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Economie

Quel rôle pour les présidents de commune?

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5744 Le 20/04/2020 | Partager
Mohamed Rherras partage son expérience à Kénitra
Transport pour le personnel soignant, tablettes pour les élèves, équipements...
Pour l’après-crise, de nouvelles priorités: santé, éducation et digital
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Mohamed Rherras a été élu à la tête de la commune de Benmansour en novembre 2018, sous les couleurs du MP, alors qu’il était secrétaire d’Etat à la Formation professionnelle (janvier 2018-octobre 2019). Rherras est lauréat d’un bachelor en business administration de l’université Al Akhawayn, et d’un master en coopération internationale de l’université sud coréenne Kyung Hee. Il est aussi titulaire d’un certificat en project management de l’université Stanford (Californie). (Ph.MR)

Gérer, c’est prévoir. Les communes sont-elles préparées à affronter des crises pandémiques? Au-delà des moyens matériels, ce sont souvent les ressources humaines qualifiées qui leur font défaut. La carence est encore plus prononcée en milieu rural, où les élus locaux manquent généralement d’expertise.

«Telles qu’elles sont aujourd’hui, je ne pense pas que les communes soient prêtes à faire face à ce genre de crise seules, sans l’Etat central, et sans le ministère de l’Intérieur», souligne Mohamed Rherras, président de la commune rurale de Benmansour à Kénitra, également ex secrétaire d’Etat à la Formation professionnelle. «Il est important d’être proactif, de penser global et d’agir localement. Nous ne sommes pas coupés du monde, il faut suivre ce qui se passe ailleurs et se préparer à toute éventualité», insiste-t-il.

La pandémie du Covid-19, Mohamed Rherras l’a bien vu venir. Dès le 3 mars dernier, au lendemain de la détection du premier cas au Maroc, il saisit la délégation régionale de la Santé pour lancer des opérations de désinfection et de sensibilisation de la population dans les douars, ainsi que dans les établissements scolaires. Sa commune, de près de 45.000 habitants, compte 27 écoles primaires accueillant plus de 8.000 élèves, un collège (1.702 élèves) et un lycée (928).

Des opérations de désinfection des lieux publics sont également initiées. Rherras est, aussi, le premier président de commune à prendre la décision de suspendre le souk hebdomadaire de Benmansour, l’un des plus grands au Maroc. Chaque dimanche, jusqu’à 60.000 visiteurs y affluaient.

«Après la crise nous accélèrerons le processus de construction d’un nouveau souk aux normes d’hygiène et de sécurité. Le projet est sur le papier depuis quelques années, mais il se heurtait à des obstacles pour l’acquisition d’un terrain du domaine public. Il n’est plus question de risquer la vie des gens pour des blocages pareils», révèle Rherras. 

Après l’annonce de la fermeture des écoles, des polycopiés des cours ont été distribués aux élèves ne disposant ni d’outil informatique, ni de connexion internet. Un groupe Whatsapp a également été créé en partenariat avec une ONG, afin de répondre aux questions des élèves et les coacher. Un budget de 200.000 DH a, par ailleurs, été dédié à l’acquisition de tablettes au profit des plus démunis. 250 à 300 pourront bientôt en bénéficier. L’Education nationale se chargera de leur distribution. Une deuxième enveloppe, de 300.000 DH a été transférée au fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Covid-19.

A l’annonce de l’état d’urgence sanitaire, des moyens de transport ont été mis à disposition du corps soignant. Pour le personnel de la collectivité territoriale, le télétravail a été généralisé à la majorité. Lui-même, Rherras travaille à distance. Les documents signés sont scannés avant d’être envoyés par voie électronique.

La digitalisation des process fera, d’ailleurs, partie des priorités de l’après-crise. «Pour leurs demandes, les citoyens peuvent, par exemple, procéder via e-mail, WhatsApp, ou même par téléphone. Parfois, les gens font des queues interminables, juste pour poser des questions ou réclamer des documents simples. Pourquoi ne pas le faire à distance?», confie l’ex secrétaire d’Etat.

Le focus sera également mis sur la prévention et l’hygiène, en parallèle à deux grandes priorités: la santé et l’éducation, deux secteurs dans lesquels la commune prévoit de miser plus d’investissements.

En cas de contamination, pas le droit de transporter les malades

Si une infection est relevée, la commune n’a pas le droit d’intervenir directement. L’alerte est donnée aux autorités locales et à la Protection civile, qui dépêche une ambulance équipée pour transporter les personnes contaminées. «Notre rôle est surtout au niveau de la prévention, la mise à disposition d’équipements et la désinfection», précise Mohamed Rherras. A la commune de Benmansour, aucun cas n’a été déclaré à ce jour. Outre les opérations de désinfection, la commune a doté toutes les administrations de son territoire de bavettes, gels désinfectants et gants. Elle s’apprête, en outre, à équiper le dispensaire local en matériel, et à acheter deux ambulances neuves au profit de la Protection civile provinciale.

Ahlam NAZIH   

 

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