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Forum de Davos: Climat, investissement, taxe Gafa… au menu

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5681 Le 22/01/2020 | Partager
Les travaux se tiennent du 21 au 24 janvier
Donald Trump et Greta Thunberg en vedette
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Devant le président américain Donald Trump, un auditoire de grands patrons et de responsables politiques. Comme lors de sa première venue à Davos en 2018, l'hôte de la Maison-Blanche a réaffirmé sa politique de «l'America First» (Ph. AFP)

Le thème de la crise climatique a dominé l’ouverture du 50e Forum économique mondial prévu du 21 au 24 janvier à Davos en Suisse. Lors de son intervention, la jeune militante du climat Greta Thunberg a déploré que «rien n'ait été fait» pour le climat en dépit de tous les discours en faveur de l'environnement. Par discours interposés, le président américain Donald Trump qui brigue sa réélection a fustigé les «prophètes de malheur du climat et les prédictions d'apocalypse…».

A son arrivée au Forum, il a une nouvelle fois qualifié son procès en destitution de «farce et de chasse aux sorcières…». Parallèlement aux réunions, les grandes institutions (BM, FMI, OCDE, Cnuced, Oxfam…) présentent leurs différents rapports. Chaque année, plusieurs thèmes sont sélectionnés:

■ L’impact des investissements: Les flux d'investissements directs étrangers (IDE) dans le monde sont restés stables en 2019, à 1.390 milliards de dollars, affichant une légère baisse de 1% par rapport à 2018. Le tout dans un contexte de performance macroéconomique plus faible, d'incertitude politique pour les investisseurs et de tensions commerciales, indique la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Pour 2020, elle prévoit une légère augmentation des flux d'IDE grâce à la nouvelle croissance modeste de l'économie mondiale. Les bénéfices des entreprises devraient rester élevés et des signes de baisse des tensions commerciales apparaissent. Cependant, la diminution des projets greenfield de 22% (un indicateur des tendances futures, des risques géopolitiques élevés et les inquiétudes concernant une nouvelle évolution vers des politiques protectionnistes) modère les attentes.

■ Cas de l’Egypte et du Maroc: Les flux d'IDE vers l'Afrique se sont élevés à environ 49 milliards de dollars, soit une hausse de 3%. L'Egypte est restée le principal bénéficiaire en Afrique avec une augmentation de 5% des entrées de capitaux à 8,5 milliards de dollars. Les efforts du pays pour mettre en œuvre des réformes économiques ont renforcé la confiance des investisseurs. Alors que les IDE vers le pays étaient toujours tirés par le secteur pétrolier et gazier, d'importants investissements ont émergé dans l'économie non pétrolière, notamment dans les télécommunications, l'immobilier et le tourisme. Malgré les performances en Egypte, les IDE vers l'Afrique du Nord ont diminué de 11% à 14 milliards de dollars, en raison d'un ralentissement important (45%) des flux vers le Maroc (2 milliards de dollars contre 3,6 milliards de dollars en 2018).

■ Du nouveau côté taxe numérique: La France envisage de suspendre cette année le prélèvement de sa taxe sur le numérique. Le but est d'éviter les sanctions américaines et pour donner plus de temps aux négociations au sein de l'OCDE afin de trouver un accord mondial. Les présidents français et américain Emmanuel Macron et Donald Trump sont tombés d'accord pour prolonger les discussions sur cette taxation jusqu'à la fin de l'année. Le sujet est sur la table des discussions qui auront lieu mercredi à Davos entre le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, et son homologue américain Steven Mnuchin. Malgré la possibilité d'une accalmie dans la guerre commerciale Etats-Unis/UE sur le volet numérique, les inquiétudes restent très fortes en France. Et ce, notamment dans le secteur viticole en raison des menaces de fort alourdissement des taxes américaines qui pèsent dans le cadre du différend aéronautique opposant Washington à Bruxelles.

■ Où vont les richesses: Les femmes sont les grandes perdantes de la répartition mondiale des richesses, déjà extrêmement inégalitaire, les 2.153 milliardaires de la planète étant plus fortunés que 60% de la population, dénonce Oxfam. L'ONG pointe que les 22 hommes les plus riches du monde ont maintenant plus de richesses que toutes les femmes en Afrique. Selon Bloomberg, au moins 119 milliardaires, dont la fortune globale est estimée à environ 500 milliards de dollars, sont attendus à Davos cette année. Selon les calculs d'Oxfam, 42% des femmes dans le monde ne peuvent avoir un travail rémunéré «en raison d'une charge trop importante du travail de soin qu'on leur fait porter dans le cadre privé/familial», contre seulement 6% des hommes.

■ La crise des inégalités a des solutions: «L'une des plus évidentes consiste à réformer le système international d'imposition des sociétés, qui est aussi caduc qu’injuste, puisqu'il permet aux multinationales de se soustraire systématiquement à l'impôt», indique la Commission pour la réforme fiscale l’ICRICT. La fraude et l'évasion fiscales des multinationales accroissent encore l'inégalité des revenus. Car les capitaux propres des entreprises appartiennent pour la plupart directement ou indirectement (par exemple par l'intermédiaire de fonds d'investissement) à des particuliers fortunés qui perçoivent des bénéfices sous forme de dividendes et de gains en capital. La fiscalité des entreprises est donc l'un des outils les plus importants pour lutter contre l'inégalité.

                                                                                

Les grands défis économiques

■ Fiscalité: Une véritable réforme
L’année 2020 pourrait jeter les bases du prochain système de fiscalité internationale, avec la prochaine réunion du «Cadre inclusif» de l'OCDE (un groupe de 137 pays du monde entier) à la fin du mois de janvier à Paris. De ce fait, les économistes de l’ICRICT appellent les participants au Forum de Davos de faire pression en faveur d'une véritable réforme qui profiterait à la fois aux pays en développement et aux pays développés. Une réforme peu ambitieuse, dictée par les préférences d'un ou deux pays du G7 ne ferait que saper davantage la légitimité de l'OCDE dans son rôle d'institution responsable de l'établissement de normes en matière de fiscalité internationale, est-il indiqué.

■ Les patrons sceptiques: La confiance des chefs d'entreprise dans la croissance de leur chiffre d'affaires est tombée à son plus bas niveau depuis 2009, selon une enquête réalisée par le cabinet PwC. Seuls 27% des dirigeants d'entreprise se déclarent ainsi «très confiants» dans la croissance de leur entreprise au cours des 12 prochains mois. Les patrons sont désormais 53% à anticiper un ralentissement de la croissance économique, alors qu'ils n'étaient que 29% de cet avis l'an passé. A l'inverse, ceux qui prévoient une amélioration ne sont plus que 22%, contre 42% l'an passé. Ce manque de confiance serait dû aux conséquences politiques et sociétales, des enjeux climatiques, des bouleversements technologiques ou encore de la montée des inégalités.

■ Climat et système financier «Le changement climatique pourrait déclencher des événements susceptibles de déstabiliser le système financier», ont fait valoir des économistes de la Banque de règlements internationaux et de la Banque de France dans un recueil de travaux examinant les mesures que peuvent prendre les banques centrales. Celles-ci ont un rôle clé à jouer, notamment en développant des outils analytiques pour tenir compte des risques climatiques ou en investissant une partie des réserves monétaires dans des obligations vertes. Pour contribuer à l'essor des obligations vertes, la BRI a créé en septembre un fonds qui doit permettre aux banques centrales d'y recourir plus fréquemment. Selon une récente étude, le rendement des obligations vertes est dans l'ensemble comparable à ceux d'autres obligations, mais l'étroitesse du marché et le manque de liquidité freinent encore leur utilisation par les banques centrales.

Fatim-Zahra TOHRY

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