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Economie

Déconfinement: Sans les mesures barrières, la catastrophe assurée

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5763 Le 18/05/2020 | Partager
Risque de multiplier par huit le nombre de cas touchés
L’effort de chaque citoyen reste indispensable
Une étude du Haut commissariat au planUne étude du Haut commissariat au plan

A quelques jours de la levée du confinement prévu le 20 mai, le Haut Commissariat au Plan a publié les scénarios du déconfinement. Des scénarios qui excluent les catégories les plus exposées, en cas d’infection, aux risques extrêmes, la réanimation et de la mort. Ces simulations se focalisent sur les actifs occupés des principaux secteurs économiques et sociaux.

Le HCP avertit dès le départ «que toute modélisation est, de par sa nature, une abstraction et a surtout vocation à susciter la réflexion et, éventuellement, à éclairer la prise de décision».

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Dans cette étude, le HCP a également examiné le scénario de référence d’évolution naturelle. Dans ce cas le pic de l’épidémie sera atteint tôt et le nombre très élevé de cas infectés induira une forte pression sur le système sanitaire et un taux de létalité important. Ce scénario se traduirait à terme par une contamination d’environ 80% de la population. Le scénario tendanciel, qui prolonge la situation actuelle, est également examiné. Il déboucherait sur un total de 7.800 cas infectés cumulés vers le début de juillet, un nombre d’infectés cumulé actifs aux alentours de 3.200 et une tendance dégressive vers un chiffre faible à fin juillet

La mesure la plus radicale pour bloquer la dynamique de la transmissibilité du virus, reste le recours au confinement de la population. Le tout accompagné de mesures préventives et curatives relevant des services publics (tests, traitements, isolement des personnes infectées, offres hospitalières) et celles du ressort des citoyens (distanciation physique, gestes, masques, etc.)». Reste qu’un tel schéma a des impacts économiques importants: des points du PIB en moins!

Le principal enseignement de l’étude du HCP reste l’indipensable effort de chaque citoyen pour le respect des pratiques de distanciation physique, de gestes barrières, de port de masques et de toutes les dispositions individuelles ou collectives d’autoprotection. «Chacun assume sa part de responsabilité dans la protection de la nation», souligne l’étude. Car le relâchement pourrait multiplier par huit le nombre des cas touchés par l’infection. Dans ce cas de figure, les besoins de lits de réanimation pourraient doubler mettant ainsi en échec la politique nationale d’hospitalisation des cas actifs.

Trois scénarios sont examinés. Le premier tient compte d’un déconfinement généralisé pour l’ensemble de la population âgée de moins de 65 ans, non atteinte de maladie chronique, soit 27,5 millions de personnes. Il suppose un nombre 2.000 cas infectés actifs au moment du déconfinement. Résultat des simulations : l’infection de 8% de la population en 100 jours. Le système sanitaire serait submergé en 62 jours avec seulement un taux d’hospitalisation de 10% des cas actifs. Sans application des mesures d’autoprotection, le nombre d’infectés cumulés approcherait les 50% de la population après 100 jours alors que le système sanitaire serait submergé en 28 jours!

Le deuxième scénario «large» suppose le déconfinement de la population active occupée âgée de moins de 65 ans et de la population âgée de moins de 15 ans, non atteinte de maladie chronique, soit près de 16,7 millions de personnes. L’objectif étant d’ouvrir l’économie avec en même temps un retour progressif des activités sociales. Ce scénario suppose également un nombre de 2.000 cas infectés actifs au moment du déconfinement

. Ainsi au bout de 100 jours, 31.663 cas seraient confirmés positifs avec un pic de 3.200 cas infectés actifs. Ce qui se traduirait par un besoin maximal de 3.200 lits d’hospitalisation (100% d’hospitalisation), de 160 lits de réanimation (5% des infectés actifs) et aboutirait à 1.266 décès (4% des infectés cumulés). Là aussi, sans application des mesures d’autoprotection, la situation s’aggraverait au bout de 100 jours: un nombre d’infectés cumulés qui dépasserait 844.000 cas. Du coup, la capacité nationale de réanimation serait submergée en 50 jours.

Le troisième scénario est celui du déconfinement «restreint». Il se limiterait à la population active occupée âgée de moins de 65 ans non atteinte de maladie chronique (7,9 millions). Il permettrait d’ouvrir l’économie sans compromettre la population qui présente un  risque élevé de développer des complications.

Ce scénario suppose également 2.000 cas infectés actifs au moment du déconfinement. Il devrait aboutir à 18.720 cas confirmés positifs cumulés en 100 jours avec un pic de 3.200 cas infectés actifs. «Ce qui engendrerait un besoin maximal de 3.200 lits d’hospitalisation (100% d’hospitalisation des infectés actifs), et de 160 lits de réanimation (5% des infectés actifs) et arriverait à 748 décès (4% des infectés cumulés)», souligne l’étude.

A défaut de mesures d’autoprotection, le nombre d’infectés cumulés culminerait à 155.920 cas et la stratégie nationale d’hospitaliser 100% des cas infectés actifs atteindrait ses limites en 75 jours.

                                                                        

Méthodologie

Dans cette étude le HCP a eu recours au modèle SIR, développé en 1924 par Soper, Kermack et McKendrick pour comprendre le comportement de la pandémie de grippe espagnole de 1918 (voir aussi la tribune publiée dans notre édition du 15 mai 2020).

Il est le plus utilisé en épidémiologie mathématique. Il s’agit d’un modèle dynamique à compartiments avec un système d’équations différentielles qui s’articulent autour du nombre de reproduction du virus R0,  et de son évolution au fur et à mesure de la propagation de l’épidémie. 

De même, les modèles statistiques phénoménologiques fournissent un point de départ pour l’estimation des paramètres de transmission clé et des prévisions de l’impact épidémique grâce à des fonctions clés utiles pour ajuster la croissance épidémique notamment la fonction logistique généralisée pour modéliser l’évolution des cas infectés cumulés et la fonction gaussienne pour estimer la tendance des infectés actifs.

L’usage de ces outils fait référence à deux types de données. Celles d’ordre démographiques, socio-économiques et sanitaires de la population sont issues des projections de la population 2020 et de l’Enquête nationale sur l’emploi 2019 , et de l’Enquête nationale sur la population et la santé familiale 2018 du ministère de la Santé.  S’y ajoutent les données relatives à la pandémie  accessibles à travers les publications du ministère de la Santé.

Khadija MASMOUDI

 

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