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Tribune

Le commerce, le Covid-19: Créer un nouvel univers

Par Roberto Azevêdo | Edition N°:5738 Le 10/04/2020 | Partager

Plusieurs fois diplomate pour son pays le Brésil, Roberto Azevêdo est le 6e DG de l’OMC, en poste depuis septembre 2013. Il a succédé au Français Pascal Lamy qui avait des méthodes différentes. Azevêdo est plutôt dans l’arrangement, ce qui ne donne pas forcément des résultats différents de ceux de Lamy, plus bagarreur. Il a eu en charge la défense de dossiers de son pays devant l’OMC. Défense d’autant plus difficile que les occidentaux voyaient d’un mauvais oeil la montée de producteurs alternatifs, de grande envergure pour ce qui est du Brésil. Depuis la transformation du GATT et OMC, à Marrakech, le processus d’ouvertures généralisées est en panne (Ph. Diplomatie brésilienne)  

La pandémie de Covid-19 a, en quelques semaines, fait tourner en bourrique une économie mon­diale régulière mais peu spectacu­laire, apportant une nouvelle misère et une nouvelle anxiété à des mil­lions de personnes qui craignaient déjà pour la santé et la sécurité de leurs proches.

Les chaînes d'approvisionne­ment complexes ont été perturbées par des fermetures d'usines généra­lisées et des problèmes de transport des composants dans les ports et à travers les frontières. Des mesures d'éloignement social d'urgence ont fortement réduit la demande, les gens restant chez eux et annulant leurs dépenses, tandis que des en­treprises non essentielles ferment leurs portes.

Politiques budgétaires orientées Santé

Les gouvernements ont déjà dé­voilé des mesures de relance bud­gétaire et monétaire pour contrer les effets économiques de la pan­démie — et pour éviter que le coup soudain porté aux entreprises et aux ménages ne se transforme en nouvelle crise bancaire. Les gou­vernements du G20 ont accordé un soutien de plusieurs billions de dol­lars pour soutenir les consomma­teurs, les hôpitaux, les travailleurs et les entreprises de toutes tailles.

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Les banques centrales du monde entier ont réduit les taux d'intérêt et mis à la disposition des banques de vastes quantités de liquidités afin qu'elles puissent continuer à prêter. Les biens et services médicaux constituent un rare segment de l'éco­nomie dans lequel la demande est en hausse. Les gouvernements et les entreprises s'efforcent d'augmenter la production de tous les produits, des masques et autres équipements de protection individuelle aux venti­lateurs, aux kits de test, aux médica­ments et — bientôt, nous l'espérons — aux traitements et vaccins.

Sur le plan de la politique com­merciale, les membres de l'OMC, dont les Etats-Unis, la Chine, la Co­lombie, le Canada et le Brésil, ont introduit des dizaines de mesures pour faciliter le commerce des pro­duits médicaux liés à la Covid, en réduisant les droits d'importation, en allégeant les formalités de dédoua­nement et en allégeant la bureaucra­tie en matière de licences et d'appro­bation. Ces mesures contribuent à rendre ces produits plus abordables pour les consommateurs nationaux.

Protections, il ne faut pas exagérer!

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D'autre part, d'autres mesures — y compris celles prises par certains de ces mêmes pays — ralentiront le commerce, notamment les res­trictions à l'exportation que les gou­vernements ont introduites pour les médicaments, les équipements de protection et les ventilateurs, afin de renforcer la disponibilité sur le marché intérieur.

Les règles de l'OMC autorisent de telles restrictions en cas de pénu­rie ou de menace pour la santé. Mais la restriction des exportations des fournisseurs potentiels peut pertur­ber les chaînes d'approvisionnement et causer de graves problèmes dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables qui dépendent généra­lement beaucoup des importations pour leur équipement médical.

C'est pourquoi il était important, lorsque les dirigeants du groupe des 20 prin­cipales économies ont convenu la semaine dernière que les mesures commerciales liées à la pandémie devaient être «ciblées, proportion­nées, transparentes et temporaires».

Les gouvernements ont une cer­taine marge de manoeuvre pour agir au niveau national afin de réduire leur facture de lutte contre la pandé­mie. Nos données montrent que les droits d'importation moyens appli­qués sur tous les produits médicaux essentiels Covid-19 sont de 4,8% - 11,5% pour l'équipement de pro­tection individuelle et 17% pour le savon à mains.

Une structure ad hoc?

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Mais ils ne peuvent pas en faire assez en agissant seuls. Il est dans l'intérêt de tous les pays de coopé­rer pour maintenir le commerce des produits médicaux largement ouvert. Aucun pays n'est autosuffisant, quelle que soit sa puissance ou son niveau de développement. Le commerce per­met la production et la fourniture effi­caces de fournitures et d'équipements médicaux à mesure que la maladie progresse selon des calendriers dif­férents dans les différents pays.

Le commerce est également un canal es­sentiel pour l'accès à la nourriture et à l'énergie. Le coup porté aux finances publiques et aux budgets des ménages sera suffisamment sévère sans pour autant rendre les fournitures néces­saires plus rares et plus chères.

L'OMC fait sa part pour aider les gouvernements. La transparence des politiques commerciales aidera les gouvernements et les entreprises à planifier leurs décisions en matière d'approvisionnement et de produc­tion. C'est pourquoi j'ai exhorté les membres de l'OMC à partager rapidement les informations sur les politiques commerciales liées à la Covid.

La tâche qui nous attend est immense, mais avec les bonnes politiques, un leadership fort et une approche collective, nous pouvons li­miter les dégâts et entamer ensemble le processus de redressement.

Productions locales

Le fait est que le commerce devra faire partie de toute réponse d'approvisionnement rapide et rentable à l'épidémie de Covid-19. Les recherches menées par les économistes de l'OMC indiquent que le commerce actuel de produits médicaux essentiels au traitement de la Covid-19 est considérable: en 2019, les pays ont échangé pour 597 milliards de dollars de produits tels que des masques et des gants, des savons et des désinfectants pour les mains, des équipements de protection, des masques à oxygène, des ventilateurs et des oxymètres de pouls.
Alors que le monde tente d'accélérer la production de fournitures médicales, il est logique de s'appuyer sur les réseaux de production et de distribution transfrontaliers existants. Nous voulons que les fabricants de ventilateurs s'attachent à en fabriquer autant qu'ils le peuvent, sans chercher à s'approvisionner en composants sur le marché intérieur, ni se demander si les pièces importées ne vont pas se retrouver coincées à la frontière. Nous voulons que le personnel médical dispose le plus rapidement possible de tous les équipements de protection dont il a besoin — l'origine de ces équipements n'est pas la question.

                                                                                      

Moins 12%, prévoit Wall Street, pour les champions

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Aux Etats-Unis, les pertes d'em­plois sont plus graves que celles du plus fort de la crise financière mondiale en 2008-2009. Les revenus des travailleurs vulnérables se tarissent dans les pays en développement où les filets de sécurité sociale sont faibles. Les projections de Wall Street concernant la chute continue de la production économique vont du plus sombre au plus alarmant. L'OMC publie cette semaine ses prévisions com­merciales pour l'année. Il est probable que même dans le meilleur des cas, le commerce diminuera plus fortement qu'en 2009, année où le volume des échanges s'est contracté de 12%.

 

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