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Tribune

Le coronavirus a-t-il confiné la RSE?

Par Mhamed ABDELHAK | Edition N°:5736 Le 08/04/2020 | Partager

Mhamed Abdelhak est député PJD(*), directeur associé et past président Agef

Naïf celui qui pensera que le coronavirus sera vite oublié une fois que le virus s’envole. Force est de re­connaître que le gouvernement dans sa lutte n’a pas lésiné sur les moyens pour réussir l’équilibre combien dif­ficile entre santé et économie. Aussi sommes-nous conscients que ménager le choux et la chèvre est une épreuve exigible pour des raisons autant poli­tiques que d’éthique.

Dieu merci, nous ne sommes pas mentalement américains pour nous faire des soucis pour Wall Street et le Dow Jones au détriment des dizaines de milliers d’êtres humains menacés de mort. Ainsi deux grandes décisions majeures, entre autres, ont été prises par les instances qui gouvernent notre pays:

- le confinement précoce qui, autre­ment dit, privilégie la protection de la santé des citoyens en desserrant les contraintes économiques. Cette opéra­tion a été soutenue par une campagne médiatique animée avec beaucoup de pédagogie au regard de la culture am­biante.
- la création d’un fonds de solidarité par SM le Roi de 10 milliards de DH, montant qui est en passe de tripler grâce à la générosité des Marocains, toutes couches sociales comprises.
Ce fonds, dont le sens solidaire domine le volet matériel, permettra de compenser, ne serait-ce que partielle­ment, les conséquences d’un confine­ment ayant affecté les salariés et les entreprises et l’ensemble des citoyens.
Dans ce cadre, un site covid 19 cnss a été créé pour que les «sociétés en dif­ficulté» puissent s’y inscrire et faire bé­néficier leurs salariés de 1.000 DH pour les 15 jours de mars et 2.000 DH pour les deux autres mois à venir, allocations familiales et AMO en sus.
Or il s’avère que cet avantage est loin d’apporter une solution globale du fait qu’il ne résout pas le problème des salaires de l’encadrement beaucoup plus importants sans compter les avan­tages inhérents aux fonctions.
Ainsi, certains décideurs à court d’idées innovantes optent pour la faci­lité de recours à la subvention modique de la CNSS et en filigrane veuillent se débarrasser de la responsabilité du per­sonnel pour la rejeter sur l’Etat.
Curieusement, ces employés qui furent des «Ressources humaines», force vitale de l’entreprise, sont deve­nus brusquement des «laissés-pour-compte», sans valeur marchande. Telle une marchandise hors service ou obso­lète, le «capital humain», comme beau­coup le qualifient, serait en passe d’être retourné à son fournisseur. C’est dire que le concept de la RSE (Responsa­bilité sociale des entreprises) dont cer­taines sociétés ont concouru pour béné­ficier de trophées qui meublent le décor de certains bureaux, a été vite bradé en contre-partie de la somme modique de 2.000 DH/mois.
Les «chartes de valeurs» qui se targuaient de présenter les Ressources humaines comme principales richesses de la société n’auraient été qu’un papier bon pour la consommation des col­loques et des séminaires ainsi que les audits clients.

«Chacun chez soi et pas chacun pour soi»

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L’économie marocaine, tributaire d’un marché mondialisé, est presque à l’arrêt. Face à une crise multi-facettes sans précédent, le pays a aujourd’hui plus que jamais besoin de l’engagement de tous. De leur côté, les agences de notation croient en sa capacité de rebondir rapidement après cette tempête (Ph. L’Economiste)

Messieurs,
Le Maroc, à l’instar du monde, souffre. Son économie, tributaire d’un marché mondialisé, est presque à l’ar­rêt pour une cause indépendante de sa bonne volonté. Son gouvernement se démène comme un beau diable der­rière son Roi pour contrecarrer une crise multi-facettes sans précédent. Ce pays, qui vous a choyé, adulé à ce jour, a besoin de votre engagement de son côté. Pour parler votre langage, vous avez monté un «business model» inté­gré dans un écosystème, soutenu par un ministère engagé sans conditions à vos côtés.
Très soucieux de votre pérennité et développement il n’a ménagé aucun effort, matériel, pour booster votre pro­ductivité et garder vos parts de marché dans un monde compétitif.
Vous, au même titre que le Maroc, êtes pris de court par ce «fait de Prince» dont on ne maîtrise pas la fin. Autant être solidaires dans une démarche salu­taire au mieux des intérêts réciproques.
Oui, le secteur industriel de l’auto­mobile suivi par l’aéronautique ont été une success story «made in and by Morocco». Ne gâchons pas cette belle histoire par une course aux subsides du «covid 19 de la Cnss». A ce sujet, je reprendrais volontiers les mots d’un dirigeant du secteur: «Ne faisons pas les petits de la classe. Soyons des grands à l’instar de l’image exemplaire de l’écosystème dont nous avons ap­précié le montage». De grâce, le port d’une tenue de «cow boy» chasseur de primes n’est pas assortie à votre sta­ture. Le pays souffre et est, comme tout le monde, à la recherche de solutions solidaires.
«Si vous considérez que la subven­tion est un élément de performance, continuez à penser; agissez plutôt sur votre productivité...», disait un auditeur, bien avant cette crise. Dans le même sens, un journaliste français titrait ré­cemment:
«Chacun chez soi et pas chacun pour soi».
Oui, le gouvernement doit porter une oreille attentive à vos problèmes qui doivent être les siens car votre sec­teur sera confronté à de grands défis.
Des solutions hautement impor­tantes «ad hoc» devront être négociées avec vous en toute responsabilité pour pérenniser le leadership du secteur in­dustriel au mieux des intérêts de l’éco­nomie du Maroc, de vos ressources humaines et de vos entreprises. Dans ce sens, ne pourrait-on pas étudier des concessions dérogatoires sur l’IS, les charges patronales CNSS en fonction de l’effort consenti en termes d’emplois maintenus ou autres motivations d’inté­rêt général.
Pour conclure, ne doit-on pas sai­sir l’opportunité et les malheurs de la crise sanitaire actuelle pour donner un contenu fort au concept de RSE devenu RSEE (ajout d’un E pour l’Environ­nement et la transformation du Social en Sociétale, un «self Wash» culturel pour garder l’air du temps) et pour nous consolider le processus win-win avec un pays qui vous a fait confiance et qui compte sur vous?

Création prodige du capital

PERMETTEZ-moi de rappeler à l’occasion que le concept RSE est une création prodige du capital dont la mise en place a bien redoré le blason du capital et a contribué à une paix sociétale. Le soin apporté aux résultats financiers courtermistes n’a aucun sens face aux menaces de milliers de morts du coronavirus et de perte de milliers d’emplois qui en découlent. Bien sûr, il faut bien trouver les moyens de reprendre au plus vite le chemin de nos usines, ouvertes et sécurisées, car nous avons besoin d’une bonne récolte fiscale en fin d’année 2020 si Dieu le veut!

 

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