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Marchés de gros: Covid-19 va-t-il forcer la réforme?

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5723 Le 20/03/2020 | Partager
Pour contrer la spéculation, les producteurs autorisés à livrer directement les GMS
Les agriculteurs appellent à l’extension de la mesure aux marchés de proximité

C’est une première! Le ministère de l’Intérieur déroge à la règle et autorise les producteurs de fruits et légumes de livrer directement les magasins de grande et moyenne surface. Donc sans passer par les marchés de gros. Prise conjointement par l’Intérieur et le ministère de l’Agriculture, la décision porte sur un mois, à compter du 18 mars.

Elle n’en demeure pas moins révélatrice d’un constat: l’épicentre de spéculation qui distingue ces plateformes de négoce des fruits et légumes. D’autant plus que la plupart sont devenues la chasse gardée des marchands. A titre d’exemple, les producteurs n’ont plus accès, depuis plusieurs années, au marché de gros de Casablanca. 

La réaction des départements signataires de la décision fait suite à la flambée des prix face à la forte demande sur les divers produits agricoles. Pour le moment, le retour à la normale n’est pas encore perceptible. Les prix des tomates, oignons, carottes, pommes de terre, navets et aromates se maintiennent toujours à des niveaux élevés.

D’où la demande de la Fédération interprofessionnelle des producteurs de fruits et légumes «d’étendre la décision aux marchés des quartiers populaires et aux commerces de proximité». Ce sont là, des places qui concentrent le gros des volumes mis à la vente. De plus, la désorganisation et le déficit de logistique ne leur permettent pas d’accéder aux marchandises départ ferme.     

Pourtant, l’offre ne fait pas défaut. Et les stocks et la production couvrent largement les besoins sur les trois prochains mois. Ceci, pour toutes les denrées alimentaires. Selon le ministère de l’Agriculture, le stock de blé détenu actuellement par les organismes stockeurs couvre 3 mois d’écrasements des minoteries industrielles. Et devrait s’élever à 4 mois vers fin avril.

De même, les importations se développent dans des conditions favorables, compte tenu de l’offre mondiale à des prix jugés compétitifs, par les professionnels. Pour ce qui est des fruits et légumes, la production des tomates primeurs couvrira les besoins du marché jusqu’au mois de mai. Même constat pour la pomme de terre et l’oignon.

En somme, la production des maraîchages va couvrir les besoins du marché national même pendant le mois de Ramadan qui enregistre une forte hausse de la  consommation. Autre fruit à forte demande pendant le mois de Ramadan, le stock des dattes est jugé satisfaisant.

La production laitière permet un volume à traiter de 165 millions de litres contre un besoin moyen mensuel de 125 millions et atteint 135 millions de litres au mois de Ramadan.

Concernant les viandes rouges (bovines, ovines et caprines) le disponible  est suffisant pour couvrir les besoins de consommation. L’offre de viande blanche et œufs est également supérieure aux niveaux de consommation. De plus la filière avicole ne s’attend pas à une baisse d’approvisionnement en aliments. Même dans la perspective d’une mauvaise campagne céréalière. La quarantaine d’usines de fabrication dispose d’une capacité installée de l’ordre de 6 millions de tonnes d’aliment de bétail.   
En ce qui concerne l’approvisionnement en produits de la pêche, aucun impact ou pénurie n’est à redouter. La campagne des petits pélagiques intervient généralement en milieu de la saison printanière. C’est le cas pour la sardine, qui reste un produit prisé par le consommateur marocain.

A noter que l’import des denrées de base ne devrait pas connaître de perturbation. Les échanges extérieurs évoluent normalement jusqu’à présent.

Il est également à signaler que l’approvisionnement en produits importés ne connaît aucune perturbation étant donné que les flux de marchandises se poursuivent normalement à l’import comme à l’export.

L’offre en chiffres

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Durant la période allant d’aujourd’hui à juin, l’approvisionnement sera assuré par les stocks actuels et par la production des cultures en place dans plusieurs périmètres. Les volumes prévisionnels durant cette période s’élèvent à 352.000 tonnes pour la tomate, 910.000 tonnes pour la pomme de terre et 412.000 tonnes pour l’oignon (principalement vert). Ces quantités couvrent largement les besoins de consommation y compris pendant le mois de ramadan. Pour la période juillet-décembre, les besoins seront couverts par la production des cultures installées au printemps et en été dans les périmètres irrigués. Les volumes des productions prévisionnelles durant cette période s’élèvent à 540.000 tonnes pour la tomate, 1 million de tonnes pour la pomme de terre et 520.000 tonnes pour l’oignon. De même, pour ces produits à forte demande, des dispositions sont prises pour étendre les superficies réservées au maraîchage dans les périmètres irrigués, indique le ministère de l’Agriculture.

A.G.

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