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Cnuced: Secousses sur les IDE

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5730 Le 31/03/2020 | Partager
La pression à la baisse pour­rait être de -30% à -40% en 2020-2021
La crise actuelle s’annonce plus sévère que celle de 2008

«Les estimations actualisées de l’impact économique et les révisions des bénéfices des plus grandes entreprises multinationales suggèrent que la pres­sion à la baisse sur les investissements directs étrangers (IDE) pourrait être de -30% à -40% en 2020-2021», relève la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (Cnuced) dans ses dernières projections.

Début mars, l’agence onusienne avait estimé que la croissance annuelle de ces investissements directs étrangers recule­rait entre -5% et -15% par rapport aux es­timations de janvier. Elle tablait alors sur leur stabilité sur la période 2020-2021 ou sur une croissance modeste (+5%). Mais entre-temps, la pandémie de Covid-19 s’est propagée dans le monde avec ses dégâts collatéraux.

Désormais, l’impact ne se limite pas seulement aux économies étroitement intégrées aux chaînes de valeur mon­diales et donc dépendantes de l’écono­mie chinoise (Ndlr: Euler Hermes pré­voit une reprise complète de cette activité d’ici fin avril, cf. notre édition N° 5729 du 30 mars 2020).

Mais, «il est désormais évident que les efforts d’atténuation de la pandémie et les blocages dans le monde auront des effets dévastateurs sur toutes les économies, indépendamment de leurs liens avec les réseaux d’approvisionne­ment mondiaux», soulignent les écono­mistes.

Pour mieux illustrer l’impact de cette situation, la Cnuced effectue le parallèle avec la crise financière mon­diale de 2008. Le scénario négatif serait plus important à plusieurs égards. Tout d’abord, il pourrait être beaucoup plus étendu, affectant les IDE et les investis­sements dans les pays en développement autant que dans les économies dévelop­pées, voire plus. Deuxième schéma tant redouté, l’impact pourrait même être beaucoup plus immédiat, car le choc de la demande s’accompagne d’inter­ruptions et de reports forcés des projets d’investissements.

Si la pandémie devenait une crise du secteur financier, elle aurait un effet «en cascade supplémentaire sur les flux d’investissement mondiaux». D’autant que la fermeture physique des lieux d’af­faires, des usines de fabrication et des chantiers de construction entraîne des retards immédiats dans la mise en oeuvre des projets d’investissement.

La Cnuced note également que d’autres dépenses seront entièrement bloquées. A titre d’indication de l’effet immédiat potentiel des blocages, les investissements en actifs fixes ont chuté de 24,5% en Chine au cours des deux premiers mois de cette année. «Les me­sures de verrouillage n’ayant pris effet qu’après la mi-janvier et de manière iné­gale dans toute la Chine, il est probable que l’effet soit bien plus important», avertissent les experts.

Les industries les plus touchées

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En moyenne, les 5.000 premières multinationales, qui représentent une part importante des IDE, ont vu leurs estimations de revenus pour 2020 révisées à la baisse de 30% en raison du coronavirus. Et selon la Cnuced, la tendance devrait se poursuivre. Les industries les plus touchées sont celles de l’énergie et des matériaux de base (-208% pour l’énergie, avec le choc supplémentaire causé par la chute des prix du pétrole), les compagnies aériennes (-116%) et l’industrie automobile (-47%). Cette dernière industrie a été la première à avoir révisé ses bénéfices pour anticiper le choc de la chaîne d’approvisionnement. Les industries qui s’attendent maintenant à être touchées par une baisse de la demande mondiale rattrapent rapide­ment leur retard.

F. Z. T.

                                                                                            

■ OCDE: La facture du confinement
Le confinement liée à la crise du coronavirus affectera directement les secteurs re­présentant jusqu’à un tiers du PIB dans les plus grandes économies. Chaque mois de confinement entraîne une perte de 2% dans la croissance du PIB annuel. C’est ce qu’a fait savoir le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría en dévoilant les dernières estimations de l’OCDE, en amont du sommet virtuel du G20 qui s’est tenu la semaine dernière, sous la présidence saoudienne. Le secteur du tourisme est, à lui seul, exposé à une chute de l’activité qui s’élève à 70%. Les implications pour la croissance dépendront notamment de l’ampleur et de la durée des fermetures nationales, de l’étendue de la réduction de la demande de biens et services dans d’autres secteurs de l’économie et de la vitesse à laquelle le soutien des politiques fiscales et monétaires prendra effet. Lors du sommet virtuel, les participants ont promis d’injecter plus de 5.000 milliards de dollars dans l’économie.

■ OMT: Le tourisme va mal
La crise du coronavirus va entraîner une chute des visites touristiques de 20 à 30% en 2020, prévoit l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) qui s’attendait jusqu’à présent à une baisse de 1 à 3% par rapport à 2019. Elle chiffre à entre 300 et 450 milliards de dol­lars, la baisse des rentrées touristiques, ce qui équivaudrait à environ un tiers des recettes générées en 2019. «Cette baisse est due à l’introduction sans précédent de restrictions de voyage à travers le monde», explique l’OMT. Tout en soulignant que cette nouvelle prévision doit être prise avec prudence étant donné la nature extrêmement incertaine de la crise actuelle. La dernière grande crise économique avait entraîné une baisse de 4% du tourisme en 2009, rappelle l’Organisation. En 2003, la baisse avait été de seulement 0,4% après l’épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui a causé plusieurs décès. Avant le début de la crise sanitaire, l’OMT prévoyait une croissance de 3-4% pour le tourisme mondial.

■ Dette des pays pauvres: Un appel du FMI et de la BM
La Banque mondiale et le FMI ont communiqué au G20 une déclaration commune. Celle-ci concerne l’allégement du poids de la dette des pays les plus pauvres. Les deux institutions appellent tous les créanciers bilatéraux publics à suspendre, avec effet immé­diat et dans le respect des lois nationales des pays créanciers, les paiements au titre du remboursement de la dette des pays IDA (emprunteurs de l’Association internationale de développement) qui en demandent une dispense. Cette mesure aidera à répondre aux besoins immédiats de liquidités de ces pays face aux difficultés que pose la crise liée au coronavirus. Elle laissera du temps pour évaluer son impact et les besoins de financement de chaque pays. Le FMI comme la Banque mondiale sollicitent l’approbation de ce projet par le Comité du développement lors des Réunions de printemps qui se tiendront les 16 et 17 avril.

■ UE: Des dirigeants appellent à créer des «corona bonds»
Plusieurs pays de la zone euro (Italie, Espagne, France en tête) ont appelé à adopter un instrument de dette commun pour lever des fonds sur le marché au profit de tous les Etats membres. La mutualisation des dettes des pays européens est depuis longtemps réclamée par les pays particulièrement endettés du Sud de l’Europe, comme l’Italie, mais elle est rejetée par les pays du Nord. Certains dirigeants prêchent pour un recours au fonds de sauvetage de la zone euro (Mécanisme européen de Stabilité ou MES) qui pourrait octroyer une ligne de crédit aux Etats en difficulté. Mais l’Italie, le pays le plus endetté (130% du PIB) derrière la Grèce, s’y oppose, car les prêts du MES sont habi­tuellement soumis à des conditions strictes. La chancelière allemande Angela Merkel a fait part de son opposition à l’idée d’émettre des «corona bonds», comme souhaité par les dirigeants français et italien notamment. Et ce, afin de disposer d’un instrument de dette commun pour répondre à la crise liée au coronavirus.

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