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Economie

Mission française: «La pérennité des établissements est en jeu»

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5776 Le 05/06/2020 | Partager
Pas de renégociation des frais en vue
L’augmentation de 2020-2021 maintenue dans le public, mais revue à la baisse
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Clélia Chevrier Kolacko, conseillère de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France au Maroc: «Les écoles font tout pour éviter des ruptures de scolarité, et le gouvernement français s’est engagé à leurs côtés pour soutenir financièrement cette opération de solidarité» (Ph. IFM)

A l’instar des parents d’élèves des écoles privées marocaines, ceux de la mission française ont engagé un véritable bras de fer avec leurs établissements. Supportant un surcoût pour un e-learning dont ils ne sont pas entièrement satisfaits, ils revendiquent une révision des frais de scolarité. Ils réfutent également les relances des établissements annonçant la non-réinscription des enfants en cas de défaut de paiement. Les parents dénoncent ainsi des «intimidations inacceptables». Du côté du Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) chapeautant le secteur, l’on se dit prêt à accompagner les familles en difficulté, mais les autres doivent payer «légitimement la totalité des frais». «Il en va de la pérennité des établissements», selon Clélia Chevrier Kolacko, conseillère de coopération et d’action culturelle.

- L’Economiste: Les parents dénoncent des «menaces directes» d’exclusion des élèves en cas de non-paiement des frais, alors que beaucoup sont en difficulté. Leurs places seront-elles effectivement perdues?
- Clélia Chevrier Kolacko:
Toutes les familles qui sont en difficulté pour s’acquitter des frais de scolarité du 3e trimestre, à cause de la crise, sont invitées à déposer un dossier auprès de la direction des établissements afin de pouvoir bénéficier de reports de paiement de plus ou moins longue durée, voire de remises partielles ou totales. Les écoles font tout pour éviter des ruptures de scolarité, et le gouvernement français s’est engagé à leurs côtés pour soutenir financièrement cette opération de solidarité, qui correspond aux valeurs que défend la France.
Les familles faisant le choix de ne pas recourir aux commissions d’exonération doivent légitimement payer la totalité des frais d’inscription du 3e trimestre. Les écoles ne pourront leur permettre une réinscription sans cela. Il en va de la pérennité de ces établissements.

- Quelle est la part de ceux qui ne se sont pas encore acquittés des frais du 3e trimestre?
- L’examen des demandes d’exonération est encore en cours, car les établissements ont veillé à laisser un temps suffisant aux familles pour constituer leur dossier. Logiquement, tous les parents ne se sont donc pas encore acquittés des frais du 3e trimestre. Les commissions d’exonération devraient se tenir autour de la mi-juin dans les établissements en gestion directe de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger).

- Certains réclament une renégociation des frais. Est-ce envisageable?
- La responsabilité première des écoles du réseau français était de répondre à l’urgence de la situation, d’éviter le décrochage à leurs élèves et de garantir l’atteinte des objectifs pédagogiques du 3e trimestre, dans un contexte sans précédent à l’échelle mondiale.
L’enseignement à distance a été mis en œuvre en un temps record et a demandé des efforts conséquents à tous. Parents, enseignants, enfants… Il a fallu réinventer la classe en mode virtuel, faire entrer l’école à la maison et la maison à l’école. Equiper les professeurs, enrôler des milliers de profils dans chaque classe virtuelle, résoudre les difficultés techniques, passer des heures à refondre les enseignements selon des pédagogies inédites, répondre aux inquiétudes légitimes des familles, soutenir et motiver les élèves... Les parents ont dû s’impliquer d’une manière inédite aux côtés de leurs enfants, ce qui a pu aussi engendrer des coûts supplémentaires. Les établissements ont prêté du matériel à ceux qui en demandaient. Les frais de scolarité sont nécessaires à la pérennité des établissements.

- Les établissements continuent-ils de supporter les mêmes coûts?
- La fermeture des écoles n’a pas généré d’économies substantielles. Tous les salaires ont été payés, ce qui représente environ 80% des dépenses. Les contrats de prestation sont annuels et ne peuvent être suspendus. La diminution des consommations d’eau ou électricité ne compense pas les coûts générés pour annuler certains engagements (voyages scolaires remboursés à 100% aux familles alors que des frais avaient été engagés par les établissements), permettre la continuité éducative (achat de matériels informatiques), et envisager la réouverture des établissements dans le respect des mesures sanitaires (achat de matériels sanitaires). Les écoles concentrent ainsi leurs efforts sur l’aide aux familles les plus fortement touchées par la crise économique liée au Covid-19.

- Les augmentations annuelles seront-elles maintenues?
- Les augmentations prévues pour la rentrée 2020-21 seront globalement réduites pour tenir compte de la crise économique, en veillant à garantir l’équilibre financier des différentes écoles. Les augmentations seront ainsi gelées pour les 10 établissements liés à l’OSUI (mission laïque français), et l’AEFE examine actuellement la réduction de celles programmées pour ses 22 établissements en gestion directe.

- Qu’en est-il des aides promises par le gouvernement français?
- Le gouvernement français s’engage au travers d’un plan sans précédent pour sauvegarder le réseau scolaire français dans le monde et venir en aide aux familles les plus en difficulté. Il apporte non seulement une aide supplémentaire directe aux familles françaises par le biais de 50 millions d’euros destinés aux bourses scolaires, mais aussi une aide exceptionnelle de 100 millions d’euros dédiée aux établissements qui accordent aux familles en difficulté de toutes nationalités des reports de paiement de plus ou moins longue durée, voire des remises partielles ou totales.

Une injustice contre les élèves des lycées «hors contrat»?

- L’examen du bac, annulé pour les élèves du système français, mais imposé à ceux des lycées «hors contrat», est vécu comme une «injustice et une discrimination». Pourquoi un traitement différencié?
- La notion d’établissement «hors contrat» concerne uniquement la France. Un décret, paru le 27 mai dernier, précise effectivement qu’à l’étranger, seuls les établissements homologués ou en cours d’homologation verront leurs élèves évalués sur la base du contrôle continu. Au Maroc, nous avons environ 300 candidats individuels qui passent le baccalauréat français sur 2.850 au total. Quelques dizaines se préparent dans trois établissements qui ne sont pas homologués par le ministère de l’Education nationale français, mais qui disposent d’une autorisation marocaine pour enseigner sur programme français. Tous passeront leur baccalauréat en septembre.

Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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