisseurs répondent par la négative.

A l’appui, ils avancent la cherté de l’aliment du bétail dont le coût, sécheresse oblige, a augmenté de plus du tiers. Ceci, après avoir encouru de fortes pertes avec la fermeture des souks hebdomadaires. Mais les prix du bétail des parcours pourraient s’avérer assez compétitifs. Beaucoup de petits éleveurs auraient tendance à liquider leur cheptel pour faire face aux frais de la prochaine campagne agricole.

En somme, il y en aurait pour toutes les bourses. «Selon l’âge, la qualité et la race, les prix devraient varier dans une fourchette de 1.500 à 3.000 DH l’agneau», estime un professionnel.     

Au-delà, le ministère de l’Agriculture rassure sur l’état sanitaire du cheptel. Il est jugé «très satisfaisant». A l’appui, la tutelle indique que la vaccination contre la fièvre aphteuse a été généralisée aux ovins et caprins proposés au sacrifice.

Gain pour la trésorerie des agriculteurs

Selon le ministère de l’Agriculture, l’Aïd Al Adha devait générer  en 2019 un chiffre d’affaires de l’ordre de 12 milliards de DH. Ceci, rien qu’en ce qui concerne les transactions sur le cheptel. Est-ce le cas cette année? Pas forcément si on tient compte de la baisse de la demande, qui selon nos sources devrait s’effriter du tiers.
 Quoi qu’il en soit, la fête du sacrifice demeure l’unique opportunité pour les éleveurs des petits ruminants de percevoir «une prime» du monde urbain. Dans la mesure où ce type d’élevage  représente leur principale source de revenu. Car «la majeure partie du pactole sera transférée au monde rural», selon le ministère. Ces ressources permettront aux agriculteurs de faire face aux dépenses de préparation et de lancement de la prochaine campagne agricole.
Dans les villes, la célébration de la fête du sacrifice permet également la création d’une multitude d’activités commerciales.

Sardi, Bergui, Dman..., les races prisées

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Le Maroc dispose de plusieurs races d’ovins, dont deux sont les plus dominantes: Sardi et Bergui. La première est réputée pour la bonne qualité de viande et son aptitude à prendre du poids. Son berceau se trouve dans les régions  Kalaât Sraghna, Beni Meskine, Chaouia et Tadla-Azilal.
La race Bergui possède par contre un teint plus foncé et fournit une viande de moindre qualité que la première. Les régions qui offrent cette race sont Oujda et Khénifra. Le prix du Sardi peut dépasser celui du Bergui de 25%. Cette différence limite l'utilisation du Sardi aux occasions spéciales. Il existe également d'autres races qui demeurent peu prisées à cause de leur inaptitude à prendre du poids, comme la race Boujaâd qui existe surtout dans les régions de Khouribga et Béni Mellal. Cette dernière est connue pour son teint jaune. La race D’man est réputée quant à elle pour ses performances de reproduction exceptionnelles.

A.G.

 

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