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Economie

Plan de relance: Les dix commandements de la CGEM

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5768 Le 26/05/2020 | Partager
5 programmes sectoriels et 508 mesures incitatives
Financements à long terme et à des taux subventionnés
Prolongation du chômage technique au-delà du 30 juin 2020

Le patronat veut transformer l’économie. Mais au moyen d’une panoplie de mesures, pour la plupart incitatives, et dont certaines ont été forcées par l’état d’urgence sanitaire. Présenté, jeudi dernier au Comité de veille économique, le plan de relance de la CGEM reste toutefois «ouvert au débat avec les ministères concernés». Ceci, dans la perspective de  la loi de finances rectificative et d’un Pacte pour la relance économique et de l’emploi. 

Aux yeux de la CGEM, le plan s’articule autour de trois volets principaux: sauvegarder l’offre, stimuler la demande et transformer l’économie nationale. Et son élaboration a mobilisé l’ensemble des instances de la corporation depuis la mi-avril. Voilà pour les principes et la forme du plan proposé. 

Il se décline en 25 programmes de relance sectoriels et 508 propositions de mesures. Pour commencer, il est proposé l’introduction au-delà du 30 juin 2020 du chômage partiel pour «des entreprises en difficulté» avec partage des coûts entre l’employeur, l’employé et l’État. Sans oublier l’exonération de l’IR. Mais quel est le nombre d’entreprises qui ne sont pas en difficulté quand une infime minorité acquitte l’IS? Pour le patronat, le mécanisme sera conditionné par «l’engagement de maintien de l’emploi et des cotisations sociales». (sic).

Mieux, la Confédération appelle au soutien des charges fixes des entreprises impactées par la baisse de la demande. Tout en instaurant des mesures favorisant la consommation de la production locale. En clair, ne s’agit-il pas d’instaurer des mesures restrictives aux importations et partant au libre-échange?
Pourtant, les 54 accords conclus par le Maroc ont été pour la majorité sous l’impulsion du patronat. Or, consommer local, c’est renier la politique d’ouverture. Allons-nous revenir au 1980.

En ce qui concerne le financement, la Confédération préconise l’instauration de mécanismes de crédits à long terme, attractifs et automatiques pour les entreprises notamment les TPE et les PME, et de dispositifs de quasi fonds propres en faveur des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et des grandes entreprises. Dans le détail, il s’agit de prêts à long terme (7 ans) automatiques (au prorata du chiffre d’affaires selon les secteurs), garantis à 80-90% et à des taux subventionnés.

Avec cette nuance pour les grosses unités: délai de grâce de 12 à 18 mois des entreprises solvables avant la crise. Avec également à la clé, la baisse temporaire de la TVA pour les secteurs confrontés à l’informel. Histoire de réduire le gap de compétitivité et de stimuler la demande, est-il expliqué. Et pourquoi pas le contraire pour encourager l’informel à se structurer?

Pour le patronat, la mesure consiste à appliquer un taux de 10% sur 18 mois aux  produits fortement concurrencés par l’informel. Il en est de même pour les droits  de douane et taxe dont il faut opérer «une différenciation pour favoriser la production locale».

Sur le plan social, la CGEM appelle à élargir la sécurité sociale et l’Assurance maladie obligatoire (AMO) aux populations qui n’en bénéficient pas à ce jour (professions libérales, commerçants...). A cet effet, il est proposé la mise en place d’un statut de micro-entreprise adapté à une cotisation forfaitaire, selon un barème à définir d’ici 2 mois. Et pour faire dans le social, il est également suggéré le soutien pour un million de foyers de 2.000 DH. Au total, la bagatelle  atteindrait 2 milliards de DH, soit le montant de la subvention accordée au sucre.

  Les pistes de la relance 

Stimuler l’économie par une action simultanée sur le maintien de l’offre (éviter les faillites en cascade) et encourager la demande nationale et internationale.
Instaurer des mécanismes communs à l’ensemble de l’économie mais différenciation des paramètres d’intensité et de durée selon les secteurs.
Intervenir sur le tissu d’acteurs en deux étapes dont les durées sont à calibrer en fonction des secteurs.
Réduire les pertes/charges fixes sur une période correspondant à la chute drastique de la demande.
Soutien à la reprise par le financement long terme avec délais de grâce, assorti  du maintien de l’emploi formel, permettant de répartir les pertes sur la durée et les partager entre l’Etat, l’entreprise et les salariés.
Focaliser les mécanismes de reprise sur les entreprises solvables avant la crise.
Exploiter la conjoncture exceptionnelle pour formaliser l’économie et étendre le modèle social (notamment en termes de couverture maladie).
Accompagner des acteurs pour positionner l’économie marocaine dans le monde de l’après-Covid-19.

A.G.

 

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