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Economie

Coronavirus: C’est la crise à Marrakech!

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5710 Le 03/03/2020 | Partager
Des annulations qui se comptent par plusieurs milliers chez les hôteliers
Des événements reportés dans le segment du Mice
Ne cédez pas à la panique et évitez les fake-news, les recommandations
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Marrakech, locomotive du tourisme, subit de plein fouet cette crise avec plusieurs milliers de chambres annulées, pour l’instant...(Ph. L’Economiste)

Branle-bas de combat auprès des professionnels du tourisme de Marrakech qui compte plus de 10.000 annulations, pour l’heure, à cause du coronavirus. Même si c’était prévisible, ces derniers ont tout de même tenu une réunion de crise organisée par l’AIH (Association de l’industrie hôtelière) de Marrakech/Safi, le 2 mars dernier pour anticiper les perturbations qui pourraient être engendrées par l’épidémie.

L’AIH appelle à la cohésion et à la vigilance sans céder à la panique, insiste son président Salaheddine Naciri. «Dieu merci, nous n’avons enregistré aucun cas au Maroc et on continuera à travailler», renchérit Abdelatif Kabbaj, hôtelier et président de la CNT. Pour Lahcen Zelmat, président de la fédération nationale de l’industrie hôtelière, plus que l’épidémie et les conséquences de cette maladie, ce sont les fake-news qui risquent de faire souffrir la destination et l’économie.

Pour un autre hôtelier de la place, il ne faut pas rêver, la destination ne sera pas épargnée. «A titre d’exemple, les italiens continuent de venir chez nous alors que tous les autres pays leur ont fermé les frontières. D’autres touristes pourraient être porteurs. C’est le principe même du brassage», commente-t-il.

De leur côté, les hôteliers ont commencé à sensibiliser leur personnel pour renforcer l’hygiène dans les cuisines, pour le nettoyage des chambres, des WC, pour prévoir du désinfectant pour les mains dans les points stratégiques… Par ailleurs, une cellule de crise vient d’être créée à Marrakech pour remonter l’information concernant les annulations et suivre de près les chiffres. Les professionnels demandent à ce que les autorités sanitaires et sécuritaires se joignent à cette cellule.

«De son côté, la mairie indique que le bureau d’hygiène a déjà un dispositif prêt en cas de détection de cas que ce soit pour la prise en charge ou pour la désinfection des lieux publics», indique Dr Hicham Boukhsibi, médecin directeur du bureau communal d’hygiène.

Dans tous les cas, la saison touristique est bel et bien menacée par l’épidémie du Covid-19 qui se mondialise toujours plus. Il est vrai que le week-end dernier, Marrakech cartonnait grâce à la multitude d’événements qui y étaient organisés. Mais, vu l’ampleur que connaît le virus, il a suscité des peurs –compréhensibles- des voyageurs qui souhaitent éviter les brassages massifs, les aéroports et  les autocars… Et les conséquences sur le tourisme à Marrakech deviennent de plus en plus importantes. 

Certains professionnels redoutent surtout la suspension des envies de voyage. Tout dépend de la communication qu’entreprendront les spécialistes du voyage. «Le réseau des tours opérateurs français, le Seto prévoit un ralentissement de 30 à 60% pour l’Afrique», indique un opérateur.

Dans la cité ocre, les annulations ont commencé à tomber. A l’heure où nous mettions sous presse, ces désistements se comptaient par plusieurs milliers. Si l’épidémie venait encore à s’étendre, on peut s’attendre à davantage de conséquences pour le secteur. Les voyagistes enregistrent également des annulations et des reports notamment dans le segment du mice.

Ce n’est qu’en juin ou juillet qu’il y aura de la visibilité pour les marchés émetteurs avant les vacances d’été. Ce qui veut dire que la récession pourrait bien s’installer pour cette période censée être la haute saison pour Marrakech. Certes la vague d’annulations concerne plusieurs destinations marocaines et mondiales et la ville ocre et ses professionnels sont habitués et rodés à ce genre de crise.

«Il y a eu le Sras, Ebola, les attentats terroristes, Marrakech a toujours montré sa résilience», relativise cet expert, membre de la cellule de suivi et de communication. Espérons que les professionnels du secteur n’iront pas vers les  résolutions extrêmes comme les renvois ou les licenciements.

A noter que Marrakech avait réalisé des scores en termes d’arrivées et de nuitées durant les trois dernières années et a terminé 2019 avec 2,6 millions de touristes qui ont réalisé 8,3 millions de nuitées. Le taux d’occupation moyen de ses hôtels a dépassé les 65% en 2019 et ses opérateurs souhaitaient le porter à 70% en 2020.

Badra BERRISSOULE

 

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