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    Culture

    Livres: Voyager à travers les mots

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5640 Le 25/11/2019 | Partager

    C’est une sélection de trois livres qui, chacun à sa manière, propose un voyage dans le temps. Le temps des aventuriers du ciel avec l’épopée du long-courrier qui va relier Toulouse à Casablanca, il y a de cela 100 ans, en passant par El-Arafa, la cité des morts, dans la banlieue du Caire, où vivent «ceux qui ont compris que la vie était ailleurs que dans la possession de biens matériels» et enfin un voyage des sens avec l’exceptionnelle richesse culinaire de la street-food au Maroc.

    Toulouse-Casablanca

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    Le 1er septembre 1919 s'ouvrait officiellement la première ligne «long-courrier» française Toulouse-Casablanca, thème central du beau livre signé Max Nicolleau. Centenaire Toulouse-Casablanca, 1919/2019, édité chez «La croisée des chemins» en coédition avec la maison «Au Diable Vauvert», basée dans la région d’Occitanie, est un ouvrage extrêmement documenté qui revient sur une aventure humaine née dans le début de cet après-guerre  dans un contexte économique renaissant, où de nombreux pilotes se trouvent sans emploi à la fin des hostilités. L’idée assez folle d’une liaison aérienne française avec le Maroc est le fait d’un industriel éclairé et cultivé: Pierre-Georges Latécoère, qui côtoie déjà les arcanes du pouvoir, ce qui lui donne une perception de l’avenir plus aiguë, voire quelque peu visionnaire. L’entrepreneur toulousain qui doit encore démontrer la viabilité de son projet et obtenir le soutien de l’État pour la lancer sera à l’origine de  la première «long-courrier» française, qui devait ensuite devenir l’embryon fondateur de la fantastique épopée de l’Aéropostale et l'impact décisif des sociétés Latécoère sur le devenir de Toulouse et de Casablanca. La métropole marocaine sera, en effet, depuis le début des années 1900, au cœur du développement des communications aériennes.  Le récit de cette folle épopée nous emmène, grâce à une foule de détails et d'images souvent inédites, sur les prémices de l'aviation; les premières bases marocaines équipées des tout premiers avions, l'histoire de l’une des toutes premières bases aériennes du continent: le camp Cazes, connu aujourd’hui comme «l’aérodrome d’Anfa», Mermoz et sa complicité particulière avec Casablanca, la saga de l'extension Casablanca-Dakar… L’ouvrage  revient également sur le rôle important joué par les pilotes, les mécaniciens et le personnel sédentaire dans cette épopée.

                                                                            

    Les couleurs de l’infamie

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    C’est une réédition que nous proposent les éditions Tarik. Un chef d'œuvre d'ironie grinçante. Qui nous  emmène dans l'Egypte d'aujourd'hui, ou presque. Car le roman en question  a été écrit en 1999 par Albert Cossery, écrivain égyptien  francophone.  «Les couleurs de l'infamie» est le dernier ouvrage de l’écrivain décédé en 2008.  L’action se passe au Caire en partie dans la nécropole aménagée en lieu d’habitation. Un voleur habile, intelligent, élégant et ironique, de ceux qu’affectionne particulièrement Albert Cossery,  trouve dans le portefeuille d’un promoteur crapuleux, une lettre qui prouve sa responsabilité dans l’effondrement d’un immeuble qui provoqua la mort de dizaines de pauvres gens. Aussitôt une association de voleurs philosophes met au point une stratégie pour faire passer l’envie aux escrocs officiels d’abuser de leur pouvoir. On y trouve des scènes de rue formidables, des portraits de pauvres bougres avec une philosophie de la vie unique. Tous les thèmes de prédilection d’Albert Cossery y sont abordés: l’ironie mordante à l’égard du pouvoir et le désir de voir triompher les seuls êtres qui méritent sa considération: ceux qui ont compris que la vie était ailleurs que dans la possession de biens matériels. Très drôle et désespéré en même temps, le vieux dandy  pratique une ironie mordante à l'égard du pouvoir.

                                                                            

    Street-food

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    Considéré comme l’une des meilleures destinations street-food, le Maroc voit ses rues regorger de gourmandises qui varient au rythme des influences locales. Street Food au Maroc, un goût authentique, réalisé et publié par les éditions «Langages du Sud», est un documentaire sur la culture culinaire populaire marocaine, un véritable reportage sur le Maroc d’aujourd’hui et ses valeurs de partage et de solidarité. L’aventure commence à Tanger, au Nord du pays, par le thé traditionnel Atay chebbari avant de se poursuivre vers le sud. Une halte à Fès, pour l’incontournable Bissara. A Casablanca, on déguste un bouillon d’escargots en sortant de la dernière boîte de nuit en vue; plus au sud, près de Dakhla, on découvre le goût si fin de la viande de dromadaire. Chaque ville, chaque région a ses spécialités: sardines, tajines, boudins mais aussi beignets, crêpes et pâtisseries colorées à profusion. Au détour des ruelles animées des médinas ou dans les villages de montagne, cet ouvrage inédit dans son hommage à la gourmandise témoigne d’un art de vivre et fait entreprendre au lecteur un voyage à la rencontre du Maroc et de ses habitants. Fruit du travail de deux auteurs, Julie Carcaud et Asma Chaibi, et d’une photographe, Cécile Tréal, qui ont sillonné le Maroc, ses régions, ses villes et avec elles les marchés et les souks. Le beau livre présente 12 itinéraires au travers de plus de 600 images prises sur le vif, plusieurs doubles-pages de spécialités régionales (pain, thé, soupes, pâtisseries). De nombreuses pages de portraits, pour aller à la rencontre de ces artisans du palais, Une maquette originale et colorée, à l’image des spécialités mises en valeur, Des textes courts qui expliquent à la fois la nourriture et son empreinte culturelle, Des recettes, des tours de main et enfin, une multitude d’adresses.

    A.Bo

     

     

     

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