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Economie

Revalorisation du Smig: L’échéance redoutée du 1er juillet

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5767 Le 22/05/2020 | Partager
La deuxième augmentation interviendra à cette date
Le secteur agricole également concerné
Elle pénalise surtout les entreprises à forte intensité de main-d’œuvre

Voici une nouvelle qui n’est pas pour arranger les affaires des entreprises, particulièrement les PME. Le dialogue social gouvernement, CGEM et syndicats avait débouché le 25 avril 2019 sur une revalorisation du smig et du smag (salaire minimum dans l’agriculture) en deux phases à raison de 5% à chaque fois: la première tranche actée en juillet 2019 et la seconde  le 1er juillet prochain.

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A cette date, le Smig dans l’industrie, le commerce et les professions libérales passera à 14,81 DH l’heure contre 14,13 DH actuellement. Rapporté au mois, cela équivaut donc à environ 2.828 DH  bruts (2.637 DH nets) si l’on tient compte d’une durée de travail de 191 heures par mois contre 2.700 DH bruts (2.517 DH) jusque-là. Dans le secteur agricole et forestier, le salaire minimum journalier sera porté à 76,70 DH contre 73,22 DH. A noter que le décret relatif à l’augmentation du smig et du smag interdit la suppression ou la diminution des avantages en nature accordés aux ouvriers agricoles, qui restent des acquis.

Par ricochet, les travailleurs domestiques vont également bénéficier de cette revalorisation du salaire minimum. Selon la loi 19-12, leur rémunération plancher s’élève à 60% du smig en vigueur dans l’industrie et le commerce et les professions libérales. C’est la deuxième hausse de salaire depuis l’entrée en vigueur de la loi concernant les employés domestiques il y a deux ans.

La hausse du smig et du smag est une échéance dont l’étalement sur deux ans était prévu depuis avril 2019. Aucune possibilité donc de la reporter à la faveur de l’article 6 de la loi sur l’état d’urgence traitant du report des délais législatifs et réglementaires.

«Il s’agit d’une date d’entrée en vigueur et non pas d’un délai. Par conséquent, cette hausse ne peut faire l’objet d’aucune suspension. Elle représente un engagement politique et économique du gouvernement envers les salariés», explique Me Abdelkebir Tabih, avocat au barreau de Casablanca. Sauf que la deuxième tranche de l’augmentation du smig et du smag coïncide avec une conjoncture marquée par une chute d’activité et de revenu pour les entreprises. Au total, 130.000 entreprises ont recouru à l’indemnité Covid-19 pour payer les salaires.

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L’impact de la revalorisation du salaire minimum sera plus ressenti par les activités qui emploient un grand nombre d’effectifs payés au smig et dont le poste des charges de personnel est souvent élevé. En effet, bien qu’elle soit mineure, la hausse aura un coût élevé pour les entreprises, particulièrement les PME, qui devront supporter par la même occasion les charges sociales qui s’y rattachent. Elle entraînera dans son sillage la hausse des coûts de production.

«Cette augmentation intervient à un moment où les entreprises cherchent une meilleure position sur l’échelle des coûts en réduisant au maximum leurs charges d’exploitation», explique Mohamadi El Yacoubi, président de la Commission investissement & compétitivité de CGEM Marrakech-Safi.

L’entrée en vigueur de la revalorisation pourrait compliquer les comptes des entreprises au sortir d’une crise sanitaire et économique aux conséquences incommensurables. De plus, personne ne sait encore quelles seront les mesures d’appui que le gouvernement compte déployer pour accompagner les entreprises pour la relance.

En tout cas, beaucoup d’entre elles sortiront plus souvent leur calculette pour évaluer l’impact de la hausse. Celles qui avaient opté pour le report du paiement de l’IS au mois de juin ne se contenteront pas de racler les fonds de tiroirs pour y faire face.

Hassan EL ARIF

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