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Economie

«Tester, c’est pouvoir isoler aussi»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5748 Le 24/04/2020 | Partager
Impossible de déployer massivement le dispositif, l’échantillonnage seule alternative
Préserver la continuité de la vie de la nation, un devoir
Les autres pathologies continuent de tuer, la facture médicale sera accablante

 

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Dr Allal Amraoui: «L’utilisation des technologies numériques peut être d’un grand intérêt en permettant de casser les chaînes de transmission grâce au tracking, et systèmes d’informations» (Ph AA)

- L’Economiste: Le déconfinement partiel se profile. Comment peut-on l’assurer sans trop de dégâts?

- Allal Amraoui(1): Le nerf de la guerre de cette phase nécessitera la multiplication de tests: les tests sérologiques automatisables, rapides, permettant de détecter l’existence ou non d’une immunisation et à quel stade. Ces tests sont inefficaces en début d’infection, et toujours sujets à polémique. A ce niveau, il faut rester réaliste. Je ne crois pas que notre pays pourra déployer les tests de façon massive comme dans d’autres pays mieux équipés ou qui en produisent. Ainsi, nous devrons procéder à un échantillonnage, comme dans un sondage dans des situations représentatives, très difficiles techniquement de surcroît, sans oublier que tester c’est pouvoir isoler.

- Les gens sont lassés par le confinement. Peut-on «être libérés» rapidement?
- Plusieurs variables peuvent être suggérées, par région, province ou ville, par secteur d’activité aussi, il est vital de préserver un minimum de nos capacités économiques, assurer la continuité de la vie de la nation, continuer à produire, d’où l’importance de souligner l’intérêt des fondamentaux de la prévention, la médecine de travail, l’hygiène du milieu… malheureusement relégués au second plan ces dernières décennies. Il ne faut pas omettre que les autres pathologies continuent de tuer. La facture médicale risque aussi d’être grave. D’où l’importance de la prise en charge médicale des autres pathologies, HTA, diabète, dépistage des cancers, vaccins, santé mentale…, la relance progressive des activités médicales dès lors que cela n’a pas de conséquences sur les stocks ou sur la capacité de prise en charge des malades Covid-19.

- Certains scientifiques, notamment Dr Didier Raoult, parlent d’un virus saisonnier. Qu’en pensez-vous?
- Nous avons affaire à des événements que la science elle-même peine à expliquer. Le temps de la science est long. Il faut lui laisser le temps pour qu’elle apporte les réponses concernant l’évolution saisonnière ou pas de ce virus, son éventuelle disparition spontanée peu probable. On a beaucoup à apprendre des déconvenues des pays voisins du nord de la Méditerranée, où l’épidémie est plus avancée, chaque pays essaie de faire en fonction de ses particularités. On doit user de toute notre intelligence collective, les contraintes dureront des mois. Nous devons apprendre progressivement à organiser notre vie collective avec ce virus, réapprendre à vivre autrement, revoir et modifier nos modes, habitudes sociales, professionnelles et autres, dans le travail dans l’entreprise.

Propos recueillis par Y.S .A.

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(1) Chirurgien des hôpitaux publics, ancien directeur régional de la santé, parlementaire, et président du Centre marocain d’études et de recherches en politiques de santé (CMERPS)

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