×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Tourisme: Les scénarios de relance

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5736 Le 08/04/2020 | Partager
Les plus optimistes tablent sur le mois de juillet pour le tourisme de loisir
Pour redémarrer le moteur, il faut une série de mesures fiscales
Et créer enfin le Fonds de développement touristique
othmane-cherif-alami-036.jpg

Pour Othmane Cherif Alami, entrepreneur touristique, il y a déjà des prémisses de confirmation pour le segment du tourisme d’affaires pour octobre et novembre. Ce sont pour la plupart des événements qui devaient se tenir en mars et avril et qui ont été reportés (Ph. OCA)

- L’Economiste: Est-il oppor­tun de parler de plan de relance?
- Othmane Cherif Alami:
Par­ler de reprise est certes trop tôt, mais il est l’heure – si ce n’est pas déjà trop tard – d’étudier les scena­rii de relance. Nous devons suivre les tendances de nos marchés clients et les mouvements de fron­tières. A titre d’exemple, la France va contrôler les flux entrants au ni­veau sanitaire jusqu’au mois d’oc­tobre. Alors la reprise dépendra justement de la capacité aérienne et de l’ouverture des frontières. Ce qui est sûr, c’est que nous ne retrouverons le rythme de 2019 que dans 3 à 5 ans. Maintenant, le scénario le plus optimiste est une reprise en juillet/août et septembre pour le tourisme des loisirs avec une estimation de 50% en moins par rapport à 2019. Le tourisme d’affaires reprendra à partir d’oc­tobre et novembre et Marrakech dans les deux cas sera toujours privilégiée. Nous avons déjà des prémisses de confirmation pour ce segment. Ce sont pour la plu­part des événements qui devaient se tenir en mars et avril et qui ont été reportés. Donc, confiance en la destination marocaine.

- Peut-on estimer les pertes en nombre de touristes durant cette période?
- Entre mars et fin juin 2020, une perte pourrait être de 4 à 5 millions de touristes. Mais, les pertes impacteront surtout les en­treprises touristiques et particuliè­rement les PME/TPE qui ne pour­ront pas résister à moins de lancer une série de dispositions pour les soutenir.

- Justement, vous parlez d’une série de mesures. Quelles sont les plus urgentes?
- Tout d’abord, il faut rappe­ler que le secteur est un grand employeur et est aussi un grand contributeur au rapatriement de devises. Pour moi, les mesures doivent être de quatre ordres: un budget de soutien à la digitalisa­tion, à la commercialisation et au marketing. Deux, une action sur la TPT (taxe de promotion touris­tique) et de la taxe de séjour, et ce du 1er juillet 2020 au 31 décembre 2021. L’idée est de ne verser que 50% de ces taxes à l’Office et aux communes afin de mener des actions de co-marketing avec les tour-opérateurs d’une part, et de l’autre renforcer les activités cultu­relles dans les établissements, mais aussi dans les quartiers avec de l’animation de proximité.

- Vous souhaitez aussi une ré­duction de la TVA?
- Oui, et c’est pour nous per­mettre en tant qu’entreprise touris­tique de proposer un produit avec un bon rapport qualité/prix et faire rapidement redémarrer le moteur. Car n’oubliez pas que des fron­tières vont rouvrir, nous ne serons pas les seuls à défendre notre busi­ness. Deux mesures pourront nous aider: la réduction de la TVA à un taux unique de 5%, pour le secteur, sur une période de 18 mois à partir de juillet 2020 et une réduction de l’IR pour les salariés du tourisme, sachant que la majorité sont en dessous de 60.000 DH/an. Cette mesure nous permettra de stimuler nos salariés pour travailler davan­tage, améliorer notre produit et soutenir l’économie solidaire. Pour un salarié qui perçoit 4.000 DH brut, ça serait une augmentation de 300 à 500 DH/mois et, croyez-moi, cela lui permettra d’aider sa famille et rattraper les 3 à 6 mois de chômage technique qu’il a subi.

- La crise laissera-t-elle beau­coup d’entreprises du secteur sur le carreau?
- Certainement, mais pas qu’au Maroc. Au niveau mondial, des chaînes hôtelières et des compa­gnies aériennes ont annoncé des catastrophes financières et des fer­metures! Air France vient de sol­liciter le gouvernement français pour recapitaliser la compagnie. C’est dire les impacts de cette crise. Au Maroc, la vision 2020 devait mettre en place un fonds d’aide au développement touris­tique qui n’a jamais vu le jour. Et bien, il est temps de le créer et le dédier exclusivement aux PME et TPE qui sont en difficulté au­jourd’hui et qui sont des parte­naires incontournables du tourisme (restaurants, musées, transporteurs, bivouacs, guides, agences…). Ce fonds pourra fonctionner sous forme de cluster avec des prises de participation. Cela permettra d’aider financièrement ces entre­prises mais aussi en termes de management. Le tourisme ne peut que progresser et rester toujours en résilience. Le Maroc est naturelle­ment une très belle destination, et c’est reconnu!

Lever les restrictions aux voyages dès que possible

L’organisation mondiale du tourisme vient de publier ses recommandations pour soutenir le tourisme et atténuer l’im­pact de la crise. Les plus importantes concernent le maintien des emplois. Aussi, l’OMT recommande-t-elle de revoir les taxes et redevances, la réglementation des voyages et du tourisme, et de soutenir les trésoreries des entreprises. L’Organisation insiste sur la nécessité de faire une place au tourisme dans les programmes de redressement nationaux, régionaux et internationaux et dans l’aide au développement et des incitations financières à l’investis­sement et à l’exploitation touristiques. Pour la relance du secteur et l’accélération du redressement, l’OMT suggère de lever les res­trictions sur les voyages dès que la situation sanitaire le permettra, de faire progresser la facilitation des voyages et d’intensifier le marketing et investir dans les partenariats. Elles sont consultables sur son site.

Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

                                                                             

■ «Nos concurrents préparent déjà l’après-Covid-19!»
 

rachid-dahmaz-036.jpg

Rachid Dahmaz, président du CRT Agadir
La Turquie, la Tunisie et l’Egypte se pré­parent à l’après-Covid-19et nous devons faire au­tant pour ne pas rater le coche, indique Rachid Dahmaz, pré­sident du conseil régional du tou­risme d’Agadir. Pour lui, il faut travailler sur deux fronts: le tourisme national qui repren­dra le plus rapidement possible à condition de mettre en place une politique tarifaire adéquate et en mettant l’accent au niveau de la commu­nication sur la solidarité envers les entreprises du pays. «A l’international, nous dépendons évidemment de l’ouverture des frontières, mais sachez que les TO souhaitent redémarrer l’acti­vité et que les low-cost, les compagnies régu­lières et même les charters attendent juste un signe des gouvernements pour libérer le ciel et reprendre les vols». Dahmaz insiste sur un accompagnement des TO et des compagnies aériennes.

■ «La reprise mais avec des garanties de sécurité sanitaire»
 

taoufik-madih-036.jpg

Taoufik Madih, président de l’ARAVMS
«Après avoir assuré le retour de l’ensemble de nos hôtes dans leur pays respectif et dans les meilleures conditions, on commence à étudier toutes les possibilités de plan de relance», indique Taoufik Madih. «Pour une vraie reprise, il faudra présenter aux clients des garanties en termes de sécurité sanitaire». Selon Madih, le point de redémarrage de l’acti­vité sera le tourisme domestique et c’est général à tous les pays du monde, en particulier ceux du bassin méditerranéen. «Les voyageurs vont favoriser dans un premier temps le balnéaire et nous avons de très belles plages sauvages dans la région de Marrakech/Safi et à travers tout le Royaume». Pour Madih, il faut également mener des actions de promotion et des offres incitatives pour récupérer les Marocains qui ont l’habitude de voyager à l’étranger. Pour le mice, il n’y a pas encore de grandes visibilités, puisque les choses évoluent chaque jour. «Notre souhait est de ma­térialiser le reste des carnets de commandes entre septembre et octobre».

■ «Il est trop tôt pour parler de reprise»
 

hamid-bentahar-036.jpg

Hamid Bentahar, président du CRT Marrakech
«Il est trop tôt pour parler reprise, le plus important aujourd’hui est la santé des Maro­cains», estime Hamid Bentahar, président du CRT de Marrakech. Le Conseil a créé une cel­lule de reprise avec l’ONMT pour identifier les actions à travailler et les plans adaptés à chaque marché émetteur, après la réouverture des frontières.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc