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    Jeunes «Nini»: Non, ils ne sont pas irrécupérables!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5661 Le 24/12/2019 | Partager
    Le programme d’emploi par le sport Intilaqa apporte une formule de réinsertion
    Un concept original conçu par Tibu, à l’effet «magique» sur cette catégorie
    Une équipe de recherche mobilisée et bientôt un livre blanc
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    29,3% des jeunes Marocains ne sont ni à l’école, ni en formation, ni en emploi (nini). Dans certaines régions, cette part dépasse les 34%, comme dans l’Oriental. Les filles sont les plus concernées par le phénomène, avec une part de 46%

    Les jeunes en situation d’échec et de décrochage ne sont pas perdus. Leurs gènes ne sont pas corrompus! Il suffit de les écouter, de les comprendre et de leur proposer des programmes à même de les sortir de leur spirale de déboires.

    Au Maroc, il y en a beaucoup: un sur trois des 15-24 ans, selon les derniers chiffres du HCP (voir illustration), soit près de 1,7 million. Des jeunes ni à l’école, ni en formation, ni en emploi, communément appelés Neet ou nini. Un réservoir de capital humain au potentiel perdu, évoluant souvent dans la précarité. 

    Tibu, l’ONG spécialisée dans le développement personnel et l’éducation à travers le sport, s’est penchée sur le cas de cette catégorie il y a près d’un an. «Nous avons effectué beaucoup de recherches sur cette population, et nous avons ensuite décidé de lui concevoir un programme sur mesure», relève Mohamed Amine Zariat, président fondateur.

    L’effet de ce programme est presque magique. En à peine trois mois de formation et de coaching, les jeunes de la toute première promotion sont transformés. Au départ hésitants, manquant de confiance en eux-mêmes et envers les autres, désespérés, avec un sentiment de tourner en rond exaspérant… Ils sont aujourd’hui confiants, motivés, avec une vision claire de leur avenir, et surtout, heureux de pouvoir enfin libérer leur potentiel.

    Intilaqa (départ), c’est le nom de ce programme conçu par Tibu sur la base de son expérience terrain de près de 10 ans auprès des jeunes,  des multiples formations reçues par son jeune fondateur au Maroc et à l’étranger, et des brainstormings de son lab interne. Qu’offre-t-il de si particulier? Le concept s’appuie sur des leviers agissant sur la posture et la confiance en soi des candidats, tels que l’ICO: la pleine Inclusion dans le programme, le Contrôle de la situation en ayant conscience de son statut de professionnel et de sa légitimité à proposer des solutions, et enfin, l’Ouverture sur les autres. Le deuxième socle a trait à la libération des énergies, à travers trois valeurs: procurer un sentiment de protection les encourageant à agir en confiance, les pousser à se permettre d’expérimenter de nouvelles choses et de s’ouvrir, et aussi, les aider à monter en puissance. «Il est question de les accompagner pour prendre leur envol. Dès qu’ils réalisent leur premier projet, rien ne peut ensuite les arrêter», explique Mohamed Amine Zariat. Autre point clé, s’inscrire dans une démarche de co-construction avec les autres, sans jamais dévaloriser ou céder à la domination d’autrui. C’est ce que Tibu appelle la «position ++», selon laquelle les jeunes apprennent aussi à percevoir leurs contraintes en axes d’amélioration et non en défauts.

    Toutes ces valeurs sont déclinées dans un cursus de neuf mois, complété par trois mois d’accompagnement vers une insertion professionnelle. Une dizaine de modules y sont inclus: coaching sportif, langues, leadership, maîtrise de l’outil digital, management des associations sportives, entrepreneuriat, éducation financière, conférences animées par des personnalités au parcours inspirant, voyages et team building…

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    Le programme Intilaqa comporte une dizaine de modules insistant à la fois sur les compétences techniques et comportementales des jeunes. Plus confiants, ils osent aujourd’hui prendre la parole, s’exprimer en public et appréhender de nouveaux défis. Sur la photo, Amina, 18 ans, auparavant timide et en retrait, endosse le rôle d’encadrante sportive pour des enfants du monde rural (Ph. Tibu)

    «Ce sont des matières que l’on dispense en général pour des étudiants universitaires. Je n’aurais jamais pensé les étudier», se réjouit Nasser, qui fait partie de la soixantaine de jeunes sélectionnés selon trois critères: leur passion pour le sport, leur envie de réussir sur le plan personnel et professionnel,  et leur disposition à impacter, à leur tour, positivement leur communauté. Ils sont actuellement en formation au collège Badr de Casablanca, au sein d’une salle aménagée par l’INDH. Durant leur cursus, ils reçoivent une bourse mensuelle de 1.500 DH. Ils pourront aussi, bientôt, bénéficier d’une carte d’abonnement au tramway pour leurs déplacements.

    «Trop beau pour être vrai»

    Découvrant Intilaqa sur Facebook, les jeunes au début n’y croient pas. Leurs parents non plus. «Trop beau pour être vrai», se disent-ils. «Pour moi, il était impossible qu’un programme pareil soit gratuit», a pensé Amina, 18 ans. Tibu a donc dû installer un pacte de confiance et présenter une charte de valeurs. Des briefings ont, également, été organisés pour les parents.

    L’expérience Intilaqa sera décortiquée par des chercheurs. Une équipe de l’ENCG Casablanca a été mobilisée. Dès janvier, deux personnes seront, en outre, recrutées afin de suivre les jeunes bénéficiaires du projet dans leur vie quotidienne, au sein de leurs quartiers et au milieu de leurs familles. Un livre blanc sera ensuite produit dans le but de relever les meilleures pratiques du programme. Ceci aiderait à une généralisation à plus grande échelle. Intilaqa séduit déjà. Il sera prochainement dupliqué à Agadir grâce à de nouveaux partenariats.

    Une alliance d’entreprises partenaires

    Pour concrétiser son programme, Tibu a déniché un partenaire de taille, la fondation suisse Drosos, oeuvrant pour l’autonomisation des personnes en situation de précarité. Elle a ensuite constitué une alliance de douze entreprises partenaires exerçant dans le sport. A travers une contribution symbolique de 15.000 DH par an, en ouvrant leurs portes pour des stages et en partageant leurs besoins en compétences, ces sociétés participent à la formation d’une réserve de jeunes sportifs employables. D’autres partenaires, publics et privés, y ont également été associés, dont le ministère de l’Education nationale, ainsi que des fédérations sportives. Intilaqa fait du rapprochement avec les entreprises, organismes publics et société civile un axe majeur. Une approche gagnante, car le défi du capital humain ne pourrait être remporté qu’avec l’implication de tous les acteurs.

    Ahlam NAZIH

     

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