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Analyse

Bioressources et biotechnologies: Bataille pour la qualité nutritionnelle

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5686 Le 29/01/2020 | Partager
Des molécules bioactives au lieu de substances chimiques pour une conservation plus saine
Protection des aliments et des plantes, valorisation du sous-produit... les actions
Des solutions de désinfection naturelle pour l'outil industriel
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Abdeslam Asehraou est chercheur enseignant universitaire responsable du laboratoire de biologie de la faculté des sciences à l’UMP. Il rappelle qu'une soixantaine de doctorants et d’encadreurs à l’Université Mohammed Premier viennent de mettre au point des biopesticides qui peuvent être appliqués au niveau des entrepôts et entreprises de stockage des produits alimentaires (Ph. AK)

- L'Economiste: Un colloque international sur les bioressources et biotechnologies... enfin!
- A. Asehraou:
C'est vrai qu'il était grand temps que nous partagions enfin les résultats de nos travaux et années de recherche scientifique. Mais avant cela, il nous fallait peaufiner nos solutions en matière de production biologique avant de les proposer.
Les laboratoires de l’Oriental ont, par exemple, inventé des poudres d'agrumes et de tomates. Des poudres dans des flacons et pas seulement des thèses. Une thèse sans produit concret et utilisable à des fins productives ne vaut pas grand-chose. Il y a également des travaux sur les biopesticides qui ont abouti et qui peuvent être appliqués au niveau des entrepôts et entreprises de stockage des produits alimentaires. C’est le fruit d’un travail collectif assuré par une soixantaine de doctorants et d’encadreurs à l’Université Mohammed Premier. Avec de telles réalisations en main et inventions brevetées, le temps était venu de partager nos expériences avec des laboratoires de renommée internationale. C’est ce qu’on vient de faire en lançant la première édition du colloque sur les bioressources et biotechnologies. De plus, sept projets de partenariat sont en cours avec des Tunisiens, Italiens, Français, Canadiens et le ministère de l’Enseignement supérieur pour partager à l’international les avancées réalisées par les chercheurs marocains.

- Les colloques permettent de croiser les expériences avec d'autres scientifiques. Concrètement, quels sont les bénéfices pour les opérateurs et particuliers?
- L’objectif de ce colloque est de créer un espace de partage entre chercheurs, décideurs, investisseurs, agriculteurs, coopératives pour démontrer que la qualité nutritionnelle n’est pas un luxe. Nous avons identifié des cultures particulières pour inciter à une meilleure valorisation des bioressources auprès des acteurs socioéconomiques.
Le colloque vise aussi à lancer des formations professionnelles courtes sous forme de bloc de compétences, ouvertes aux salariés du secteur agroalimentaire, aux demandeurs d’emploi et aux étudiants. Cette approche contribuera au renforcement des compétences professionnelles. Elle permettra également aux décideurs régionaux et nationaux de poursuivre leur politique d’accompagnement financier pour conforter la compétitivité des petites et grandes entreprises.

- Les techniques de stockage et conservation biologique des produits alimentaires ne sont pas généralisées. Comment comptez-vous y remédier?
-  Au niveau de nos laboratoires de recherche, nous nous intéressons à tout ce qui est molécule bioactive, substance qui remplacerait les produits chimiques qui, eux, ont des effets néfastes sur la santé et l’environnement. Il y a également la valorisation du sous-produit. C’est le cas pour les écarts de production et les rejets agricoles des oranges, la pomme de terre, les dattes. Ils servent de substrat pour cultiver des micro-organismes pour la production de molécules bioactives. Le meilleur exemple est la production d’acide citrique pour la confiture. S’y ajoutent la tendance bio et l’engouement pour tout ce qui est naturel qui contribuent à la valorisation des sous-produits.
Une fois que la culture est prête, il faut trouver le moyen de la conserver de manière saine et durable en utilisant les biotechnologies. Protéger les agrumes, les pommes, jus de fruits, la tomate, etc, contre les altérations post-récolte en stockage dans les frigos, nécessite des substances bactériennes alimentaires. C’est le cas des bactéries à base de yaourt. Idem pour la protection des plantes grâce à des substances naturelles d’origine microbienne.

- L’hygiène et la sécurité alimentaire préoccupent les industriels qui recourent toujours aux méthodes classiques pour désinfecter leur outil de production. Quelles solutions leur proposez-vous?  
- Ils sont sensibilisés à recourir aux désinfectants bio et aux molécules, d’origine biologique non aromatisée, pour lutter contre les insectes et les conservateurs nuisibles (champignons, parasites et insectes moyennant des bioressources). On leur propose également des traitements naturels pour lutter contre les agents pathogènes dans l’industrie. Le nettoyage des chaînes de fabrication leur pose des problèmes financiers (plus de 250.000 DH de frais d’entretien/an). C’est le cas pour la trituration des olives dans toutes les unités pour production de l’huile d’olive et les filières du lait. Certains produits chimiques aromatisés passent dans l’agro-industrie. Nous les encourageons à opter pour la désinfestation naturelle car elle valorise leurs produits et leur assure de meilleurs revenus à moyen et long terme.

Propos recueillis par Ali KHARROUBI

 

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