×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Relance économique: Les baisses d’impôts sont inefficaces!

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5784 Le 17/06/2020 | Partager
IS: Il faut un taux effectif-plancher de 25% au niveau mondial!
Les multinationales les plus riches devraient contribuer plus
Des taxes progressives sur les services numériques
joseph-stiglitz-084.jpg

Le prix Nobel Joseph Stiglitz (à gauche) et Thomas Piketty, économiste français et professeur à l’EHESS et à l’Ecole d’économie de Paris (Ph. AFP)

Face à la crise économique, les gouvernements ne devraient pas accorder des allégements fiscaux. Voilà une recommandation de la Commission indépendante pour la réforme de la fiscalité internationale des sociétés  qui risque de déranger en particulier les grands groupes. Dans un rapport rendu public lundi 15 juin,  l’Icrit a mis en garde les gouvernements contre une réduction de l’impôt sur les sociétés pour stimuler les investissements de reconstruction.

Présenté lors d’une conférence de presse virtuelle par le prix Nobel Joseph Stiglitz, Thomas Piketty, professeur à l’EHESS et à l’Ecole d’économie de Paris, Jayati Ghosh,  professeure d’économie à l’université Jawaharlal Nehru de New Delhi et José Antonio Ocampo,  professeur à l’Université de Columbia et président de l’Icrit, ce rapport explique que les réductions de l’IS ne sont ni économiquement efficaces ni socialement souhaitables.

Ces économistes proposent de fixer un taux effectif minimum d’imposition des sociétés de 25% au niveau mondial. Ce qui devrait mettre fin à l’érosion de l’assiette fiscale ainsi qu’à la capacité des entreprises de déclarer leurs bénéfices où bon leur semble pour payer le moins d’impôt possible.

La commission met en garde contre une réduction supplémentaire de l’impôt sur les sociétés sous la pression des grandes entreprises. Ce qui  ne ferait qu’exacerber la «course au moins disant» des taux d’imposition des sociétés visant à attirer les investissements étrangers.

La pandémie Covid-19 a entraîné une hausse des dépenses publiques pour soutenir la santé, les revenus et l’emploi. Toute la question est de savoir comment les pays feront pour payer cette facture. Le tout en faisant attention à ce que le fardeau ne pèse pas de manière disproportionnée sur les groupes de personnes et les pays défavorisés. Et vu les besoins en ressources, le maintien des règles fiscales actuelles ne risque pas d’être suffisant.

«A mesure que les bénéfices diminueront (sauf peut-être pour les grandes multinationales du commerce électronique et les fournisseurs de produits médicaux), les recettes de l’impôt sur les sociétés diminueront également», soutient le rapport. Celles issues des impôts sur les ventes et de la TVA baissent avec la consommation, et les recettes de l’IR des personnes physiques reculent avec l’emploi. Dans ces conditions, au niveau mondial, les recettes fiscales pourraient chuter beaucoup plus que le niveau enregistré en 2007 à 2009, soit de plus de 11,5%.

Pour ces économistes, les systèmes d’imposition devraient être «plutôt renforcés» et les plus riches mis à contribution. Ils devraient prendre en charge une part proportionnelle du fardeau économique de la pandémie. Car les impôts locaux sur le revenu et même la coordination internationale de l’IS ne suffiront pas. Une imposition effective du patrimoine et en particulier du patrimoine offshore est jugée impérative. Il en est de même pour l’interdiction du soutien de l’État aux sociétés qui ont  leur siège ou leurs filiales dans des paradis fiscaux. Il est également conseillé de subordonner les aides de l’Etat aux entreprises à la publication de données de déclaration pays par pays.

L’Icrit attire également l’attention sur le danger des plans de sauvetage, qui «détruisent les conditions équitables du marché et sont particulièrement néfastes pour les pays en développement, qui n’ont pas les ressources nécessaires pour fournir une telle assistance à l’échelle des pays développés».

L’idée également défendue est l’accélération  de la coopération internationale sur l’érosion de l’assiette fiscale et sur les taux minimaux. Une imposition progressive est souhaitable  afin de stimuler les petites entreprises tout en garantissant une imposition effective du patrimoine offshore des actionnaires.

Les entreprises  qui ont pu profiter de la crise, par exemple dans les secteurs pharmaceutique ou du commerce électronique, devraient être taxées un peu plus. L’Icrit plaide pour l’introduction de taxes progressives sur les services numériques sur les rentes économiques captées par les entreprises multinationales dans ce secteur. La commission appelle aussi à l’application d’un taux d’imposition plus élevé aux grandes entreprises des secteurs oligopolistiques ayant des taux de rendement excessifs.

                                                                           

Emergents: 100 milliards de dollars de sortie de portefeuille

carte-banque-mondiale084.jpg

Le PIB et le commerce mondiaux tout comme la consommation et les investissements privés ont déjà connu de graves contractions. Le chômage s’accroît et dans le monde entier les travailleurs du secteur informel ont des pertes de revenus énormes. La croissance mondiale devrait se contracter de  4,2 % et le volume du commerce mondial de 9%. Une récession dans plusieurs pays africains, la première en 25 ans, est probable et elle aura un impact important sur la pauvreté. 

En Amérique latine, la pandémie pourrait entraîner une chute du PIB de -5,3% en 2020, soit la plus forte contraction de l’histoire de la région. En Asie, la croissance devrait s’arrêter à 0 % en 2020, soit la pire performance en près de 60 ans.  Avec cette crise, la plupart des pays en développement sont confrontés à une baisse rapide des recettes d’exportation et de tourisme.

Les flux de capitaux sont désormais détournés vers les économies avancées. Au cours des seuls deux premiers mois de la crise, les sorties de portefeuille des marchés émergents ont été estimées à 100 milliards de dollars.

Khadija MASMOUDI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc