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Maroc/Chine: Le coronavirus déroute les armateurs

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5700 Le 18/02/2020 | Partager
Le «saut d’escale» induit des chutes de capacités à l’import
«Les effets volumes se feront sentir au Maroc à compter de début mars»
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Selon les données de l’Office des changes, les importations marocaines de Chine se sont chiffrées à 47,3 milliards de DH en 2018. En face, nos exportations ont atteint 2,5 milliards de DH en 2018 et 1,36 milliard de DH au 1er semestre 2019

Les armateurs annulent leurs escales sur les ports chinois. Dans le jargon maritime, l’expression consacrée pour désigner ce phénomène est le «blank sailing» ou «saut d’escale». «Tous les armateurs procèdent à de nombreuses réductions de capacité et beaucoup de navires annulent leurs escales en Chine, faute de volume.

L’impact pour notre industrie est énorme et est chiffré par certains experts à 350 millions de dollars par semaine», révèle Michaël Duhamel, PDG de Cosmo Shipping représentant exclusif au Maroc de Cosco Shipping, premier armateur chinois, troisième armateur mondial de port conteneurs derrière Maersk et MSC.

Les importateurs qui le peuvent se tournent déjà vers de nouvelles sources d’approvisionnement, Sud-Est asiatique, Inde ou encore la Turquie… Néanmoins, ces mêmes entreprises peuvent aussi dépendre d’importations chinoises et donc peuvent être à terme également impactées. Des zones d’export qui seront de facto touchées par la réduction de capacité.

Pour l’heure, les effets volumes ne se font pas encore sentir sur le Maroc, du fait qu’il faut compter entre 30 et 45 jours de transit maritime pour les importations en provenance de Chine. «Les premiers effets vont se faire sentir à compter de début mars», explique Michaël Duhamel, pour qui il est extrêmement difficile de se prononcer sur le risque sanitaire. «Je ne crois aucunement à une transmission du virus par consommation de produits chinois».

Dans sa dernière sortie devant la presse, lundi dernier, Li Li, ambassadeur de la République populaire de Chine au Maroc, rassurait: «Des mesures complètes et sérieuses, allant au-delà des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du règlement sanitaire international, ont été engagées pour contenir le coronavirus».

De son côté, l’OMS appelle à des mesures de protection et de prévention rationnelles et prudentes et ne recommande pas de restrictions de voyage et de commerce contre la Chine. Le nouvel an chinois a démarré le 25 janvier. Pour éviter d’être pénalisé dans cette période chargée en termes de mobilité où la Chine est à l’arrêt, les entreprises marocaines importatrices ont l’habitude de constituer des stocks avant la célébration du nouvel an.

Normalement, cette période de ralentissement ne dure en général pas plus de 10 jours et l’activité revient très vite à la normale. Mais avec la situation qui prévaut actuellement, les usines sont à l’arrêt depuis près de 3 semaines déjà.

A ce jour, les ouvriers des usines sont soit confinés chez eux, soit n’ont pas encore pu rejoindre leur domicile. Les personnes voyageant intra-Chine doivent rester en quarantaine pendant 14 jours à domicile, à leur retour chez eux. Les bureaux administratifs ont repris l’activité en début de semaine dernière. Le personnel revient donc progressivement au travail. Néanmoins, les usines sont les plus pénalisées.

«Même si des mesures sont mises en place pour les aider, certaines devront définitivement fermer. Il est improbable que les choses reviennent totalement à la normale avant début, voire mi-mars», soutient Duhamel. Les ports également assurent le service minimum.

La Chine est un grand partenaire commercial du Maroc. Le troisième depuis 2019. Aussi, le pays est-il une zone d’approvisionnement privilégiée pour les importateurs marocains de thé, machines et appareils électroménagers, récepteurs TV et radio, tissus synthétiques, téléphones... Selon l’Office des changes, les importations marocaines de Chine ont atteint 47,3 milliards de DH en 2018. Quant aux exportations, elles ne sont qu’à 2,5 milliards de DH et 1,36 milliard au 1er semestre 2019. Un quart des volumes transportés par Cosco Shipping Maroc sont issus de l’empire du Milieu.

M.Ko.

 

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