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    Analyse

    Les MRE gagnent en ascension sociale

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5669 Le 06/01/2020 | Partager
    La majorité est active et dispose d’une formation supérieure
    Ils sont nombreux à transférer l’argent au pays
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    L’Europe prédomine en tant que destination d’émigration avec une part de 86,4%. La France vient en première position avec 31,1% suivie par l’Espagne (23,4%) et l’Italie (18,7%). Le reste est réparti entre l’Amérique du Nord et les pays arabes

    Une population essentiellement jeune, à prédominance masculine, de formation supérieure et active employée. Voici le profil dominant du migrant marocain actuel. L’enquête du HCP le définit comme une personne de nationalité marocaine âgée de 15 ans ou plus.

    Plus des deux tiers sont des hommes. Et les femmes représentent le tiers parmi la tranche d’âge de 30-39 ans et minoritaires au-delà de la soixantaine. Il convient de noter qu’au moment de leur première émigration, l’âge moyen était de 25,3 ans, quasiment le même pour les hommes que pour les femmes.

    Sept sur dix (72,7%) étaient célibataires et 26,2% mariés. Ces proportions sont  aujourd’hui inversées. Au moment de l’enquête, 33,6% de ces migrants ont atteint le niveau d’enseignement supérieur, 24,5% l’ont achevé et 9,1% ne sont pas allés jusqu’au bout.

    La part de ceux ayant le niveau secondaire qualifiant est de 17,4%, le niveau collégial 16,3% et le niveau primaire 16,9%. La part de ces migrants n’ayant aucun niveau d’éducation est de l’ordre de 10,2%. Plus de 7 sur 10 (71,9%) ont la nationalité marocaine uniquement, 27,4% ont acquis une autre nationalité, les femmes plus que les hommes avec respectivement 33,3% et 24,6%.

    La principale raison d’immigration demeure d’ordre économique. Plus de la moitié (53,7%) ont quitté le pays à la recherche d’emploi ou l’amélioration de leurs conditions de vie. Les hommes arrivant en tête avec (69,2%) alors que les femmes ne représentent que 20,5%. L’enseignement  ou la poursuite d’études viennent en seconde position avec 24,8%. Le regroupement familial ou le mariage sont évoqués par 20,9% d’entre eux, particulièrement parmi les femmes pour lesquelles cette proportion est de 48,7% contre 8% pour les hommes.

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    Les foyers d'émission traditionnelle de l'émigration (l'Oriental et Tanger-Tétouan) ne reçoivent pas curieusement la majorité des MRE qui retournent définitivement au Maroc

    Aujourd’hui les mêmes raisons motivent les futurs migrants. La propension à l’émigration demeure très forte. Surtout parmi les jeunes. Certains d’entre eux empruntent même des sentiers trop risqués pour leur vie face aux difficultés d’accès aux pays d’accueil. L’intention d’émigrer ne varie pas selon le type de ménages, le sexe et le niveau d’instruction. Elle est le fait de 28,6% des hommes contre 17,7% des femmes et de 40,3% pour les personnes âgées de 15 à 29 ans.

    Elle est également le fait de 25% de ceux ayant le niveau d’études secondaires ou supérieures contre 12,4% pour ceux n’ayant aucun niveau d’instruction.
    L’Europe prédomine en tant que destination d’émigration avec une part de 86,4%. La France vient en première position avec 31,1% suivie par l’Espagne (23,4%) et l’Italie (18,7%). Le reste est attiré par l’Amérique du Nord et les pays arabes.  Dans l’ensemble, 2 sur 3 exercent une activité professionnelle dans leur pays d’accueil.

    La part des hommes actifs occupés, de l’ordre de 76%, est deux fois plus importante que celle des femmes (38,2%). Cette proportion varie nettement selon l’âge. Elle passe de 37,9% parmi les jeunes âgés de 15 à 29 ans à 79,6% pour les 40-49 ans. Il est à souligner qu’une part non négligeable de ces migrants âgés de 60 ans et plus est toujours en activité.

    Plus de 4 sur 10 déclarent transférer de l’argent aux membres de leur ménage d’attache ou à d’autres personnes au Maroc au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête. La part des hommes étant plus élevée que celle des femmes: 49,4% contre 26,7%.

    Les migrants actuels résidant dans les nouveaux pays européens d’émigration  sont plus nombreux à transférer de l’argent au Maroc avec une part de 55,3%, suivis par ceux des pays arabes (45,5%). La proportion diminue pour ceux résidant dans les anciens pays européens d'immigration: 32%.

    Méthodologie

    Le Maroc est au cœur des problématiques liées à la migration internationale. Autrefois, pays d’émigration, il est devenu terre de transit et de séjour d’immigrés, en particulier  de l’Afrique subsaharienne. Pour cerner le phénomène, le besoin d’informations fiables s’impose de plus en plus. D’où  l’enquête réalisée en 2018-2019 par le HCP.
    Elle livre, dans une première phase, des données sur les caractéristiques et le comportement des migrants actuels, ceux de retour et des non-migrants. L’échantillon  porte sur 15.076 ménages répartis en  8.144 migrants actuels, 4.072 de migrants de retour et 2.860 ménages de non migrants. La collecte des données, effectuée sur support informatique, a été réalisée sur le terrain entre août 2018 et janvier 2019. La deuxième phase, dont la réalisation est prévue durant le 1er trimestre de 2020, concerne la migration forcée et irrégulière.

    A. G.

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