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    Economie

    L’Europe doit réinventer ses relations avec l’Afrique

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5645 Le 02/12/2019 | Partager
    Le continent n’a pas besoin d’aide, mais d’investissement
    Fortes recommandations à l’issue du 2e Sommet d’affaires UE/Afrique
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    Le développement de la capacité agricole de l’Afrique est la clé pour soutenir la croissance démographique. Encourager les fermiers africains à devenir de véritables auto-entrepreneurs, permettra de capter cette jeunesse africaine et la garder sur le continent (Ph Afdb)

    L’Europe et l’Afrique ont tout intérêt à redéfinir leur partenariat. C’était le mot d’ordre du 2e Sommet d’Affaires Union Européenne-Afrique, tenu récemment à Marrakech. Les participants ont insisté sur un changement de paradigme entre les deux continents.

    «Le modèle qui lie les deux blocs est à bout de souffle et il ne permettra pas de faire face aux défis de demain, tout comme il ne permettra pas de saisir les opportunités que le futur nous réserve», insiste Saadia Slaoui Bennani de Valyans consulting. L’Afrique est pour l’Europe un gisement de ressources et dans 30 ans, l’Afrique affichera un PIB équivalent à celui de l’Union européenne.

    «On ne peut plus continuer à parler de l’Afrique à la place des africains même si elle partage son histoire avec l’Europe», estime Idrissa Traoré, ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Maroc. Aujourd’hui, les investisseurs européens doivent faire confiance à l’Afrique et ses énormes potentialités et les relations doivent entrer dans l’ère du win-win.

    Même son de cloche auprès de la représentante Résidente au Maroc de la Banque africaine de développement (BAD), Leila Farah Mokaddem, qui rappelle que le continent africain n’a pas besoin d’aide mais d’investissement. L’Europe est le premier partenaire commercial de l’Afrique avec 36 % des échanges, soit 243,5 milliards d’euros en 2017, loin devant la Chine (16 %) et les États-Unis (6 %). Sur la même année, le secteur privé européen représente plus de 40 % des IDE en Afrique, soit 291 milliards d’euros, contre 7% pour les États-Unis et 5% pour la Chine.

    Pour l’Union Européenne, l’enjeu principal est de tirer avantage d’une croissance accélérée par rapport à celle du vieux continent. Le rendement des IDE en Afrique sont effectivement les plus élevés du monde. «C’est une force immense pour les entreprises africaines, et une opportunité importante pour les pays européens», estime Slaoui Bennani. Pour sa 2e édition, le sommet a focalisé sur le développement des chaînes de valeur en Afrique pour renforcer la cohésion sociale et stimuler le commerce intercontinental et mondial, tout en générant une croissance énorme.

    En effet, le continent dispose de 50% de terres arables non cultivées du monde, et pourtant il reste un importateur net de produits alimentaires. Le développement de la capacité agricole de l’Afrique est la clé pour soutenir la croissance démographique. Comment garantir que la culture bénéficiera non seulement à l’Afrique mais également au reste du monde. Comment l’Europe peut-elle soutenir cette transformation? Pour la Présidente de «Ouganda Agribusiness Alliance», et ancienne ministre de l’agriculture de l’Ouganda, Victoria Sekitoleko, cela passe par l’encouragement des fermiers africains pour qu’ils deviennent de véritables auto-entrepreneurs.

    «C’est ce qui va aussi permettre de créer de l’emploi pour ces jeunes africains et les garder dans le continent». 60% de la population africaine est âgée de moins de 25 ans et 80% d’entre elle est rurale. «Au lieu de dépenser l’argent pour empêcher l’émigration vers l’Europe, il serait plus judicieux de financer de vrais programmes de soutien au secteur agricole en Afrique, estime de son côté Faycal Benameur, vice président senior pour l’Afrique de l’Est à Ocp Africa.

    Les patronats africains s’organisent

    En marge de l’évènement, un business dialogue a réuni les présidents et représentants des patronats présents à l’événement. Conduite par Laaziz El Kadiri, président de la commission diplomatie économique, Afrique et Sud-sud, cette rencontre a permis de discuter des moyens de créer une nouvelle impulsion forte entre les communautés d’affaires du continent. Les représentants des patronats présents à cette séance de travail ont ainsi décidé de lancer la Coalition business Afrique (CBA). Il s’agit d’une task force panafricaine qui œuvrera pour fédérer l’ensemble des acteurs économiques du continent autour d’une vision et d’une stratégie de développement communes. Selon El Kadiri, la CBA compte s’ouvrir à l’ensemble des acteurs économiques privés africains afin de porter leur voix et défendre leurs intérêts, notamment en étant un interlocuteur fort, exigeant et à l’écoute face aux institutions africaines et internationales. La CBA aura des discussions avec Business Europe, association patronale européenne qui défend les intérêts des employeurs privés auprès de l’UE pour lancer un dialogue entre les deux groupements.

    B.B.

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