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Economie

Gestion des déchets: 10 éléments-clés des meilleures pratiques

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5793 Le 30/06/2020 | Partager
Diffusion de l’information, valorisation, tri sélectif, intégration de l’informel, la société civile...
Les décideurs de Casablanca gagneraient à s’en inspirer
Les recommandations des experts de la Fondation Heinrich Böll

Une réflexion sur la gestion des déchets au Maroc et ses potentiels. C’est l’objectif d’une récente étude(1) menée par les experts de la Fondation Heinrich Böll. Ce travail vise à dresser l'état des lieux de la gestion des déchets au Maroc, tout en formulant des recommandations concrètes pour améliorer le service auprès des collectivités. «Ce sont les éléments clés que nous avons estimé prioritaires pour pallier les différentes difficultés dont souffre le secteur», affirment les auteurs de cette étude(2).

Le constat général confirme la persistance de sérieux problèmes en amont tout comme en aval du cycle de gestion des déchets. Et le passage en mode gestion déléguée des services de la propreté, initié au début des années 2000, n’a pas pour autant amélioré les prestations... Bien au contraire. La ville de Casablanca reste l’un des exemples criants de mauvaise gestion: de la collecte à la mise en décharge, le site sauvage de Médiouna étant devenu une véritable catastrophe environnementale (pas de valorisation, ni de tri sélectif, ni de visibilité sur le mode de gestion futur).

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A Casablanca, le volume des déchets, qui est en augmentation de 2,5% chaque année, va pratiquement doubler en 20 ans (2015-2035)

Après des années de tâtonnements et de services approximatifs, les Casablancais ont certes ressenti une nette amélioration des prestations durant ces mois de confinement, les délégataires ayant redoublé d’efforts non seulement sur la collecte et le nettoiement, mais aussi la désinfection (qui n’est pas leur métier de base). Mais il n’en reste pas moins qu’il faudra repenser le mode de fonctionnement de cette filière en amont et en aval.

Pour y arriver, plusieurs pistes sont préconisées par les experts. Il est primordial, selon cette étude, de pousser vers une participation réelle de la société civile et des citoyens et d’entreprendre de nouvelles méthodes capables d’améliorer une stratégie de communication peu adaptée. Il est clair que la gestion intégrée des déchets devrait trouver solution en grande partie en amont de la filière tout en impliquant les ménages, les associations de quartiers, la société civile et les gros producteurs. Il faudra aussi une meilleure reconnaissance du métier des travailleurs des déchets, tout en encourageant la réutilisation et la réduction à la source des déchets.

«L’amélioration des prestations passera aussi par un éclatement du mode de gestion actuel en diverses sous prestations, en introduisant la séparation des principaux flux des déchets à la source, favoriser l’élaboration concertée des CPS, débattre de la problématique dans les zones rurales».

La nécessité d’associer les filières et industries du recyclage et de valorisation, l’importance de l’intégration sociale du secteur informel ou encore le besoin de s’aligner avec les objectifs nationaux de rendre le secteur des déchets une branche de l’économie circulaire et solidaire, ainsi que la nécessité de composer avec la montée d’une prise de conscience environnementale collective... sont autant de contraintes dont dépendra désormais la réussite de toute vision intégrée de gestion des déchets au Maroc. En l’espace de 20 ans (1998-2018), la production nationale en déchets ménagers est passée de moins de 5 millions à environ 7 millions de tonnes avec des prévisions de plus de 9 millions à l’horizon 2030.

10 commandements

Promouvoir l’accès à l’information environnementale et sa diffusion auprès du grand public
Adopter une politique territoriale de réduction à la source et de prévention de production des déchets
Encourager le recyclage et la valorisation des déchets
Appuyer le tri sélectif et la séparation des flux à la source
Renforcer la participation de la société civile et des citoyens
Améliorer la reconnaissance sociale des métiers liés à la gestion des déchets
Reconnaître le secteur informel et analyser les opportunités de collaboration
Promouvoir l’intégration des petites entreprises dans la gestion des déchets
Améliorer les contrats et les cahiers des charges de la gestion des déchets
Renforcer l’approvisionnement de la gestion de déchets dans les zones rurales.

Aziza EL AFFAS

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(1) Intitulée: «Les 10 éléments-clés pour réussir la gestion des déchets ménagers et assimilés au Maroc».
(2) S'inscrivant dans le cadre du programme «TransformAfrica – Vers une transformation écologique et sociale au Maroc et en Afrique», cette étude est réalisée par Mustapha Azaitraoui et Aziz Ouatmane, professeurs à l’Université Sultan Moulay Slimane.

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