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Tribune

Le chef éclairé avec débats démocratiques

Par Samir KHELDOUNI SAHRAOUI | Edition N°:5764 Le 19/05/2020 | Partager

Diplômé de Paris III et de Paris I, Samir Kheldouni Sahraoui est entrepreneur: il a fondé le cabinet Chorus Consulting Hospitality & Leisure, après avoir longtemps assumé des responsabilités dans le public: DG de l’ONMT, des filiales tourismes de la CDG. Il a exercé et exerce toujours des responsabilités professionnelles électives (CNT, Conseil régional de Rabat, Comex-tourisme). Expert tourisme auprès de l’UE, il participe aux cercles de réflexion tels que le CDS de Benamour (Ph. L’Economiste)

Jamais l’humanité contemporaine n’aura eu autant de temps pour cogiter et réfléchir sur son sort que depuis cette pandémie et le confinement. Entre théories conspirationnistes et médicales, les avis se bousculent et se confrontent.
L’homme est touché dans son essence:la socialisation. Les gestes les plus simples sont devenus synonymes de menace, de risque de contagion, d’hostilité.
Les plus éclairés s’interrogent sur les effets de la pandémie sur un possible nouvel ordre mondial, sur le climat. Les plus pragmatiques surveillent de près la Bourse de New York, Londres, Paris ou Casablanca. Les plus idiots ne pensent qu’à leur réélection aux prochaines échéances électorales, notamment aux Etats-Unis.
Les analyses affluent. Mais toutes placent l’homme au centre du sujet, comme si nous étions l’incarnation de l’existence même, le cœur battant de l’univers.
Cette pandémie ne devrait-elle pas au contraire nous pousser à réfléchir plus et mieux encore à notre place réelle au sein de cet univers? Après tout ne sommes-nous pas qu’une espèce parmi d’autres, appelée un jour ou l’autre à disparaître pour faire place à une autre, tout comme fut éradiqué Neandertal.  
CNN, Sky News, Al Jazeera ou LCI nous gavent à longueur de journée de chiffres sur les pertes d’emplois, le nombre d’infections, de décès, de réanimés, des conséquences du déconfinement, mais peu s’interrogent sur le sens de ce qui nous arrive.    
En réalité, ce que nous refoulons dans un profond déni, c’est que nous réalisons notre vulnérabilité, notre insignifiance sur cette planète que nous avons conquise, malmenée, détruite. Au fur et à mesure des siècles, nous nous sommes octroyés un statut d’êtres suprêmes et indispensables à l’ordre universel.
Cependant, et alors même que les hommes s’excitent face à leur sort, la nature, imperturbable, vit sa vie. Les marées poursuivent leur rythme lunaire, les espèces animales et végétales se multiplient et respirent un nouveau souffle de liberté.
Et si c’était cela la seule grande leçon à retenir: l’humilité face à l’univers. L’idée que l’homme devrait reprendre sa place naturelle au sein de cette planète, de façon plus discrète, plus intelligente... Oui c’est certes là le discours des écologistes, et c’est là l’occasion de lui redonner tout son sens.
Comment un Trump ne devrait-il pas reconsidérer aujourd’hui son retrait des Accords de Paris par exemple, ou sa réouverture des mines de charbon américaines? Comment les pays producteurs d’énergies fossiles ou de gaz naturel, ne devraient-ilspas, aujourd’hui, reconsidérer leur modèle économique?
L’école de demain ne devrait-elle pas ériger les valeursmorales, dont l’altruisme et l’humilitéen fondement de l’apprentissage, et, quitte à passer pour «fleur bleue», l’enseignement de la «valeur amour». L’amour du prochain (God is Love) tant prôné par les livres saints, en remplacement des sacrosaintes «finances» et «monnaie», devenues les seules valeurs en vigueur?
Nul n’est cependant dupe, et la planète ne sera jamais Disney Land. Mais la priorisation de la valeur morale de sorte qu’elle s’inscrive au cœur de l’éducation et de la gouvernance est une chose possible, car éduquer l’humain à l’altruisme, c’est l’éduquer à la lucidité dans ses choix pour que plus jamais un peuple ne risque d’élire le plus mauvais des candidats, de faire du racisme une doctrine, de faire de l’égo et de la suffisance un pouvoir, ou de faire de l’argent, l’alternative à Dieu.
Ce dédain de l’homme pour les pratiques sociales naturelles s’inscrit précisément dans sa quête de suprématie et d’auto-sublimation. C’est cela qu’il conviendrait peut-être aujourd’hui de remettre en question.

1- Passer de la perception de la femme, simple porteuse de vie, au concept de la femme stratège et organisatrice, c’est faire appel à son intuition naturelle, à son intelligence pour une meilleure osmose de l’espèce humaine dans son environnement.
2- Revenirvers la notion de «Chef éclairé, légitime et sage», éluou désigné parmi les meilleurs des hommes, fédérateur et garant de l’unité de vision, avec le support d’instances de conseil et de débats démocratiques.
3- Revenir enfin vers des modèlessocioéconomiques sur mesure et moins génériques, avec unrecentrage des Etats sur l’administration de leurs propres modèles d’organisation et de développement paisible.
L’épreuve Covid-19 et la prise en main au sommet de l’Etat ont montré l’efficacité d’une gouvernance centralisée, autour du Souverain, dans un contexte de crise. Les déclarations, hésitations, indécisions et palabres de l’appareil exécutif élu n’ont pas rassuré. Bien des leçons sont à tirer de tout cela, et bien du pain sur la planche pour le Comité en charge du Nouveau Modèle de Développement de notre pays.

Les limites du modèle démocratique?

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De toutes les espèces, l’homme est le seul à avoir prôné la démocratie, ou la faculté des peuples à disposer de leur avenir, comme modèle suprême de gouvernance.
Sans remettre en cause la noblesse du concept, il est peut-être un exercice utile que d’en déduire, aujourd’hui, les dérives, les limites et, peut-être, de s’inspirer de la nature et de ses modèles de gouvernance.
La fourmi par exemple, dont la vie sociale atteint un haut niveau de sophistication.  Ses sociétés sont formées de trois castes: La reine, les mâles et les ouvrières. Chacune de ces castes remplit des fonctions bien précises au sein de la communauté. La reine assure la pérennité de l’espèce alors que les ouvrières qui, elles, ne se reproduisent pas, accomplissent les tâches logistiques et organisationnelles. Fait troublant, la seule fonction des mâles est purement et simplement reproductrice. D’ailleurs, peu après l’accouplement, les mâles devenus inutiles, meurent.
J’en retiens trois observations majeures:
•    L’organisation centralisée et la rigueur dans la distribution des tâches
    Le rôle primaire joué par le mâle
•    Le rôle logistique et organisationnel joué par la femelle
Aux antipodes de l’organisation sociale prônée par la nature, l’homme, lui, a prôné tout le contraire: une organisation déconcentrée au point de devenir mondialiste; la sublimation du genre masculin; la marginalisation du genre féminin dans la décision et la mise en œuvre des politiques économiques et sociales.

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