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    Politique

    PAM: Les dossiers chauds du nouveau patron

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5695 Le 11/02/2020 | Partager
    Composition du bureau politique, restructuration du parti…
    Abdellatif Ouahbi mise sur la coordination au sein de l’opposition
    Le rapprochement avec le PJD pour plus tard
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    Visiblement, la nouvelle ouverture politique en direction des islamistes de Abdellatif Ouahbi, SG du PAM, semble avoir payé même si elle est fortement critiquée par ce qui reste de la gauche radicale (Ph. Bziouat)

    Les premiers mots de Abdellatif Ouahbi en tant que nouveau secrétaire général du PAM affichent la couleur: «le parti restera dans l’opposition. Nous allons travailler avec les autres formations comme l’Istiqlal, le PPS et la Fédération de la gauche unie (FGU) pour renforcer la coordination».

    Normal, le nouveau patron ne peut pas faire autrement. Il ne peut pas basculer dans la majorité alors que les élections législatives et communales seront organisées dans une année et demie. Cette remarque est importante d’autant que le nouveau pilote de l’appareil PAM avait annoncé son intention de se rapprocher du PJD. C’est de notoriété publique, sa proximité avec les islamistes ne date pas d’aujourd’hui.

    Même si Abdellatif Ouahbi est un pur produit de la gauche socialiste, ce député de la région de Taroudant a joué la carte pragmatique. Pour lui, «il n’y a plus de lignes rouges, ni vertes ni bleues». La mission d’un parti politique, estime-t-il, est d’encadrer les citoyens et de trouver des solutions aux problèmes qui se posent dans la société. Du coup, l’alliance avec le PJD n’est plus un tabou. C’est la nouvelle ouverture politique que le SG a mis en perspective avant la tenue du 4e congrès.

    D’ailleurs, pour lui, si le PAM travaille sérieusement sur le terrain, en privilégiant la proximité avec les citoyens, il lui est possible d’arriver en tête ou au moins parmi les premiers. Une position politique qui lui permettra d’entrer dans le prochain gouvernement. Cette vision met le feu aux poudres dans les rangs de ce qui reste de la gauche radicale au niveau du PAM. Celle-ci accuse Abdellatif Ouhabi et ses amis d’avoir cédé le parti aux islamistes, en transformant le PAM en appendice du PJD, affirment-ils.

    Dans l’immédiat, le nouveau secrétaire général devra boucler plusieurs dossiers. Le plus urgent porte sur la composition du bureau politique. C’est lui qui doit choisir ses membres, tout en cherchant à travailler dans l’homogénéité, a-t-il noté. Officiellement, il ne fera pas la chasse aux sorcières. «Les ennemis en politique n’existent pas sauf des adversaires». Il a promis de ne laisser tomber aucun membre du PAM.

    Il est toutefois conscient qu’il faudra opter pour des profils qui lui apporteront l’aide nécessaire pour la reconstruction d’une formation qui était encore il y a quelques mois au bord de l’implosion. Maintiendra-t-il ses anciens adversaires du clan de la légalité dans le bureau politique ou se limitera-t-il à ses amis? C’est trop tôt pour le dire. On le saura prochainement, surtout que la tenue du 4e congrès ne s’est pas déroulée dans une ambiance empreinte d’une forte dose de démocratie, où les perdants félicitent le gagnant.

    Avec la séquence du congrès, Fatéma-Zahra Mansouri rempile en tant que présidente du Conseil national, le parlement du parti. Elle semble revigorée par la victoire de Abdellatif Ouahbi. Elle est engagée à jouer les premiers rôles dans la réorganisation pour une meilleure implication dans la vie du parti, après avoir levé le pied pendant ces dernières années.

    Cette élection marque également le retour en force de Ahmed Akhchichine, le président de la région Marrakech-Safi et ancien ministre. Il avait pris ses distances après sa brouille avec le secrétaire général sortant. Idem pour l’ancien parlementaire Mehdi Bensaïd qui a été marginalisé par l’ancienne équipe dirigeante.

    Pourtant, ce député à la faveur de la liste des jeunes est arrivé à décrocher la présidence de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants. Le nouveau patron du PAM aura besoin d’idées jeunes et neuves pour la restructuration de l’appareil, le choix des nouveaux coordinateurs régionaux... Cette question est importante.

    Comme Abdellatif Ouahbi en a fini avec le clan de la légalité et Hakim Benchamach doit relever le défi de l’unité du parti. «Je veillerai à ce que le PAM soit le parti de toutes les régions du Maroc», a-t-il indiqué. Une allusion à la fin de la domination du clan du Rif.

    Les contentieux judiciaires des derniers mois et les conditions du 4e congrès ne manqueront pas de laisser leurs traces. Plusieurs candidats au secrétariat général se sont retirés de la compétition dont Mohamed Cheikh Biadillah. De son côté, Samir Belfkih a jeté l’éponge et a annoncé sa démission de toutes les instances du parti, y compris de son poste de coordinateur du PAM de la région de Rabat-Salé-Kénitra.

    Le nouveau secrétaire général devra répondre à une autre question aussi cruciale: les notables ayant rejoint le PAM avant les dernières élections, sous la pression d’Ilyas El Omari, resteront-ils dans le parti? Certains n’ont pas caché leur désir de revenir  au bercail.

    A cette époque, les grands perdants ont été le RNI, le MP et dans une moindre mesure l’Istiqlal. D’autant que c’est Abdellatif Ouahbi qui devra gérer l’épineuse question des accréditations pour les candidatures dans les élections législatives.

    Spectacles désolants

    Quelques jours après la tenue du 4e congrès du PAM à El Jadida, la séance d’ouverture continue de susciter les commentaires. En effet, des invités de la classe politique marocaine et des responsables étrangers notamment d’Amérique latine et d’ailleurs n’ont pas pu prononcer leurs discours. Ils ont été empêchés par le désordre qui s’est installé dans la salle. Certes, les Marocains ont pris l’habitude de ces spectacles désolants dans les congrès de nos partis. Ils ont encore en mémoire les assiettes qui volaient dans le congrès de l’Istiqlal, les sièges renversés au MP,… Mais ces séquences malheureuses ne se produisaient pas lors des séances d’ouverture. Les hostilités entre les congressistes se déroulaient à huis clos et ne démarraient que lorsque les invités avaient quitté la scène. Mais le congrès du PAM a fait l'exception dans un chaos et une pagaille indescriptibles…

    Mohamed CHAOUI

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