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Economie

Lutte contre le coronavirus/Détroit: Le TIR en régime «semi-normal»

Par Ali ABJIOU - Jean Modeste KOUAME - | Edition N°:5719 Le 16/03/2020
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Le coût de l’immobilisation pourrait atteindre les 800.000 DH/j pour Intershipping
Les chauffeurs soumis à des contrôles sanitaires stricts

La suspension des connexions maritimes avec l’Espagne est tombée comme un couperet. Dès l’annonce de la décision, jeudi en fin d’après-midi, les autorités des ports de Tanger-ville et de TangerMed se sont empressées d’annuler les connexions et fermer l’enregistrement des départs prévus dans la soirée.

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Les ferries transportant les camions et les équipages roulants de transport routier continuent de naviguer entre les ports de TangerMed et Algésiras afin de continuer à alimenter le secteur industriel (Ph. Adam)

La décision a pris de court de nombreux voyageurs, marocains et espagnols, qui devront prendre leur mal en patience en attendant la levée de la suspension. Plusieurs dizaines de voyageurs étaient bloqués, jeudi soir dans les environs du port de Tanger-ville, la tension et le désespoir étaient visibles dans leurs visages, mélangés à un sentiment d’impuissance face à un cas de force majeure qu’est la pandémie mondiale de coronavirus qui a pris de l’ampleur chez le voisin ibérique.

Du côté des compagnies maritimes, la décision n’a pas trop surpris. «Nous sommes depuis plusieurs semaines en mode “prévention”», note Rachid Chrigui, directeur général d’Intershipping, l’une des compagnies maritimes travaillant dans le détroit. Sur instruction de la Marine marchande, les compagnies se sont équipées en matériel de prévention: masques, gants mais surtout pistolets de prise de température pour dépister les cas de maladie.

Mais l’arrêt de la navigation suppose une perte sèche dont les chiffres ont commencé à s’aligner dès jeudi soir. «L’immobilisation de la flotte c’est une perte nette de près de 800.000 DH par jour», note Chrigui. Un bateau, même à l’arrêt, consomme du combustible pour faire tourner ses générateurs d’énergie électrique, en plus de l’entretien quotidien, en plus des charges de personnel.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune mesure d’appui n’avait été annoncée, même si les opérateurs restent confiants, ajoute Chrigui, la décision étant toute récente. Il est vrai aussi que la suspension arrive à un moment où le trafic maritime de passagers est au plus bas. C’est aussi la période que les compagnies choisissent pour mettre leurs bateaux en cale sèche pour leur entretien périodique en attendant l’été.

A noter que la décision ne concerne pas les ferries transportant les camions et les équipages roulants de transport routier. Ces derniers continuent de naviguer entre les ports de TangerMed et Algésiras afin de continuer à alimenter le secteur industriel.

Les conducteurs de ces camions sont soumis à un contrôle sanitaire avec une prise de température corporelle systématique par des membres de l’équipage du ferry, selon une procédure dictée par la Marine marchande afin de détecter les cas de maladie. Ce qui permettra aux compagnies de naviguer en attendant des vents plus favorables.

Tourisme: Les mauvaises nouvelles s’accumulent

Après la vague d’annulations qui continue de peser sur les unités hôtelières de la ville de Tanger, la suspension de la connexion maritime avec la ville de Tarifa est perçue comme un coup dur pour tout le secteur. La connexion avec Tarifa est perçue comme une desserte maritime touristique par excellence. Lors du transfert du trafic passagers vers le port de TangerMed en 2010, la liaison Tanger-ville-Tarifa avait été maintenue pour permettre aux hôteliers, restaurateurs et transport touristique de la ville de profiter d’un flux continu de visiteurs, pour la plupart des excursionnistes issus du sud de l’Andalousie.
La suspension de cette connexion aura, selon les opérateurs, des effets négatifs sur le chiffre d’affaires de nombreux établissements. 

Ali ABJIOU

                                                                     

Logistique: Multiplication des restrictions

C’est le flou total chez les professionnels de la logistique. Le secteur est impacté directement puisque les chaînes logistiques globales conteneurisées sont paralysées en amont en Chine source d'approvisionnement mondiale. La situation s'aggrave avec les fermetures des frontières des pays européens voisins et la décision du président américain. Le risque est grand et la dépendance des approvisionnements du Maroc est à prendre avec précaution.

Contacté par L’Economiste, Aziz Mantrach, président de l'Association marocaine des agents maritimes (APRAM) et président de la commission logistique de l’Asmex explique : «Notre premier souci est de nous conformer aux restrictions qui évoluent de jour en jour. Le secteur du transport et de la logistique, qui a déjà du mal à survivre, va beaucoup souffrir de cette situation. Il serait normal de réfléchir sur la compensation et indemnisation des entreprises du secteur qui seraient impactés par cette situation et par les méfaits de la sécheresse de la campagne agricole».

La propagation du coronavirus provoque une multiplication des restrictions, à commencer par les annulations de lignes maritimes passagers et croisières avec l’Italie, l’Espagne et la France. S’y ajoutent les dispositions sanitaires à prendre par les agents maritimes avant d’embarquer à bord d’un navire étranger de marchandise, ou encore l’interdiction faite aux équipages étrangers de débarquer à quai dans les ports marocains et les formulaires de santé à remplir par les marins étrangers à bord des navires.

Le président de l’Apram précise que «les agents maritimes et consignataires des navires, qui travaillent dans le secteur de la croisière et des ferrys, sont immédiatement impactés à hauteur de 100%. La réduction prévisible des volumes à l’import et à l’export, va baisser les revenus de nos membres, d'environ 30%».

L’effet sur les importations est très important et pour le moment très difficile à chiffrer. Les grossistes de Derb Omar et de Derb Ghallef commencent déjà à enregistrer des ruptures de stock. Pour Mustapha El Khayat, président de l’Association marocaine pour la logistique (Amlog) et président de la Commission formation de l'Union maritime pour la Méditerranée Marseille, les importations électroniques et informatiques connaîtront incessamment des problèmes d'approvisionnement.

L'industrie automobile joue aussi sur ses stocks, mais les flux tendus montrent déjà leurs limites. Les seuls secteurs du commerce international qui sont provisoirement épargnés, estime-t-il, sont le vrac, en particulier, les solides. Que faire ? «A crise profonde et inattendue, il faut des réponses intelligentes et rapides en utilisant la logistique comme un des moyens pour maîtriser la situation».

M.Ko.

 

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